08/09/2020 09:11
Le gouvernement britannique a confirmé lundi 7 septembre vouloir retoucher pour le "clarifier" l'accord encadrant sa sortie de l'Union européenne, s'attirant des mises en garde des Européens à la veille de la reprise de négociations déjà difficiles sur la relation post-Brexit.
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Le Premier ministre britannique Boris Johnson, le 3 septembre à Londres.
Photo : AFP/VNA/CVN

La tension monte de nouveau entre Londres et Bruxelles à l'approche de la fin de la période de transition pendant laquelle les règles européennes s'appliquent sur le sol britannique, fin décembre.

Les discussions visant à arriver à un accord de libre-échange restent dans l'impasse et le Premier ministre Boris Johnson s'est dit prêt à claquer la porte mi-octobre faute de compromis, renforçant la crainte d'un "no deal" potentiellement destructeur pour l'économie.

Déjà orageuse, l'ambiance s'est encore assombrie avec des informations du Financial Times qui a révélé que le gouvernement britannique comptait présenter un texte de loi mercredi revenant sur certaines parties de l'accord encadrant la sortie de l'UE le 31 janvier dernier. Il s'agit  de règlementations concernant l'Irlande du Nord, notamment les aides publiques et la documentation nécessaire au transport de marchandises entre la Grande-Bretagne et la province.

Le texte vise à garantir l'absence de frontière physique entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande, membre de l'UE, et à éviter la résurgence de tensions dans cette région, ensanglantée par trois décennies de "Troubles".

Downing Street a confirmé lundi 7 septembre des mesures "limitées" visant à "clarifier" ce protocole, afin de "lever toute ambiguïté" et d'éviter des "conséquences imprévues" du texte pour le processus de paix ou le marché interne britannique.

Mais les Européens ont réagi vivement, rappelant Londres à l'ordre sur ses engagements et l'avertissant d'un coup porté à la "confiance" qui pourrait compromette les négociations sur leur future relation.

"Je fais confiance au gouvernement britannique pour mettre en œuvre l'accord de retrait, une obligation en vertu du droit international et une condition préalable à tout futur partenariat", a averti la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout ce qui a été signé dans le passé doit être respecté. C'est le gage de la confiance pour l'avenir", a rappelé le négociateur européen Michel Barnier, sur la radio française France Inter.

"Passer à autre chose

"Si cette confiance est remise en question, les négociations sur la relation future en seront affectées", a déclaré la porte-parole de la diplomatie française, Agnès von der Mühll.

Un porte-parole de la Commission a indiqué que le sujet serait abordé par Michel Barnier auprès de son homologue britannique David Frost lors des négociations à Londres sur la relation post-Brexit.

Le Royaume-Uni a formellement quitté l'UE le 31 janvier, près de quatre ans après un référendum historique marquant la fin de presque 50 ans d'appartenance à l'Union européenne. Mais il reste régi par la réglementation européenne jusqu'à fin décembre, tandis que les deux parties tentent de conclure un accord de libre-échange.

Alors que les négociations butent notamment sur la pêche et les conditions de concurrence équitable, les jours sont comptés.

Bruxelles avait évoqué la nécessité d'un accord d'ici à la fin octobre pour permettre une ratification européenne dans les temps et Boris Johnson a fait monter la pression lundi.

"L'UE a été très claire au sujet du calendrier. Moi aussi. Il doit y avoir un accord avec nos amis européens d'ici au Conseil européen le 15 octobre pour qu'il entre en vigueur d'ici la fin de l'année", a souligné le dirigeant conservateur.

Si ce n'est pas le cas, "nous devons l'accepter et passer à autre chose", a averti M. Johnson, assurant qu'une absence d'accord serait "une bonne issue" permettant au Royaume-Uni de "prospérer" avec "la liberté de conclure des accords commerciaux avec tous les pays du monde".

"Même à ce stade tardif, si l'UE est prête à repenser sa position (...) j'en serais ravi", a-t-il cependant assuré.

Faute d'accord, les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), avec leurs droits de douane élevés et leurs contrôles douaniers poussés, s'appliqueraient, causant des coûts supplémentaires pour les entreprises et risquant de perturber certains approvisionnements.

AFP/VNA/CVN

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