27/03/2019 08:40
Le parti nord-irlandais DUP a annoncé mardi 26 mars qu'il ne voterait pas l'accord de Brexit négocié avec Bruxelles par Theresa May, mettant sérieusement en doute la capacité de la dirigeante conservatrice britannique à faire passer ce traité.

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La Première ministre britannique Theresa May devant les députés britanniques au Parlement, le 25 mars à Londres. Photo: AFP/VNA/CVN


"Nous ne laisserons pas la Première ministre ou la horde de +Remainers+ (en faveur d'un maintien dans l'Union européenne, ndlr) au Parlement nous forcer à soutenir un accord de Brexit toxique", a twitté mardi 25 mars Sammy Wilson, député en charge du Brexit au sein du DUP.

Pour Sammy Wilson, il est préférable d'être "contraints" à un report d'"un an" du Brexit pour avoir "au moins son mot à dire" que de signer "une version inchangée" de l'accord de Mme May, selon une tribune publiée dans le Daily Telegraph.

Cette annonce fragilise Theresa May, qui s'efforce toujours de chercher des soutiens pour présenter une nouvelle fois aux députés son accord de Brexit, déjà massivement rejeté deux fois, mi-janvier et le 12 mars.

Cet accord, conclu en novembre, prévoit une sortie du marché unique et de l'union douanière européenne, avec un dispositif dit de "filet de sécurité" censé éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande du Nord et sa voisine la République d'Irlande. C'est ce mécanisme qui déplait au DUP.

Face à l'incapacité de Mme May de faire passer son accord, les élus britanniques cherchaient de leur côté mardi 26 mars un plan B pour le Brexit, après avoir voté la veille pour reprendre en main le processus de sortie de l'UE. Ils ont adopté un amendement leur permettant d'organiser mercredi 27 mars une série de votes indicatifs sur la forme que doit prendre le Brexit. Le maintien dans le marché unique, un nouveau référendum, voire l'annulation de la sortie de l'UE pourraient figurer parmi les scénarios examinés.

Cette "prise de contrôle" du processus du Brexit la semaine où le Royaume-Uni était censé quitter l'UE commence à inquiéter sérieusement les plus eurosceptiques de son parti, comme Jacob Rees-Mogg, président de l'European Research Group, prêt désormais à se ranger à son accord. "Le choix semble être l'accord de May ou pas de Brexit", a-t-il twitté mardi 26 mars.

 

Une pancarte "Arrêtez le bazar du Brexit!" à l'extérieur du Parlement à Londres, le 25 mars. Photo: AFP/VNA/CVN


Le Royaume-Uni aurait théoriquement dû quitter l'UE vendredi 29 mars à 23h00 GMT. Mais faute d'avoir pu rallier les députés derrière l'accord de divorce qu'elle a péniblement négocié avec Bruxelles, Theresa May a été contrainte de demander aux dirigeants de l'UE un report de cette échéance historique, fixée désormais au 12 avril au plus tôt.

Un peu moins de trois ans après le référendum de juin 2016, les différentes options de sortie de l'UE reviennent donc sur la table.

Affront supplémentaire pour Theresa May, trente députés conservateurs ont défié lundi les consignes de vote de leur parti et soutenu l'amendement et trois secrétaires d'
État ont annoncé leur démission dans la soirée, portant à près d'une trentaine le nombre de démissions au sein de son gouvernement depuis les élections générales de juin 2017.

"Dangereux précédent" 

Un porte-parole du ministère chargé du Brexit a réagi lundi 25 mars en mettant en garde contre "un dangereux et imprévisible précédent", appelant les députés à faire preuve de "réalisme".

Le référent Brexit au Parlement européen, Guy Verhofstadt, y voit au contraire une occasion pour le Parlement de s'exprimer en faveur d'un divorce plus doux, avec le maintien de liens étroits après le Brexit. C'est "une opportunité de forger une coopération transpartisane conduisant à une déclaration politique renforcée et une relation future plus proche", a-t-il estimé sur Twitter.

Toutefois, ces votes n'ont pas de valeur contraignante pour le gouvernement et Theresa May a annoncé qu'elle s'opposerait au choix des députés si celui-ci entrait en contradiction avec les engagements de son parti en faveur d'une sortie du marché unique et de l'union douanière.

Les députés ont cependant un plan pour contraindre le gouvernement à se plier à sa volonté.

"Si le gouvernement refuse d'écouter ce pour quoi le Parlement a voté, nous nous efforcerons de présenter une proposition de loi qui obligera le gouvernement à tenir compte des souhaits du Parlement", a déclaré un des députés conservateurs rebelles, Nick Boles, dans l'émission BBC Newsnight.

Anticipant un possible rejet du Traité de retrait, les dirigeants de l'UE ont donné à Mme May le choix. Soit l'accord est voté et les liens sont rompus de façon ordonnée, avec un court report de la sortie fixée au 22 mai. Soit l'accord est rejeté, et Londres aura jusqu'au 12 avril pour présenter une alternative et demander un nouveau report, qui impliquerait la tenue d'élections européennes fin mai dans le pays. Sinon, ce serait une sortie sans accord.


AFP/VNA/CVN

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