20/11/2018 08:52
Les 27 ont donné lundi 19 novembre un premier feu vert à l'accord de divorce négocié avec Londres, cible de virulentes critiques au Royaume-Uni, donnant le coup d'envoi d'une ultime semaine de tractations avant un sommet exceptionnel dimanche à Bruxelles.

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Le négociateur en chef du Brexit pour l'UE Michel Barnier parle avec le secrétaire d'État espagnol Luis Marco Aguiriano Nalda avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles le 19 novembre.
Photo: AFP/VNA/CVN


Les discussions sont dans la dernière ligne droite, mais les deux parties doivent encore s'entendre sur leurs liens post-Brexit. Et sur la durée maximale de la transition après mars 2019, pour préparer cette "relation future" aux contours encore flous.

La Première ministre britannique Theresa May, qui a annoncé qu'elle se rendrait dans la semaine à Bruxelles, reste sous forte pression au Royaume-Uni, où ses détracteurs l'exhortent à améliorer l'accord de 585 pages conclu par les équipes de négociateurs, à moins de cinq mois de la date prévue de séparation.

De leur côté, les 27 ont apporté lundi 19 novembre leur soutien politique à ce texte, qui prévoit notamment le solde de tout compte financier que devra verser le Royaume-Uni à l'UE. Il contient aussi une solution controversée pour éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, qui a longtemps été le principal point de blocage des négociations.

"La première étape difficile est franchie, nous avons réussi à préserver l'unité" des 27, s'est réjoui le ministre autrichien des Affaires européennes Gernot Blümel, après une réunion avec ses homologues à Bruxelles.

Dissonance espagnole

La seule dissonance parmi les 27 est venue lundi 19 novembre du ministre espagnol Josep Borrell, qui a indiqué que l'Espagne ne sera "pas en mesure" de donner son feu vert à un accord global avec Londres faute de nouvelles garanties sur le sort particulier de Gibraltar, un territoire qui appartient au Royaume-Uni mais qui reste revendiqué par Madrid.

 


D'autre pays comme la France ont décidé de mettre leurs réserves de côté, conscients que les Britanniques pourraient à leur tour présenter de nouvelles demandes s'ils exigeaient des modifications.

"Nous ne souhaitons pas rouvrir l'accord mais nous serons très vigilants sur sa mise en 
œuvre", a expliqué lundi la ministre française Nathalie Loiseau, après la réunion, jugeant que les 27 étaient "allés au bout de leurs marges de manœuvre".


La possibilité d'étendre la période de transition post-Brexit, pendant laquelle le Royaume-Uni restera de fait dans le giron de l'UE, fait partie des seuls points encore ouverts concernant l'accord de divorce.

La transition est actuellement prévue jusqu'à fin 2020, mais le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier aurait proposé selon une source européenne qu'elle puisse être prolongée de deux ans.

"Je pense que durant cette semaine nous ferons une proposition définitive pour une date", a dit M. Barnier lundi devant la presse, sans plus de précisions.

Il faut quoi qu'il en soit que cette transition soit terminée "d'ici les prochaines élections générales" au Royaume-Uni, programmées en à la mi-2022, a dit 
Mme May lundi 19 novembre devant un patronat britannique acquis à sa cause.

Ce sera "une semaine intense de négociations", a prédit la dirigeante britannique, quelques jours après avoir réussi à faire endosser par son gouvernement l'accord provisoire avec Bruxelles, au prix d'une série de démissions.

Mme May, sous la menace d'une motion de censure, a confirmé que les négociations restant à mener concernaient non pas le traité de retrait que ses détracteurs lui demandent d'améliorer, mais la "déclaration politique" sur la future relation, qui sera jointe à l'accord de séparation.

AFP/VNA/CVN

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