13/12/2020 14:39
Les négociations entre l'UE et le Royaume-Uni restaient difficiles samedi soir 12 décembre, à la veille de l'échéance pour nouer un accord commercial post-Brexit, les Britanniques jugeant toujours "inacceptable" l'offre des Européens, vingt jours avant la rupture définitive.
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Michel Barnier, négociateur pour le Brexit, arrive à Bruxelles le 5 décembre de retour de Londres.
Photo : AFP/VNA/CVN

Signe d'un regain de tension entre les deux partenaires, Londres a fait savoir que des navires de la Royal Navy se tenaient prêts à protéger les zones de pêche britanniques où pourraient survenir des tensions en cas d'échec des négociations.

Les discussions à Bruxelles entre les équipes de négociation, en présence du négociateur européen Michel Barnier et de son homologue britannique David Frost, se poursuivaient samedi soir 12 décembre, avant la décision attendue dimanche 13 décembre sur le sort des négociations post-Brexit. Elles pourraient même continuer dimanche, a indiqué une source proche des pourparlers.

"En l'état actuel des choses, l'offre de l'UE reste inacceptable", a fait savoir une source au gouvernement britannique dans la soirée. "Tout accord doit être équitable et respecter la position fondamentale selon laquelle le Royaume-Uni sera une nation souveraine dans trois semaines", a-t-elle ajouté.

Si aucun compromis n'est trouvé, le Royaume-Uni, qui a officiellement quitté l'UE le 31 janvier 2020 mais continue de respecter les règles européennes pendant une période de transition qui s'achève le 31 décembre, reprendra le contrôle total de ses eaux le 1er janvier prochain.

Quatre navires de 80 mètres de long se tiennent prêts à empêcher des chalutiers de l'UE de pénétrer dans les eaux britanniques s'il n'y a pas de nouvel accord sur les droits de pêche, l'un des points de blocage des négociations commerciales.

"Guerres de la morue" 

Le ministère de la Défense britannique a confirmé que des navires étaient en attente, expliquant avoir "mené une planification intensive et des préparatifs pour s'assurer que la Défense soit prête à divers scénarios à la fin de la période de transition", selon un porte-parole du ministère.

Le port et les navires commerciaux à Southampton.
Photo : AFP/VNA/CVN

Ce déploiement évoque le mauvais souvenir des "guerres de la morue" avec l'Islande sur les droits de pêche dans l'Atlantique Nord, qui ont duré près de 20 ans, avant de finalement trouver un règlement dans les années 1970.

Les préparatifs en cas de "no deal" se sont accélérés ces derniers jours des deux côtés de la Manche, le Premier ministre britannique Boris Johnson comme la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se montrant pessimistes quant à l'issue des pourparlers.

Les pourparlers bloquent sur trois sujets : la pêche, le règlement des différends dans le futur accord et les garanties exigées de Londres par l'Union européenne en matière de concurrence. Dans le cas d'un "no deal", les échanges de part et d'autre de la Manche risquent de se faire selon les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane et de quotas.

La pêche a constitué l'un des sujets de crispation des négociations commerciales. Malgré son poids économique négligeable, le sujet est crucial pour plusieurs États membres (France, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Irlande), dont les pêcheurs veulent garder un accès aux eaux britanniques, très poissonneuses.
AFP/VNA/CVN
 
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