04/04/2019 08:26
La Première ministre britannique Theresa May et le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn ont estimé avoir eu des discussions "constructives" lundi 1er avril pour tenter de trouver un compromis permettant au Royaume-Uni de quitter l'Union européenne avec un accord.
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Theresa May et Jeremy Corbyn se sont retrouvés le 3 avril pour examiner ensemble les moyens de trouver une issue à l’impasse politique du Brexit.
Photo: AFP/VNA/CVN

"Les discussions d'aujourd'hui ont été constructives. Les deux parties ont fait preuve de souplesse et se sont engagées à mettre fin à l'incertitude actuelle autour du Brexit", a déclaré un porte-parole de la dirigeante conservatrice, précisant que Theresa May et Jeremy Corbyn s'étaient mis d'accord sur un programme de travail visant à "protéger l'emploi et la sécurité" des Britanniques.

Côté Labour, un porte-parole a lui aussi jugé "constructifs" les pourparlers.

"Il n'y a pas autant d'évolution que j'attendais", a cependant nuancé Jeremy Corbyn, ajoutant que les discussions se poursuivrent jeudi 4 avril.

Le but de cette rencontre, à l'initiative de Theresa May, est de "trouver une proposition susceptible d'obtenir le soutien de la Chambre des communes pour permettre au Royaume-Uni de quitter l'Union européenne (UE) dès que possible", avait déclaré plus tôt dans la journée un porte-parole.

Mais, la tâche s'annonce difficile tant ces deux personnalités ont affiché jusqu'ici des positions diamétralement opposées sur le Brexit, s'écharpant régulièrement à la Chambre des communes.

La Première ministre défend une sortie du marché unique, pour mettre fin à la liberté de circulation des personnes, et de l'union douanière, pour que le Royaume-Uni mène sa propre politique commerciale. M. Corbyn souhaite, lui, une union douanière étroite et a voté pour le maintien dans le marché unique lundi 1er avril.

Nouvelles démissions

La tentative de dialogue de dernière minute de Theresa May lui a attiré les foudres des députés de sa majorité partisans d'une rupture nette avec l'UE, car ils craignent que cela n'ouvre la voie à un divorce dit "doux", soit au maintien de liens étroits.

La Première ministre britannique Theresa May, à Londres.
Photo: AFP/VNA/CVN

Elle a aussi provoqué deux démissions au sein de son gouvernement mercredi 3 avril: Chris Heaton-Harris, un secrétaire d'État au Brexit, pour dénoncer le report du Brexit, prévu initialement le 29 mars, et Nigel Adams, secrétaire d'État au Pays de Galles, qui craint que le Royaume-Uni ne finisse dans une union douanière avec l'UE.

Mais pour Theresa May, il s'agit d'éviter une sortie sans accord et sans période de transition, un scénario qui inquiète les milieux économiques et dont le risque est à un niveau "alarmant", a estimé mercredi 3 avril le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, sur la chaîne SkyNews.

L'UE a souligné, par la voix du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, qu'elle travaillerait "jusqu'au dernier moment" pour éviter un divorce sans accord et la chancelière allemande Angela Merkel a aussi promis de "se battre jusqu'à la dernière heure" pour éviter ce scénario.

Bien que l'accord de divorce conclu fin novembre entre Londres et Bruxelles a déjà été rejeté trois fois par les députés, le gouvernement britannique n'exclut pas de représenter le texte au Parlement, s'il estime avoir les soutiens suffisants.

De leur côté, une partie des députés espérait reprendre la main sur le processus du Brexit, en organisant une troisième série de votes sur des alternatives à l'accord de Mme May, mais la motion a reçu exactement autant de voix "pour" que "contre" (310). Le président de l'Assemblée a dû de manière exceptionnelle trancher, en s'opposant à la tenue de ces votes.

AFP/VNA/CVN

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