17/12/2019 09:34
Quelques jours après sa victoire écrasante aux législatives au Royaume-Uni, le Premier ministre Boris Johnson s'est retroussé les manches lundi 16 décembre en vue de lancer dès vendredi 20 décembre l'adoption de son accord de Brexit au Parlement, où il jouit désormais d'une large majorité.
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Le Premier ministre britannique Boris Johnson salue la foule devant le 10 Downing Street, le 13 décembre au lendemain de sa victoire aux législatives.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le bouillonnant dirigeant conservateur entend présenter vendredi à la Chambre des communes la loi d'application de l'accord négocié avec Bruxelles encadrant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 janvier, a indiqué son porte-parole.

Il s'agira du premier texte examiné par le Parlement dans sa nouvelle composition. L'adoption devrait s'achever après les fêtes, permettant au Parlement européen de ratifier le texte et levant les derniers obstacles au divorce, après 47 ans de mariage difficile et trois ans de psychodrame ayant suivi le référendum de 2016.

Une fois le Brexit réalisé sur le plan politique, une nouvelle phase s'amorcera : Londres et Bruxelles entameront d'âpres négociations sur leur future relation commerciale à l'issue d'une période de transition prévue jusqu'à fin 2020.

Boris Johnson assure qu'il y parviendra sans prolongation de ce délai, ce qui soulève des sérieux doutes à Bruxelles. Sur la forme, pas de "Soft Brexit (Brexit doux)" : le dirigeant souhaite un accord de libre-échange inspiré par celui conclu entre l'UE et le Canada, selon son porte-parole.

Son regard se tourne aussi vers les États-Unis. Lui et le président Donald Trump "ont hâte de poursuivre leur étroite coopération sur des sujets comme la sécurité et le commerce, dont la négociation d'un ambitieux accord de libre-échange", a indiqué un porte-parole à l'issue d'un entretien téléphonique entre les deux dirigeants.

À la tête d'une majorité sans précédent pour les conservateurs depuis Margaret Thatcher, Boris Johnson a également annoncé lundi 16 décemre la composition d'un gouvernement légèrement remanié.

Nicky Morgan est renommée ministre de la Culture, un portefeuille auquel elle avait renoncé en décidant de ne pas se représenter comme députée - mais elle est désormais membre de la Chambre des Lords. Simon Hart est le nouveau ministre chargé du Pays de Galles.

Un remaniement du gouvernement plus important pourrait advenir après la date butoir du 31 janvier, une fois le Brexit assuré.

Le chef du gouvernement doit aussi s'adresser aux 109 députés conservateurs nouvellement élus parmi les 365 sièges remportés jeudi 12 décembre par son parti pour les exhorter à réaliser le Brexit, dans l'impasse depuis le référendum de juin 2016 remporté à 52% par le "Leave".

"Folie du Brexit" 

Photo publiée par le parlement britannique montrant le nouveau speaker (président) élu le 4 novembre, Lindsay Hoyle (centre), s'adressant à la Chambre des communes le même jour.  Photo : AFP/VNA/CVN

Avant de se pencher sur le Brexit, la nouvelle Chambre des communes doit tout d'abord se réunir mardi 17 décembre afin d'élire le "speaker" (président) et sauf surprise reconduire le travailliste Lindsay Hoyle, élu un mois avant les élections législatives.

Il aura la tâche de conduire les débats souvent très animés sur le Brexit, comme l'avait fait avant lui le truculent John Bercow.

Chacun des 650 députés jurera ensuite allégeance à la Couronne.

Boris Johnson déclinera jeudi 19 décembre son programme législatif lors du traditionnel discours du Trône lu par Elizabeth II, 93 ans. Le dernier remontant à deux mois à peine et Noël approchant, le cérémonial d'habitude très chargé accompagnant cette cérémonie sera réduit.

Outre l'accent mis sur le Brexit, Boris Johnson doit annoncer à cette occasion une hausse du financement du service national de santé (NHS), selon Downing Street. Ce service gratuit, auquel les Britanniques sont très attachés, a subi de drastiques mesures d'austérité sous les gouvernements conservateurs depuis près de 10 ans.

Le Premier ministre a en revanche exclu d'offrir à l'Écosse un deuxième référendum sur l'indépendance de la région, réclamé à cor et à cri par la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, forte du bon score aux législatives de son parti indépendantiste, le SNP.

"Reconnaissez que nous devrions avoir le pouvoir de déterminer le calendrier de notre référendum" afin "de se sortir de la folie du Brexit", contre lequel s'était prononcée l'Écosse lors du référendum de 2016, a déclaré le chef de file du SNP Ian Blackford à l'adresse du Premier ministre, en accueillant lundi à Westminster les 47 autres députés élus de la formation nationaliste.

Le Brexit change la donne également en Irlande du Nord, en première ligne de la crise du Brexit en raison de sa position géographique. Unionistes et républicains ont entamé lundi 16 décembre des négociations, par l'entremise du gouvernement de Londres, pour tenter de former un exécutif local, qui fait défaut depuis près de trois ans.
 
AFP/VNA/CVN
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