21/11/2020 16:54
La mort, jeudi soir 19 novembre, d'un homme noir battu par des agents de sécurité blancs dans un supermarché du groupe Carrefour à Porto Alegre (Sud) a déclenché une vague d'indignation au Brésil, en pleine Journée de la conscience noire célébrée vendredi 20 novembre dans le pays.
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Des manifestants lors d'une marche de protestation à Sao Paulo contre la mort d'un homme noir, battu par des agents de sécurité dans un supermarchés de Porto Alegre, au Brésil, le 20 novembre. Photo : Reuteurs/VNA/CVN

Un millier de manifestants ont défilé dans le centre-ville de Sao Paulo jusqu'à un magasin du groupe, dans le quartier Jardim Paulista. Une partie d'entre eux ont lancé des pierres contre la façade vitrée et envahi l'établissement, détruisant ou incendiant des marchandises, des vitrines et d'autres installations.

"Les mains de Carrefour sont souillées de sang noir", pouvait-on lire sur l'une des banderoles brandies par des manifestants.

À Porto Alegre, où la victime a succombé suite aux violences des agents de sécurité, la police a dispersé une manifestation avec des grenades lacrymogènes et assourdissantes, selon la télévision locale. "Carrefour, il peut fermer, il a tué notre frère, ça ne peut plus continuer !", scandaient des dizaines de jeunes portant des banderoles et des masques avec le slogan "Black Lives Matter".

Bompard tweete en portugais

Des manifestations ont également eu lieu à Brasilia, Belo Horizonte et Rio de Janeiro, où un groupe a empêché des clients d'arriver aux caisses.

L'incident qui a indigné le pays a eu lieu jeudi soir 19 novembre : une vidéo enregistrée par un témoin, diffusée par les médias et sur les réseaux sociaux, montre le moment où Joao Alberto Silveira Freitas, 40 ans, est frappé de multiples coups de poing au visage par un des agents tandis que l'autre le maintenait.

Des protestataires devant le Carrefour où un homme a été tué par deux agents de sécurité, à Porto Alegre, dans le Sud du Brésil, le 20 novembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Sur d'autres images on voit les secours effectuant un massage cardiaque à l'homme allongé devant une entrée du supermarché et qui est mort sur place. Selon la police militaire, M. Freitas a menacé un employé du supermarché qui a appelé les agents de sécurité.

Les deux agresseurs ont été arrêtés. L'un d'eux est un policier militaire qui travaille pour la compagnie de sécurité privée en dehors de ses heures de service.

Un ami de la victime qui a été témoin du passage à tabac a déclaré au portail d'informations G1 que, alors qu'il était battu, Silveira Freitas "a crié qu'il ne pouvait plus respirer", une phrase qui évoque le décès de George Floyd, un homme afro-américain étouffé à mort par la police en mai à Minneapolis, aux Etats-Unis, un meurtre qui a choqué le monde entier et déclenché des mobilisations massives dans tout le pays.

La filiale brésilienne du groupe Carrefour a regretté la "mort brutale" de M. Freitas et a déclaré qu'elle prendrait "les mesures appropriées pour tenir responsables les personnes impliquées dans cette affaire criminelle".

Dans une série de tweets en portugais, le patron français de Carrefour, Alexandre Bompard, a exprimé ses condoléances après cet "acte horrible" et estimé que les images postées sur les réseaux sociaux étaient "insupportables".

"Des mesures internes ont immédiatement été prises par le Groupe Carrefour Brésil, principalement au sujet de l'entreprise de sécurité sous contrat. Ces mesures sont insuffisantes. Mes valeurs et les valeurs de Carrefour ne concordent pas avec le racisme et la violence", a-t-il écrit.

M. Bompard a également demandé "une revue complète des actions de formation des salariés et des sous-traitants, en matière de sécurité, de respect de la diversité et des valeurs de respect et de refus de l'intolérance".
 
AFP/VNA/CVN
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