08/10/2018 14:13
Fernando Haddad, substitut de l'ex-président Lula dans la course à la présidentielle au Brésil, est loin d'avoir le charisme de son mentor, mais c'est sur lui qui reposent désormais tous les espoirs de la gauche face au candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro.
>>Présidentielle au Brésil: les électeurs veulent "du changement"

Fernando Haddad, substitut de l'ex-président Lula, dans la course à la présidentielle au Brésil, le 2 octobre à Rio de Janeiro.
Photo: AFP/VNA/CVN

Il a beau avoir été maire de Sao Paulo, la capitale économique du pays, sa notoriété a du mal à s'étendre jusqu'aux régions pauvres comme le Nord-Est, principal fief électoral de Lula. Avant la campagne, son nom était si peu connu que les Brésiliens le déformaient souvent en "Andrade", à consonance plus familière que le "Haddad" de ce fils de commerçants libanais.

Inscrit initialement en août comme candidat à la vice-présidence sur le ticket de Luiz Inacio Lula da Silva, alors grand favori des sondages, il a été propulsé candidat officiel du Parti des Travailleurs (PT) le 11 septembre. Ce jour-là, l'ex-président (2003-2012), incarcéré depuis avril pour corruption, a finalement jeté l'éponge, après attendu la date limite, multipliant les recours contre son inéligibilité. Partant du principe que Lula est si populaire qu'il pourrait faire élire un lampadaire, Fernando Haddad s'est présenté volontiers comme le "lampadaire de Lula". Un lampadaire qui a réussi à se hisser au 2e tour dimanche 7 octobre.

"Haddad relax"

À 55 ans, ce professeur de sciences politiques à l'Université de Sao Paulo, également membre du barreau, est à des années-lumière du style de l'ancien métallo proche du peuple qu'est Lula et il a l'image d'un intellectuel mesuré. Cela n'a pas empêché le PT de miser sur le slogan "Haddad, c'est Lula".

L'ex-président est resté très présent dans les spots officiels de campagne, grâce à des messages enregistrés avant son incarcération. Le fait d'attendre le dernier moment pour lancer officiellement Fernando Haddad dans le grand bain a été jugé handicapant par certains militants du PT, qui auraient préféré qu'il ait plus de temps pour faire campagne.

"Je ne suis pas une personne anxieuse, j'attends que les choses se passent pour prendre mes décisions. Je suis un être politique, dans le sens où je participe à la vie publique depuis que je suis étudiant", avait-il affirmé fin 2016 au journal espagnol El Pais.

Cela ne l'a pas empêché de fortement progresser dans les sondages dès son entrée en campagne, à quatre semaines seulement du vote, pour se situer très vite, et durablement, à la 2e place.  Souriant, affable, les cheveux châtain légèrement grisonnants soigneusement peignés, il est parfois surnommé "Haddad tranquilao" (Haddad relax) en raison de sa sérénité à toute épreuve, loin de la fougue de son mentor.

Pendant la campagne, le candidat du PT s'est d'ailleurs montré peu combatif face à l'avalanche de critiques de ses adversaires, notamment le favori Jair Bolsonaro, qui l'a qualifié à plusieurs reprises de "marionnette de Lula". Haddad a généralement fait preuve de modération et de patience, trop peut-être.

AFP/VNA/CVN


 

Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
L’ancien ambassadeur de France et son amour spécial pour Hanoï

Bà Ria-Vung Tàu mise sur ses fêtes pour séduire plus Depuis 300 ans, la station balnéaire de Bà Ria-Vung Tàu occupe une place particulière dans le Sud du Vietnam. Dotée de paysages naturels exceptionnels et d’un riche patrimoine culturel et historique, le tourisme est un secteur économique majeur de cette province.