29/07/2017 15:42
Une force de 10.000 hommes, dont 8.500 militaires, a commencé à se déployer vendredi 28 juillet dans Rio de Janeiro pour rétablir la sécurité dans la ville en proie à une flambée de violence liée au trafic de drogue et au marasme économique.

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Le président Michel Temer a signé un décret autorisant "l'emploi des forces armées dans l'État" de Rio de Janeiro pour lutter contre le crime organisé.
 

Des membres des forces de sécurité brésiliennes dans une rue de Rio de Janeiro, le 15 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN


En début de soirée, des véhicules blindés de transport de troupes et des dizaines de militaires ont commencé à se déployer dans le centre de Rio, notamment à l'aéroport Santos Dumont et près de la plage de Botafogo, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Cette décision a été prise pour défendre l'intégrité de la population, préserver l'ordre public et garantir le fonctionnement des institutions", a expliqué le président Temer dans une vidéo sur les réseaux sociaux, évoquant une "situation qui angoisse tous les Brésiliens".

"Nous allons atteindre le crime organisé et ses chaînes de commandement", a déclaré pour sa part le ministre de la Défense, Raul Jungmann, lors d'une conférence de presse sur une base militaire de Rio.

Le ministre a précisé que dans le cadre de cette opération, il n'était pas prévu une présence "ostensible" de l'armée dans les rues de la métropole, mais que les troupes se concentreraient sur le renseignement, des "actions surprise" et "la participation de la société" dans la zone métropolitaine de l'État de Rio.

"Rio a besoin d'un pacte pour la sécurité et pour la paix", a ajouté le ministre. Le président de la Chambre des députés, Rodrogo Maia, avait récemment tiré la sonnette d'alarme en déclarant que "les autorités ont totalement perdu le contrôle de la sécurité publique à Rio" face à la montée de la criminalité.

Exaspérés par la violence

Un an après avoir accueilli les jeux Olympiques, Rio est en effet en proie à une flambée de violence, avec une moyenne effrayante de trois personnes par jour blessées par des balles perdues, notamment lors de fusillades entre policiers et narcotrafiquants de plus en plus lourdement armés.

Ces tirs font en moyenne un mort tous les trois jours, essentiellement dans les favelas où habite près d'un quart des 6,5 millions de Cariocas.

Par ailleurs 91 membres des forces de l'ordre ont été tués depuis le début de l'année dans les violences à Rio, poussant les proches de policiers à manifester le week-end dernier dans les rues de Copacabana.

Quelques semaines plus tôt, des proches de victimes des balles des gangs et de la police dans les favelas avaient manifesté dans ce même quartier, exaspérés par la violence.

Depuis le début de l'année scolaire, seuls sept jours de cours sur 120 ont pu se dérouler sans qu'au moins un établissement de Rio ne soit fermé à cause de problèmes de violence.

Le sentiment d'insécurité dans la "Ville merveilleuse" est exacerbé par une crise financière dramatique de l'État de Rio, qui n'est plus en mesure de payer à temps les salaires de nombreux fonctionnaires, y compris des policiers, une situation qui aggrave encore la corruption.

À la fin juin, une centaine d'hommes de la police militaire ont été arrêtés pour leur implication dans des trafics de drogue avec des gangs.

"Nous réitérons la formule des jeux Olympiques en 2016, qui a eu tant de succès", a expliqué le ministre de la Défense.

Le déploiement massif des forces de sécurité pendant les JO en avait assuré le succès sur le plan sécuritaire, mais après leur retrait la criminalité est repartie en flèche.

En août et septembre 2016, 85.000 militaires et policiers avaient été mobilisés dans la ville pour les jeux Olympiques et paralympiques, le double des effectifs ayant patrouillé à Londres pour les JO de 2012.

La mobilisation à Rio sera en vigueur jusqu'à la fin 2018, c'est-à-dire l'expiration du mandat du président Temer, a indiqué le ministre de la Défense.

Elle intervient alors que M. Temer est sous la menace d'un vote de la Chambre des députés, mercredi 26 juillet, qui pourrait décider de le faire juger devant la Cour suprême pour corruption.

AFP/VNA/CVN

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