19/08/2020 11:37
Des dizaines d'indigènes ont maintenu mardi 18 août le blocage d'un grand axe routier entamé la veille en Amazonie, en dépit d'une décision de justice ordonnant la levée de leur barrage.
Un membre de la tribu Kayapo assis sur la route BR-163 bloquée par les indigènes dans l'État de Para au Brésil le 18 août.
Photo : AFP/VNA/CVN


Les autochtones du peuple Kayapo Mekragnoti dans l'État septentrional du Para, réclament davantage d'aide contre le coronavirus et la fin de la déforestation et de l'orpaillage sur leurs terres.

"On ne va pas rouvrir" la route BR-163, a déclaré un porte-parole des indigènes près de ce barrage édifié avec des pneus et des troncs d'arbres à la hauteur de la ville de Novo Progresso.

Sur une file d'au moins 10 km, de nombreux poids lourds attendent, avec leur chargement de soja ou de maïs notamment, sur cet axe qui permet d'acheminer les récoltes du fertile centre-ouest du Brésil vers les ports fluviaux de l'Amazonie, avant leur exportation, vers la Chine notamment.

Armés de bâtons, de flèches et de machettes, les autochtones exigent des compensations pour les dégâts environnementaux occasionnés par la construction de cette longue route, ainsi que la fin de la déforestation et de l'orpaillage illégal qui dévastent leur environnement.

Lundi soir 17 août, une juge fédérale a pourtant ordonné aux manifestants de lever leur barrage, invoquant les "perturbations" provoquées à "l'économie régionale" et aux "usagers de cette route".

Les Kayapo Mekragnoti - un sous-groupe de l'ethnie Kayapo du célèbre cacique au plateau labial Raoni, défenseur infatigable de la cause indigène - vivent dans les réserves de Bau et de Mekragnoti, qui occupent une surface de 6,5 millions d'hectares, équivalente à celle d'un pays tel la Croatie.

Parmi ces 1.600 habitants, quatre sont morts du COVID-19 et 400 ont été infectés, selon l'Institut Kabu. Les premiers cas ont été apportés par des contacts avec des populations urbaines et des orpailleurs clandestins.

Les indigènes ont des défenses immunitaires plus faibles et un accès réduit aux soins hospitaliers. Au total, 618 autochtones sont morts et 21.000 ont été contaminés par le coronavirus, selon l'APIB, la coordination des peuples indigènes du Brésil.

La pandémie a fait à ce jour plus de 108.000 morts au Brésil, le pays le plus touché de la planète derrière les États-Unis.


APS/VNA/CVN



 

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