21/06/2018 11:38
Les attaques répétées de Donald Trump contre le Canada ont déclenché une vague d'indignation chez son voisin du Nord avec des appels répétés à boycotter les produits importés des États-Unis, voire à doter Ottawa de l'arme nucléaire.

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Le président américain Donald Trump (gauche) et le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le 8 juin lors du Sommet du G7 à La Malbaie, au Canada. Photo: AFP/VNA/CVN


D'ordinaire consensuels et habitués aux sauts d'humeur du président américain, les Canadiens ont abandonné leur réserve après l'imposition de taxes douanières sur l'acier et l'aluminium et surtout les attaques personnelles lancées par M. Trump, et certains de ses proches conseillers, à l'encontre du Premier ministre Justin Trudeau, dans la foulée du sommet du G7 au Québec.

Dans un rare élan patriotique, les députés fédéraux, toutes formations politiques confondues, ont appelé la semaine dernière à faire corps derrière leur chef de gouvernement dans une motion unanime adoptée au Parlement.

Et alors que l'imprévisible milliardaire républicain menace de pénaliser le secteur automobile canadien, les appels à boycotter les produits américains se sont multipliés au Canada et sur les réseaux sociaux avec les mots-clés #BoycottUSA et #BuyCanadian (achetez canadien), encourageant à ne plus acheter de ketchup, de café ou de véhicules produits aux États-Unis, ou appelant à passer ses vacances au Canada avec #VacationCanada.

D'autres internautes canadiens ont publié des images de "chariots de supermarché garantis sans Trump", revendiquant fièrement d'avoir payé deux fois plus cher pour des fraises canadiennes plutôt qu'importées des États-Unis... ou d'avoir mis deux fois plus de temps à faire leurs courses pour vérifier que rien n'est américain. Mais l'impact économique des appels au boycott est, pour l'instant, difficile à mesurer.

Dissuasion nucléaire

Les États-Unis et le Canada ont échangé près de 2 milliards de dollars américains de biens et services chaque jour en 2017, et Washington a dégagé un léger surplus de 8,4 millions dollars américains, selon les autorités américaines. La première puissance économique de la planète est également la destination favorite des vacanciers canadiens.

Face à cette interdépendance, il faut prendre garde "aux réponses décidées sous le coup de l'émotion", a averti Ken Wong, professeur à l'école de commerce de l'université Queen's de Kingston (Ontario, centre), craignant que cela ne dégénère en une réelle guerre commerciale. "Est-ce qu'un boycott est faisable? Oui. Est-ce recommandable? Sans doute que non", a-t-il résumé à l'AFP, rappelant que 75% des exportations canadiennes vont aux États-Unis.

"L'administration Trump utilise l'incertitude comme une nouvelle arme commerciale", a remarqué dans un rapport l'institut C.D. Howe, think tank conservateur qui conseille notamment la Banque centrale canadienne. D'autant qu'après le fiasco du G7, effarouché par le fait que M. Trudeau ait averti que le Canada "ne se laisserait pas bousculer" par les velléités protectionnistes américaines, Donald Trump a affirmé que cette attitude de défiance allait "coûter très cher" au Canada.

AFP/VNA/CVN

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