06/04/2019 14:59
Une foule immense a de nouveau envahi le centre d'Alger et les principales villes d'Algérie vendredi 5 avril, le premier depuis le départ du président Abdelaziz Bouteflika, pour dire désormais leur refus de toute implication de ses anciens fidèles dans la transition politique.
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Les Algériens manifestent par milliers dans la capitale après la démission du président Abdelaziz Bouteflika, le 5 avril. Photo: AFP/VNA/CVN

Confronté à une contestation populaire inédite déclenchée le 22 février et très affaibli depuis un AVC en 2013, M. Bouteflika, 82 ans, a démissionné mardi 2 avril après 20 ans passés au pouvoir.

Déterminés à se débarrasser du "système" dans son ensemble, les Algériens sont à nouveau descendus très nombreux dans la rue, pour le septième vendredi consécutif.

D'imposants cortèges ont défilé à Oran, Constantine et Annaba, 2e, 3e et 4e villes du pays, ont rapporté des journalistes de médias algériens sur place.

L'agence de presse officielle APS a recensé des manifestations dans 41 des 48 régions, rendant compte de façon inédite des slogans opposants au pouvoir.

Les cortèges se sont dispersés dans le calme à la tombée de la nuit. Aucun incident n'a été signalé à travers le pays.

Appel au départ des "3B"

"La démission du président ne signifie pas qu'on a eu réellement gain de cause", avait expliqué dans une vidéo sur internet l'avocat Mustapha Bouchachi, une voix de la contestation, appelant à faire de ce vendredi (5 avril) "un grand jour".

Les protestataires ont appelé au départ des "3B", Abdelkader Bensalah, Tayeb Belaiz et Noureddine Bedoui, trois hommes-clés de l'appareil mis en place par M. Bouteflika et à qui la Constitution confie le processus d'intérim.

Président depuis plus de 16 ans du Conseil de la Nation (chambre haute), M. Bensalah est chargé par la Constitution de remplacer le chef de l'État pour trois mois, le temps d'élire un successeur lors d'une élection présidentielle.

Tayeb Belaiz, qui fut durant ces 16 ans ministre, préside le Conseil constitutionnel, chargé de contrôler la régularité du scrutin.

Le Premier ministre Noureddine Bedoui était jusqu'à sa nomination le 11 mars le très zélé ministre de l'Intérieur.

"S'en tenir à la Constitution", et confier l'intérim et l'organisation des élections à des hommes incarnant le système, "va probablement susciter pas mal de protestations", estimait Isabelle Werenfels, chercheuse associée à l'Institut allemand pour les Affaires internationales et de Sécurité.

À la place, les manifestants appellent à la mise sur pied d'institutions de transition à même d'engager des réformes et d'organiser des élections libres.
AFP/VNA/CVN

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