24/08/2019 16:35
Le Premier ministre britannique Boris Johnson sera l'une des stars du Sommet du G7 à Biarritz (France), où il débute sur la grande scène internationale et aura une rencontre très attendue avec le président américain Donald Trump, fervent partisan de son Brexit sans concession.
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Le Premier ministre britannique Boris Johnson (gauche) est accueilli par le président français Emmanuel Macron, le 22 août 2019 à Paris.
Photo: AFP/VNA/CVN

"On verra si Boris Johnson (...) pourra montrer un autre visage au monde" que celui de chef de la diplomatie, un rôle dans lequel "il avait déçu", explique Bronwen Maddox, directrice du centre de réflexion Institute for Government, en référence à ses gaffes.

Boris Johnson, qui a succédé fin juillet à Theresa May, s'est déjà affiché dans son nouveau costume de dirigeant cette semaine, en tentant d'imposer sa vision du Brexit à la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin puis au président français Emmanuel Macron à Paris.

Mais c'est surtout sa rencontre dimanche avec Donald Trump qui sera scrutée. Le président américain s'est dit "impatient" de rencontrer "BoJo", son dirigeant coup de cœur, avec qui il s'est déjà entretenu plusieurs fois au téléphone.

"Le type de message qu'il enverra sera très important", estime Anna Nadibaidze, chercheuse au groupe de réflexion Open Europe. "Cela pourrait indiquer la direction que le Royaume-Uni veut prendre après le Brexit."

"Trump britannique"

Souvent qualifié de "Trump britannique", Boris Johnson n'a pas qu'une crinière jaune paille et une approche anti-UE en commun avec l'hôte de la Maison blanche: très clivant dans son pays, il prend comme lui des libertés avec la vérité, adopte une posture populiste et a le goût de la provocation.

Il s'est hissé au pouvoir en jouant la carte de sauveur du Brexit et ambitionne un grand accord commercial avec Washington, antidote aux secousses économiques prédites en cas de sortie de l'UE sans parachute.

La chancelière allemande Angela Markel et le Premier ministre britannique Boris Johnson, le 21 août 2019 à Berlin.
Photo: AFP/VNA/CVN

M. Johnson a en effet assuré que le Royaume-Uni quitterait le club européen le 31 octobre, qu'il ait réussi ou non à renégocier l'accord conclu entre Theresa May et Bruxelles.

Malgré l'entente cordiale affichée, Angela Merkel et Emmanuel Macron ont renvoyé la balle dans son camp: c'est à Londres de présenter des solutions alternatives.

"La position de Boris Johnson de vouloir obtenir tant de changements à l'accord de Theresa May a fait qu'il n'y a pas encore vraiment eu de quoi discuter", juge Bronwen Maddox.

Stature internationale

Une réussite internationale permettrait à Boris Johnson d'affirmer sa stature de dirigeant sur le plan intérieur, selon l'experte, au même titre qu'une déconvenue pourrait l'affaiblir alors qu'il est confronté à des rafales de contestations au Royaume-Uni et que les spéculations sur des élections générales anticipées vont bon train.

Mais il y aura un prix à payer pour décrocher un accord de libre-échange rapide avec les États-Unis, préviennent des experts, qui n'excluent pas un virage même partiel de la politique étrangère britannique.

"Trump a montré une tendance claire à voir le commerce comme une proposition à somme nulle. On ne voit pas pourquoi il deviendrait tout d'un coup gentil et généreux avec le Royaume-Uni", prévient Dana Allin, chargé de la politique étrangère américaine à l'Institut international pour les études stratégiques (IISS), auprès de l'AFP.

À court terme, un "no deal" risque d'empoisonner les relations avec les Européens, de quoi compliquer la définition de la nouvelle relation entre Londres et Bruxelles, estime-il.

"C'est dangereux et naïf: un accord commercial magique avec les États-Unis, situés à des milliers de kilomètres, ne pourra pas compenser les dommages causées aux relations économiques avec le reste de l'UE", de loin le premier partenaire économique du Royaume-Uni, selon lui.

Pour Anna Nadibaidze, d'Open Europe, "une relation étroite avec les États-Unis pourrait nécessiter de devoir faire des compromis (...) et de s'éloigner un peu plus de l'Europe" dans de grands dossiers internationaux. Mais "cela dépendra beaucoup des termes" du Brexit, ajoute-t-elle.

Jusqu'ici, Londres s'est aligné sur ses partenaires européens pour soutenir l'accord nucléaire iranien, une position réaffirmée la veille du sommet de source diplomatique britannique.

Le Royaume-Uni avait cependant annoncé début août sa participation à une "mission de sécurité maritime" aux côtés des États-Unis dans le Golfe, vue comme un premier pas de côté.

"Il est confronté à un dilemme", analyse Charles Grant, directeur du Center for European Reform, car "il y a des limites à jusqu'où il peut aller", notamment concernant le changement climatique.
 
AFP/VNA/CVN
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