24/07/2019 08:34
Le champion des pro-Brexit, Boris Johnson, a promis mardi 23 juillet une sortie de l'Union européenne le 31 octobre, après sa victoire écrasante dans la course à Downing Street, mais reste à savoir s'il pourra obtenir les concessions qu'il réclame de Bruxelles.

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Boris Johnson à la tribune au siège du Parti conservateur britannique après la proclamation de sa victoire à la tête du parti, le 23 juillet à Londres.
Photo: AFP/VNA/CVN


"Nous allons mettre en oeuvre le Brexit le 31 octobre", la date butoir fixée après deux reports, a-t-il déclaré après l'annonce, sans vraiment de surprise, que ce serait lui qui allait succéder à la Première ministre Theresa May. "Nous allons tirer avantage de toutes les opportunités que cela apportera dans un nouvel esprit positif".

L'ex-maire de Londres et ex-ministre des Affaires étrangères, qui était opposé à l'actuel chef de la diplomatie Jeremy Hunt, a remporté 66% des voix des quelque 159.000 membres du Parti conservateur qui se sont exprimés.

Il devient donc chef des Tories et prendra officiellement ses fonctions de Premier ministre mercredi après-midi 24 juillet après une visite à la reine 
Élizabeth II.

"Il sera formidable", s'est enthousiasmé le président américain Donald Trump.

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel l'ont félicité et se sont dits désireux de travailler au plus vite avec lui tandis que la prochaine présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a évoqué des "défis à venir". "Nous avons hâte de travailler de façon constructive avec le Premier ministre Boris Johnson", a réagi le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier.

Mais si les dirigeants européens sont prêts à se pencher de nouveau sur la déclaration politique, qui pose les bases de la future relation entre le Royaume-Uni et l'UE après le Brexit, ils refusent de renégocier l'Accord de retrait. Fruit de 17 mois de discussions difficiles, ce document de 585 pages fixe les conditions du divorce, en particulier le controversé "filet de sécurité" ("backstop") permettant d'éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord après le Brexit.

"Positif et enthousiaste"

Au plan intérieur, la tâche de Boris Johnson s'annonce aussi ardue avec un Parlement et une population toujours profondément divisés sur leur vision du Brexit, trois ans après le référendum de juin 2016.

 


Le ministre des Finances, Philip Hammond, a prévenu qu'il ferait "tout" pour empêcher ce scénario, ne semblant pas exclure de contribuer à faire tomber le futur gouvernement de Boris Johnson.

Quant aux milieux d'affaires, ils l'ont poliment félicité mais ont surtout réclamé qu'il fasse tout pour éviter un "no deal".

Après sa victoire, Boris Johnson s'est adressé à des députés conservateurs et "tout le monde (est sorti) positif et enthousiaste", a rapporté le ministre de la Santé Matt Hancock. "Les nuages se sont dissipés", a ajouté un député pro-Brexit.

Mais malgré sa victoire, sa personnalité divise. "Ou il sera génial, ou ce sera un désastre", a déclaré Michelle Pearce, 64 ans et pro-Brexit, qui manifeste régulièrement devant le parlement de Westminster.

"Boris Johnson a obtenu le soutien de moins de 100.000 membres du Parti conservateur non élus (...) mais il n'a pas obtenu le soutien de notre pays", a souligné sur Twitter Jeremy Corbyn le chef du Labour, principal parti d'opposition, qui souhaite des élections législatives.

Outre le Brexit, Boris Johnson aura un autre défi urgent à gérer: l'escalade des tensions avec Téhéran, au plus haut après l'arraisonnement vendredi 26 juillet par l'Iran d'un pétrolier battant pavillon britannique dans le détroit d'Ormuz.

Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohamad Javad Zarif l'a félicité mais a prévenu: "Nous protègerons le Golfe".

AFP/VNA/CVN

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