24/11/2019 17:44
D'abord réaliser le Brexit puis tourner la page de l'austérité : le Premier ministre conservateur Boris Johnson dévoile dimanche 24 novembre ses plans en cas de victoire aux élections du 12 décembre au Royaume-Uni.

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Le Premier ministre conservateur britannique Boris Johnson à Manchester, le 2 octobre 2019. Photo : AFP/VNA/CVN 


Pour Boris Johnson, ces élections - les troisièmes en quatre ans - sont le seul moyen de sortir le Royaume-Uni de l'impasse du Brexit, qui divise le pays depuis son vote par 52% des Britanniques lors d'un référendum en 2016.

Il espère obtenir une majorité de sièges à la Chambre des communes afin de faire ratifier l'accord de sortie de l'Union européenne qu'il a âprement négocié avec Bruxelles, après son arrivée au pouvoir en juillet dernier.

"J'ai hâte de partager notre programme avec vous demain", a tweeté samedi 23 novembre le chef du gouvernement, expliquant aux électeurs avoir "élaboré un projet clair qui respecte le (résultat du) référendum, le met en oeuvre et nous permet d'aller de l'avant et de nous concentrer sur la réalisation de choses qui vous profiteront vraiment, à vous et à votre famille".

Le Parti conservateur arrive pour l'instant en tête des sondages avec environ 40% d'intentions de votes, dix points devant le Labour, principal parti d'opposition (gauche). Les Tories ont connu un regain de popularité depuis l'arrivée au pouvoir du charismatique Boris Johnson.

Le parti devrait aussi profiter du renoncement de l'europhobe Nigel Farage à présenter des candidats de son Parti du Brexit dans plus de 300 circonscriptions. M. Farage était accusé de risquer d'éparpiller les voix pro-Brexit et de favoriser au final une remise en cause de la sortie de l'UE.

Toutefois, l'issue du scrutin reste incertaine et les commentateurs politiques appellent à la prudence.

Accord de Brexit tout prêt

L'atout principal mis en avant par Boris Johnson dans cette campagne, c'est l'accord de sortie de l'UE qu'il a négocié et qui est "prêt à être réchauffé au micro-ondes" et servi, selon l'expression du dirigeant conservateur. Cet accord doit permettre au pays de reprendre le contrôle de ses lois, de son argent et de sa politique migratoire, vante-t-il à l'envi.

Son principal concurrent, le leader du Labour, Jeremy Corbyn, compte pour sa part, s'il arrive au pouvoir, négocier un nouvel accord de Brexit dans les trois mois et le soumettre aux électeurs lors d'un référendum où les Britanniques auraient aussi le choix d'annuler le Brexit.

Boris Johnson raille Jeremy Corbyn sur cette stratégie, moquant le refus de son adversaire de choisir un camp - le chef travailliste a d'ores et déjà prévenu qu'il resterait "neutre" dans la campagne de cet éventuel second référendum.

Mais le dirigeant conservateur a aussi ses points faibles, en particulier les années d'austérité subies par les Britanniques sous différents gouvernements conservateurs. Il promet d'y mettre fin en injectant des milliards de livres dans les services publics.

Il compte en particulier "rendre les rues plus sûres" en recrutant 20.000 policiers.

Boris Johnson s'engage aussi à augmenter de 33,9 milliards de livres (39,5 milliards d'euros) le budget du service public de santé, le NHS, chéri des Britanniques mais au plus mal aujourd'hui en raison de problèmes de recrutement de personnel et de vétusté des établissements.

Le dirigeant conservateur compte construire et rénover des hôpitaux et recruter des milliers de médecins et d'infirmiers supplémentaires.

Critiqué lors d'un débat télévisé vendredi soir 22 novembre sur le bilan du parti conservateur sur le NHS, il a répondu qu'il ne pourrait redresser la barre qu'une fois que "nous aurons réalisé le Brexit", suscitant des grognements mécontents du public.

Il s'est aussi engagé à financer davantage les écoles, en commençant par les moins bien dotées.

Sur l'immigration, Boris Johnson s'est engagé à mettre fin à la libre circulation des personnes et à contrôler l'immigration avec un système à points sur le modèle australien. L'immigration était un sujet clé du référendum de juin 2016, la crainte d'arrivées massives de migrants du reste de l'UE ayant profité au camp du "Leave".


AFP/VNA/CVN 

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