26/12/2015 15:44
Les forces irakiennes butent sur la résistance des jihadistes du groupe État islamique (EI) dans le centre de Ramadi, chef-lieu de la province majoritairement sunnite d'Al-Anbar, où elles essuient notamment les balles de snipers.
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L'avancée des troupes irakiennes vers Ramadi conduit à de violents combats contre les jihadistes, le 24 décembre. Photo : AFP/VNA/CVN

À leur entrée dans la ville il y a quatre jours, les forces antiterroristes avaient pourtant fait face à une opposition limitée de la part des jihadistes, faisant espérer une reconquête rapide de la ville qu'elles avaient perdue en mai. Mais les jihadistes ont concentré leur défense autour de l'ancien siège du gouvernement provincial dans le quartier de Hoz, où les combats font rage depuis le 22 décembre.

"Nous rencontrons plusieurs obstacles, en majorité des snipers et des voitures piégées", indique le Lieutenant Bachar Hussein, posté dans un quartier voisin de Hoz. Numériquement plus nombreuses, les forces irakiennes se trouvaient le 24 décembre à environ 500 mètres du siège gouvernemental mais ralenties par les engins explosifs posés par les jihadistes ainsi que par les snipers, elles peinent à progresser. La résistance de l'EI "gagne en intensité à mesure que les forces irakiennes se rapprochent du siège gouvernemental", a indiqué un général de brigade sous le couvert de l'anonymat. "Nos forces sont positionnées maintenant à plus de 300 mètres de ces bâtiments", a-t-il ajouté.

Le nombre de combattants de l'EI restant à Ramadi est estimé à moins de 400 personnes, alors que des informations circulent selon lesquelles les jihadistes utilisent des habitants comme boucliers humains. "Les opérations pour libérer Ramadi nécessitent du temps. Il n'est pas aisé de reprendre son contrôle rapidement", estime Ibrahim al-Fahdawi, à la tête du conseil de sécurité du quartier de Khaldiya.

"Attaques suicide, engins explosifs improvisés, snipers, mortiers, roquettes: l'EI utilise tous les moyens pour arrêter l'avancée des forces de sécurité", poursuit-il.
Selon deux sources militaires, au moins trois combattants gouvernementaux ont été tués et 13 blessés vendredi 25 décembre au cours des combats de Hoz.

5.000 missiles antichars

La perte de Ramadi (100 km à l'ouest de Bagdad) avait été une cuisante défaite pour l'armée irakienne qui tente depuis plus d'un an de reprendre le contrôle des vastes régions conquises par l'EI en 2014.

Un tank irakien passe dans les rues dévastées de Ramadi, le 24 décembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les jihadistes avaient dû leur supériorité à l'utilisation de dizaines de voitures piégées mais, six mois plus tard, les forces de sécurité irakiennes sont mieux formées. "Les Irakiens, comme la coalition, sont devenus meilleurs dans l'identification" des voitures piégées, a déclaré le colonel Steve Warren, porte-parole de la coalition internationale menée par Washington qui fournit un appui aérien aux forces irakiennes.

Les forces irakiennes ont été équipées de 5.000 missiles antichars par la coalition qui leur a appris à les utiliser, a précisé M. Warren. Outre les voitures piégées, les forces fédérales sont également ralenties par la présence de civils pris au piège dans leurs maisons. Les jihadistes ont empêché plusieurs dizaines de famille de quitter la ville lorsque l'armée avait fait larguer des tracts exhortant les derniers civils à fuir.

Les familles prises au piège se trouvent principalement dans les quartiers de Al-Thaylah et Al-Jamiyah, selon M. Fahdawi. "L'EI a emprisonné tous les hommes et laissé femmes et enfants dans les maisons...peut-être pour se prémunir d'une révolte de la part des hommes restants", a-t-il ajouté.

L'entrée des forces fédérales dans Ramadi s'inscrit dans le cadre d'une opération lancée il y a plusieurs mois au cours de laquelle l'armée a pris le contrôle progressif de ponts et de routes stratégiques autour de la ville.

La reconquête totale de cette ville pourrait redorer le blason de l'armée irakienne, humiliée par l'EI en 2014, mais aussi représenter un sérieux revers militaire pour l'organisation ultraradicale en isolant Fallouja, bastion jihadiste situé entre Ramadi et Bagdad. L'EI conserve toutefois le contrôle de Mossoul, la deuxième ville du pays, dont la reconquête semble encore au stade des préparatifs.

"La reprise de notre bien-aimée Mossoul sera atteinte avec la coopération et l'unité de tous les Irakiens après la victoire dans la ville de Ramadi", a assuré le 25 décembre le Premier ministre irakien Haider al-Abadi.
 
AFP/VNA/CVN
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