07/04/2018 14:35
Nouvel opus de Disney nature, actuellement en salles, Blue offre des images sublimes et inédites de la vie dans l’océan. Un film positif à dessein pour tenter de sensibiliser un large public à la beauté et à la fragilité de la nature.
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Affiche du film documentaire “Blue”.
Photo : Alvinet/CVN
Le film, réalisé par deuxvétérans du genre animalier, Keith Scholey et Alastair Fothergill, suit plusieurs personnages charismatiques dans l’onde claire, loin des plastiques ou des coraux blanchis par le réchauffement climatique : le dauphin Blue qui apprend à chasser au côté de samère, la baleine à bosse et son petit de quatre mètres, l’orque redouté.

Des images jamais vues tenant aussi bien à la patience (un an de tournage de la Polynésie au Mozambique ou aux Bahamas), qu’aux nouvelles technologies (drones, grues contrôlées à distance...).

Les caméras montrent la nuit, s’approchent au plus près des grands animaux comme des petits, et saisissent des scènes folles: un banc de requins lancé sur une colonie de mérous, des dauphins formant des “cercles de sable” pour piéger les poissons, une bataille de baleines mâles pour la femelle...

L’histoire, servie par la narration de Cécile de France, se concentre sur les merveilles de la nature, la transmission, l’apprentissage, la solidarité, l’interdépendance ou l’intelligence. Rien qui puisse heurter le spectateur, mêmes’il y a bien des rivalités, quelques prédateurs... Tout reste invariablement beauté et happy ends, même si le commentaire fait une rapide mention des pollutions, de la surpêche et du climat déréglé qui font aujourd’hui la réalité de l’océan.

Jean-François Camilleri, fondateur de Disney nature il y a dix ans, assume : “L’idée est de créer des expériences, de l’émerveillement, pour que le public, quelque soit l’âge, tombe +amoureux+ et ait envie d’agir” pour la nature. La filiale de Disney, qui a notamment produit Océans, Félins ou L’Empereur, veut être “un passeur entre les spécialistes, les scientifiques, et le grand public”. “Tout ne peutêtre noir, on estsur du cinéma de divertissement utile”,ajoute Jean-François Camilleri. “Mais tout ce qui se passeestréel, on ne travestit pas la réalité”, insiste-t-il. Nés en Chine,avant-dernier opus de Disneynature (2017), montraitbien la mort de la panthère des neiges.

“On s’identifie”

Comment sensibiliser au mieux aux enjeuxé cologiques? Le débat est récurrent. En 2009, le Syndrôme du Titanic, plaidoyer pour la planète du très populaire Nicolas Hulot, n’avait pas eu le succès escompté par son auteur, critiqué pour son catastrophisme. “Si l’on met en avant les drames, il est possible que le message soit moins bien”, assure pour sa part Jean-François Camilleri.

Les deux vétérans du genre animalier, Keith Scholey (gauche) et Alastair Fothergill, réalisateurs de Blue. Photo: AFP/VNA/CVN
On s’identifie à ces mammifères, aux relations parent-enfant... on a l’impression de se voir, et je pense que cela touche plus les gens”, estime Romain Troublé, président de la Fondation Tara, Association de défense de l’environnement qui, la première semaine d’exploitation, recevra un euro pour chaque place enfant vendue dans les cinémas CGR.

“Blue s’adresse d’abord à un jeune public”, ajoute-t-il. “Si je montre à monfils un film où une orque mange un baleineau, il ne parlera plus que de cela”, ce qui n’est pas le but. “L’océan, on n’enconnaît pas grande chose. Or, c’est un enjeu dont il faut qu’on arrive à parler”.

Le biologiste et ex-président du Muséum d’histoire naturelle, Gilles Boeuf, conseiller scientifique sur la narration française, approuve. “Le plus grand animal que la terreaitporté - la baleine - est encore avec nous, et on le massacre!”, s’indigne-t-il, rappelant que “la vie est née dans l’océan. Aujourd’hui par exemple des milliers de médicaments sont élaborés sur le modèle marin”.

AFP/VNA/CVN
 
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