29/06/2021 11:30
Au firmament en 2018, Didier Deschamps est tombé de haut à l'Euro avec une élimination en huitièmes devant la Suisse (3-3 a.p. 5-4 t.a.b.) lundi 28 juin, malgré un groupe constellé de stars. Un échec que le sélectionneur français doit "digérer" s'il veut briller au Qatar.
Le sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps, durant le match contre la Suisse à Bucarest, le 28 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN

Dans les grandes compétitions, la progression était constante depuis sa prise de fonction au sortir d'un Euro-2012 raté par son prédécesseur Laurent Blanc : quart de finale du Mondial-2014, avec une défaite 1-0 face aux Allemands futurs vainqueurs du tournoi, finale de l'Euro-2016 achevée sur un but du Portugal en prolongation (1-0 a.p.), puis le Graal atteint lors de la Coupe du monde gagnée contre la Croatie il y a trois ans en Russie (4-2).

Mais la peu renommée équipe de Suisse, victorieuse au soir de son 117e match sur le banc tricolore, a brisé le cercle vertueux dans lequel "DD" avait réussi à embarquer ses troupes.

"Aujourd'hui on est du mauvais côté, il faut l'accepter même si ça fait mal. Il faudra le temps de digérer mais c'est sans doute qu'on ne méritait pas plus", a déploré sur TF1 le sélectionneur.

Lucide, Deschamps avait prévu l'éventualité d'une désillusion : "C'est très, très difficile d'arriver au très haut niveau. Mais c'est encore plus difficile de s'y maintenir", prévenait-il avant l'Euro dans un entretien.

"Les autres nations travaillent et progressent aussi", rappelait l'ancien milieu de terrain qui avait imité en Russie le Brésilien Mario Zagallo et l'Allemand Franz Beckenbauer sacrés champion du monde comme joueur puis sélectionneur.

"Rappelé par la patrouille" 

Sa prudence affichée à cet instant n'allait pas à l'encontre d'une certaine sérénité.

Les trois défaites enregistrées depuis le Mondial contre les Pays-Bas, la Turquie et la Finlande (2-0 à chaque fois) pouvaient certes agir comme un rappel à l'ordre, mais elles ne faisaient pas naître dans son esprit la crainte d'un "jour sans" en grande compétition.

Le sélectionneur de 52 ans, sous contrat jusqu'en décembre 2022, n'a pas la mémoire courte. Car avant de devenir l'entraîneur à la longévité record sur le banc des Bleus, devant feu Michel Hidalgo, il a bien failli rendre son tablier plus tôt que prévu.

Deschamps était en effet placé sur un siège éjectable après le catastrophique barrage aller contre l'Ukraine (défaite 2-0) pour la Coupe du monde au Brésil, fin 2013 à Kiev.

Une équipe à son image 

Sans l'incroyable renversement au match retour (3-0), quatre jours plus tard au Stade de France, le tandem "n'aurait pas duré très longtemps", avouait le président de la Fédération Noël Le Graët, en décembre 2019 au moment de le prolonger.

Après cette sortie prématurée à l'Euro, Deschamps estime que son avenir "n'est pas la question".

Didier Deschamps s'adresse à Paul Pogba et ses joueurs durant la pause avant la prolongation du match contre la Suisse à Bucarest, le 28 juin. 
Photo : AFP/VNA/CVN

"Quand l'équipe de France gagne le mérite revient toujours aux joueurs, c'est toujours comme ça. Quand ça se passe moins bien c'est ma responsabilité, mais je suis avec eux, ils sont avec moi", a-t-il ajouté lundi 28 juin soir, en donnant rendez-vous en septembre pour les prochains matches de qualification au Mondial-2022.

Parfois perçu comme conservateur, obsédé par la victoire plus que par le beau jeu, l'ancien entraîneur de Monaco, la Juve et Marseille a façonné une équipe de France à son image : appliquée et assoiffée de victoires.

Il a aussi dû déployer de nouvelles ressources avant l'Euro afin de maintenir son équipe en alerte, sans que cela soit suffisant.

Ces derniers mois, il a ainsi testé des systèmes de jeu différents, comme celui à trois défenseurs centraux qui a montré ses limites lundi contre la Suisse.

Depuis le Mondial, il a aussi ouvert les portes de l'équipe de France à des nouveaux venus, qui sont passés sans trop s'arrêter (Tanguy Ndombélé, Eduardo Camavinga...) ou qui se sont imposés dans la rotation, comme Clément Lenglet, Marcus Thuram et surtout Jules Koundé qu'il a emmené à l'Euro.

Surtout, il a réalisé un énorme contre-pied en rappelant Karim Benzema, son ex-attaquant fétiche avec qui il s'était brouillé depuis cinq ans. Le retour inattendu de l'attaquant du Real Madrid était censé provoquer un électrochoc dans un groupe qui demandait peut-être à être secoué.

Mais la surprise du chef, cette fois, n'a pas marché, malgré les quatre buts de Benzema dans cet Euro.
 
AFP/VNA/CVN
 
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