30/03/2020 09:00
Les deux pays les plus endeuillés par le nouveau coronavirus, Italie et Espagne, affichaient toujours dimanche 29 mars de très lourds bilans et des hôpitaux surchargés, mais espéraient approcher enfin du pic de la pandémie, qui reste à venir pour les États-Unis, malgré plus de 130.000 cas déjà confirmés.
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Transporter un patient atteint de COVID-19, le 28 mars à New York. 
Photo : Xinhua/VNA/CVN

Faute de vaccin ou de traitement éprouvé contre la maladie de COVID-19, qui a fait plus de 33.000 morts sur la planète, plus de trois milliards de personnes sont toujours confinées, de gré ou de force.

Les États-Unis, qui comptent déjà le plus grand nombre de cas officiellement déclarés au monde, se préparent au pire.

L'un des conseillers du président Donald Trump, le Dr Anthony Fauci, spécialiste reconnu des maladies infectieuses, a évoqué dimanche 29 mars, sur la base des tendances actuelles, la possibilité d'un bilan final situé "entre 100.000 et 200.000" morts, contre près de 2.400 actuellement.

"Aucun État, aucune métropole ne sera épargné", a prévenu une autre conseillère de la Maison Blanche, la Dr Deborah Birx, alors que la progression de la pandémie s'accélérait dans le pays en dehors de son épicentre new-yorkais. 

Parmi les États les plus menacés : le New Jersey, la Floride, la Louisiane, le Michigan et l'Illinois, où un bébé de moins d'un an - une des plus jeunes victimes connues du COVID-19, qui épargne généralement les enfants - est décédé.

En Europe, où se concentrent deux tiers des décès enregistrés dans le monde, les autorités sanitaires espèrent en revanche approcher du pic de l'épidémie.

Entre les 28 et 29 mars, l'Espagne a tout de même enregistré 838 morts, nouveau record, pour le troisième jour consécutif, de décès en 24 heures, pour atteindre un bilan de 6.528.

Six mois 

"Notre problème fondamental en ce moment est de garantir que les unités de soins intensifs ne saturent pas", a résumé le directeur du Centre d'urgences sanitaires, Fernando Simon.

"Mon unité est totalement pleine, à cent pour cent. On ne peut plus admettre un malade de plus", a déclaré Eduardo Ferandez, infirmier dans une unité de soins intensifs à Madrid, lui-même en arrêt maladie après avoir été testé positif au SARS-CoV-2.

Une soignante en combinaison de protection teste un automobiliste, le 28 mars à Burgos en Espagne. Photo : AFP/VNA/CVN

L'Espagne a durci ses  règles de confinement en vigueur depuis la mi-mars, déjà parmi les plus strictes, en n'autorisant jusqu'à jeudi 9 avril que les activités économiques "essentielles", à savoir la santé, l'énergie et les transports.

En Italie, pays qui enregistre le record mondial de décès - 10.779 pour 97.689 cas recensés -, le confinement commence à produire des résultats encourageants après trois semaines.

"Dans tous les services d'urgences, on enregistre une réduction" des arrivées de patients, selon Giulio Gallera, responsable de la santé de la région septentrionale de Lombardie, la plus touchée.

En Sicile, des policiers sont positionnés devant les supermarchés pour prévenir tout pillage, depuis que des clients ont tenté de sortir sans payer d'une grande surface.

Confrontée à un afflux de malades dans les hôpitaux et à une pénurie de matériel qui s'annonce, la France (plus de 2.600 morts , dont 292 ces dernières 24 heures) a commandé un milliard de masques et compte presque tripler le nombre de lits affectés à la réanimation.

Un avion militaire allemand et un hélicoptère de l'armée française ont évacué vers l'Allemagne plusieurs patients de l'Est de la France, où les services de réanimation sont saturés.

L'épidémie s'accélère aussi au Royaume-Uni, avec désormais 1.228 morts pour quelque 20.000 cas confirmés.

"Nous savons que les choses vont s'aggraver avant qu'elles ne s'améliorent", a prévenu le Premier ministre Boris Johnson, lui-même contaminé, exhortant la population à respecter le confinement général instauré lundi soir 23 mars pour trois semaines.

Les autorités sanitaires ont également mis en garde contre une levée prématurée du confinement, estimant que la population risquait de ne pas retrouver une vie "normale" avant six mois.

En Allemagne, où le ministre des Finances d'un exécutif régional, "profondément inquiet" des répercussions de la pandémie sur l'économie, s'est suicidé, les groupes Adidas et H&M ont suscité l'indignation en annonçant vouloir cesser de payer les loyers de leurs magasins fermés.

Les Pays-Bas voisins, qui refusent pour l'heure de confiner leurs 17 millions d'habitants, annonceront mardi s'il continuent dans cette voie, après avoir franchi dimanche 29 mars la barre des 10.000 contaminations recensées, pour 771 décès.

"Mourir de faim

En Russie, dont les frontières seront bouclées à partir de lundi 30 mars, le maire de Moscou a annoncé dimanche 29 mars un confinement général de la population de la capitale.

Une rue désertée à Moscou.  Photo : Trân Hiêu/VNA/CVN

Les autorités iraniennes ont aussi demandé à la population de rester confinée, et ont prévenu que les restrictions de déplacement devraient être prolongées, alors que 123 décès supplémentaires ont été enregistrés en 24 heures dans le pays, l'un des plus touchés au monde, avec plus de 2.600 morts.

La Chine, où s'est déclarée la pandémie en décembre, a fermé depuis samedi 28 mars ses frontières à la plupart des étrangers et réduit drastiquement ses vols internationaux pour prévenir un retour du coronavirus via des cas "importés".

Dans les pays les plus pauvres, notamment en Afrique, les restrictions de déplacement et d'activité s'avèrent compliquées à mettre en oeuvre.

Au Zimbabwe, usé par deux décennies de crise économique et financière, le confinement de trois semaines à partir de lundi décrété par le président Emmerson Mnangagwa s'annonce particulièrement pénible pour ses 16 millions d'habitants.

"Peu de gens peuvent se payer un repas quotidien en temps normal", a souligné un résident de la capitale, Prince Gwanza. "J'ai peur que des gens meurent de faim lorsqu'ils seront isolés chez eux".

Un constat qui amène certains dirigeants du continent à renoncer à ce type de restrictions, considérées comme au-dessus des moyens de leur pays, à l'image du président béninois Patrice Talon : "Si nous prenons des mesures qui affament tout le monde, elles finiront très vite par être bravées et bafouées".

Le président nigérian Muhammadu Buhari a néanmoins ordonné dimanche soir  29 mars un confinement total des populations d'Abuja, la capitale fédérale, et de Lagos, mégalopole tentaculaire de 20 millions d'habitants, alors que les cas officiels d'infection au COVID-19 frôlent la centaine.

Pas de confinement en Angola, mais le pays a annoncé dimanche soir 29 mars ses deux premiers décès.

AFP/VNA/CVN

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