10/04/2020 08:56
Face au nouveau coronavirus qui continue de tuer implacablement dans un monde partiellement paralysé, la riposte économique s'est renforcée jeudi 9 avril aux États-unis mais aussi dans l'Union européenne, dont les dirigeants se sont enfin entendus sur une réponse commune d'envergure.
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Trois agents sanitaires soignent un patient atteint du COVID-19 dans l'hôpital ASST Papa Giovanni XXIII, le 3 avril en Italie. Photo : AFP/VNA/CVN

Plus de 93.000 personnes ont désormais succombé à la pandémie qui, selon la patronne du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, aura "les pires conséquences économiques depuis la Grande Dépression" de 1929. Mais le nombre de patients en réanimation a légèrement baissé en France, tout comme les hospitalisations dans les foyers américains du COVID-19, ce qui permet d'espérer un ralentissement de la spirale macabre dans un avenir pas trop lointain.

En l'absence de vaccin, le retour à la normale devra toutefois attendre et se fera probablement de manière graduelle, les autorités voulant à tout prix éviter une nouvelle vague d'infections. Les mesures de confinement, qui concernent plus de la moitié de l'humanité, ont pourtant un coût faramineux : des secteurs entiers de l'économie sont à l'arrêt, les échanges s'effondrent, le chômage s'envole. En conséquence, un demi-milliard de personnes risquent de tomber dans la pauvreté, selon l'ONG Oxfam.

"Les pauvres n'ont pas de revenus, encore moins d'économies. Mes enfants ne peuvent pas travailler, tout le monde a besoin d'aide", témoigne Maria de Fatima Santos, une habitante de la Cité de Dieu, une favela emblématique de Rio de Janeiro, au Brésil. Même dans la très prospère Californie, sur la côte ouest des États-Unis, le coronavirus coûte cher : tournages à l'arrêt à Hollywood, stades désertés, bars fermés... "Personne n'a de travail", "c'est la panique", se lamente un ingénieur du son, Zach Machtem, résumant l'anxiété des quelque 17 millions d'Américains qui ont perdu leur travail à cause de la pandémie.

"Solidarité européenne"

La Banque centrale américaine a frappé un grand coup jeudi 9 avril en annonçant 2.300 milliards d'USD de nouveaux prêts pour soutenir l'économie et celle-ci pourrait rebondir assez rapidement, selon les autorités.

En Europe, après d'âpres tractations, les ministres des Finances sont parvenus à trouver un accord incluant 500 milliards d'euros disponibles immédiatement et un fonds de relance à venir.

Pour Berlin, il s'agit d'un "grand jour pour la solidarité européenne". La question de la mutualisation de la dette, les "coronabonds" destinés à soutenir l'économie à plus long terme, qui divise les pays du Nord et du Sud, n'a toutefois pas été tranchée.

Dans le reste du monde, la majorité des pays n'ont pas les moyens américains ou européens et, pour la première fois en plus d'un quart de siècle, l'Afrique subsaharienne, particulièrement exposée, devrait entrer en récession en 2020, a prévenu la Banque mondiale (BM) qui craint également une "crise alimentaire" sur le continent.

Nombre de morts liés au coronavirus officiellement annoncés par pays, au 9 avril à 19h00 GMT. Photo : AFP/VNA/CVN

Au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, le confinement perturbe déjà les circuits de production agricoles. "À cause des restrictions de transport, il est difficile de s'occuper de nos poissons, et on les nourrit de manière irrégulière", déplore Wale Oni, un pisciculteur venu vendre ses produits sur un marché de Lagos. Et parfois "ils se mangent entre eux". Malgré le coût de ces mesures, l'Afrique du Sud, géant économique du continent, a prolongé de deux semaines l'appel à rester cloîtré chez soi.

"Aplatir la courbe"

Bien que la planète soit claquemurée, le virus poursuit sa course macabre et le monde se rapproche à grand pas de la barre des 100.000 morts. Avec plus de 18.000 décès, l'Italie est toujours le pays au monde comptant le plus de victimes. Les États-Unis occupent désormais la deuxième place de ce sinistre classement avec 16.000 morts, suivis de l'Espagne (plus de 15.000) et de la France (plus de 12.000). Épicentre de la pandémie aux États-Unis, l'État de New York a déploré près de 800 morts en 24 heures, son pire bilan sur une journée. Mais le nombre des hospitalisations n'a jamais été aussi bas depuis le début de la crise, a relevé son gouverneur Andrew Cuomo, ce qui lui a fait dire : "nous sommes en train d'aplatir la courbe".

L'Espagne, l'Italie et la France relèvent aussi une tendance à la baisse de la tension hospitalière. Partout, les autorités sanitaires appellent à ne pas relâcher les efforts pour autant. En Grande-Bretagne, 881 décès supplémentaires ont également été recensés en 24 heures. Petite bouffée d'air : le Premier ministre Boris Johnson, porteur du virus, a pu sortir des soins intensifs grâce à une amélioration de son état.

"Sentiment d'abandon"

Les soignants de tous les pays continuent de payer un lourd tribut à la pandémie : une centaine de médecins sont décédés en Italie. Au Royaume-Uni, un docteur qui avait sonné l'alarme sur le manque d'équipements de protection pour les soignants a succombé au virus.

Mais les professionnels de la santé poursuivent leur lourde tâche avec souvent un incroyable dévouement : "je n'ai pas peur d'être infectée, j'ai juste peur de ne pas pouvoir faire tout ce que j'ai à faire", confie une religieuse et médecin qui bataille contre la pandémie en Lombardie. Les pompes funèbres, également sur le pied de guerre, regrettent que leur travail soit moins valorisé. "On a un fort sentiment d'abandon. Les soignants ont eux une sorte de reconnaissance. Pour les masques et les combinaisons, on s'est débrouillés seuls. Les autorités n'ont pas pensé à nous", constate Jean-Christophe Saels, croque-mort à Bruxelles.

"Drive test" organisé le 9 avril sur un parking à Gateshead, dans le Nord de l'Angleterre. Photo : AFP/VNA/CVN

Les chauffeurs et livreurs d'Uber dans le monde pourront eux compter sur la plateforme de réservation en ligne qui a commandé des millions de masques et a commencé à les distribuer aux chauffeurs new-yorkais.

Sur la scène diplomatique, le Conseil de sécurité de l'ONU tentait jeudi 9 avril de surmonter ses divisions, notamment sino-américaines, lors d'une réunion en visioconférence consacrée au COVID-19. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, l'a exhorté à se montrer uni face à la pandémie, soulignant qu'il s'agissait "du combat d'une génération - et la raison d'être des Nations unies elles-mêmes".

AFP/VNA/CVN

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