10/10/2020 07:57
Le changement climatique représente un défi majeur auquel le monde se confronte. Afin de limiter ses impacts, la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans la vie quotidienne ou dans les activités de production est nécessaire et encouragée.
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L’enfouissement ou l’incinération des déchets provoquent la pollution de l’eau et de l’air.
Photo : Hoàng Hùng/VNA/CVN

Environ 70% du volume de déchets solides au Vietnam sont enfouis dans des décharges. Cette méthode de traitement coûte beaucoup en surface et donc en foncier en plus de faire présenter un sérieux risque de pollution de l’eau et de l’air, affectant fortement la santé des habitants qui vivent à proximité de ces décharges.

Il s’agit également d’une importante source d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Les GES sont des gaz qui absorbent une partie des rayons solaires en les redistribuant sous forme de radiations au sein de l’atmosphère terrestre, phénomène appelé effet de serre.

Plus d’une quarantaine de GES ont été recensés, parmi lesquels figurent la vapeur d’eau (H2O), le dioxyde de carbone (CO2), le Méthane (CH4), l’Ozone (O3)… Les GES peuvent être notamment issus de l’enfouissement et de l’incinération des déchets solides, de la combustion des énergies fossiles (pétrole, charbon) comme du traitement et du rejet des eaux usées.

Le Département des sciences, des technologies et de l’environnement, relevant
du ministère de la Construction, a mené une étude sur le traitement des déchets solides pendant la période 2014-2017 qui montre que l’enfouissement des déchets solides est une méthode particulièrement nocive et inefficace du point de vue environnemental.

En 2014, la quantité des émissions de CO2 s’est élevée à environ 7,1 millions de tonnes dont les activités d’enfouissement des déchets solides représentaient 6,5 millions de tonnes, soit 93% du volume total. En 2017, parmi les 9,1 millions de tonnes de CO2 émis dans l’atmosphère, l’enfouissement des déchets en représentait 8,1 millions.

Pourtant, selon l’étude, la production d’électricité au Vietnam pourrait bénéficier de 200 MW supplémentaires à partir de l’incinération de 200 à 400 tonnes de déchets ménagers par jour, cette combustion pouvant en plus réduire le volume d’émissions de GES de 60% par rapport à la méthode d’enfouissement.

Tarification du carbone

 
La tarification du carbone permet de mettre en place le principe du pollueur-payeur pour les gaz à effet de serre. 
Photo : Trong Lich/VNA/CVN

Pour réduire les émissions de GES provoquées par l’enfouissement des déchets, Luu Minh Huong, du Département des sciences, des technologies et de l’environnement, a recommandé aux provinces et villes de moderniser leurs technologies de traitement des déchets. Selon elle, la réduction des émissions de GES et l’assurance des objectifs de développement socio-économique sont des questions qui se posent pour tous les pays.

Les mesures choisies doivent aider non seulement les pays à réaliser leurs engagements internationaux sur la réduction des émissions de GES mais aussi à maintenir la sécurité énergétique et alimentaire ainsi que le bien-être social.

Ce problème ne peut être résolu que lorsque les pays disposent d’une bonne orientation dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il faut ainsi déterminer les sources d’émissions principales et les facteurs affectant le volume d’émissions de GES pour trouver et proposer les politiques adaptées. En dehors de la sensibilisation des habitants et le renouvellement des technologies dans la gestion et le traitement des déchets, la tarification du carbone est une mesure incitative actuellement étudiée par le Vietnam.

La tarification du carbone permet de mettre en place le principe du pollueur-payeur pour les gaz à effet de serre, couramment sous la forme d’une taxe carbone ou encore d’une obligation d’acheter des permis de polluer, plus connus sous les noms de système de plafonnement et d’échange de droits d’émission ou de système d’échange de quotas d’émission. 

Le Dr. Truong Duc Tri, directeur adjoint du Département du changement climatique, relevant du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement, reconnaît que la tarification du carbone offrira de nouvelles opportunités aux investisseurs et aux entreprises d’acheter et de vendre des crédits-carbone tout en créant de nouvelles orientations dans la protection de l’environnement.

Ainsi, en plus de l’objectif de réponse au changement climatique, la tarification du carbone contribue à protéger l’environnement et à encourager le renouvellement des technologies pour une croissance économique plus sobre en carbone. Pourtant, le choix d’une méthode de tarification conforme au contexte de chaque pays est très important pour son développement durable. Il faut notamment adopter un ensemble d’outils et de mesures comme l’élaboration, la publication d’un système de recensement et de surveillance des émissions de GES, afin de tarifer, former, et développer le marché du carbone. Il est également nécessaire de fixer au préalable les lignes directrices de réduction des émissions de GES pour chaque secteur et d’évaluer les opportunités et impacts pour l’économie, la société et l’environnement.

 
 
Réduction des émissions de gaz à effet de serre
 
Une réunion de bilan de la deuxième phase (FCPF-2) du Projet d’"Assistance aux préparatifs pour la mise en œuvre du programme REDD+" (réduction des émissions de gaz à effet de serre) a récemment eu lieu à Hanoï. Ce projet, mis en œuvre de novembre 2016 au 30 juin 2020 à Hanoï et dans six provinces, a mobilisé un investissement de près de 5,7 millions d’USD, dont 5 millions d’aide non remboursable proviennent du Forest Carbon Partnership Fund (FCPE), confié par l’intermédiaire de la Banque mondiale (BM). Le projet a pour but d’améliorer la capacité institutionnelle et technique des agences concernées de Hanoï et des six provinces mentionnées dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. REDD+ est une initiative internationale visant à fournir une assistance financière et technique aux pays en développement dans le but de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et de contribuer à l’atténuation du changement climatique. Le Vietnam participe au programme REDD+ depuis 2008 et à ce jour, plus de 45 projets ont été mis en œuvre.
 

Huong Linh/CVN

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