21/01/2021 09:12
Pour combattre le changement climatique, le président Joe Biden a signé mercredi 20 janvier un décret actant le retour des États-Unis dans l'accord de Paris sur le climat, et mis un coup d'arrêt à la construction d'un oléoduc contesté, au risque de froisser ses relations avec le Canada.

>>Le président Biden marque la rupture avec Trump à son arrivée à la Maison Blanche
 

Le président Joe Biden signe une série de décrets dont le retour des États-Unis dans l'accord de Paris sur le climat, à la Maison Blanche, le 20 janvier.
Photo : AFP/VNA/CVN


"Nous allons combattre le changement climatique comme nous ne l'avons jamais fait jusqu'ici", a déclaré Joe Biden depuis le Bureau ovale quelques heures seulement après sa prise de fonctions.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a "chaleureusement" salué cette annonce, appelant le nouveau président américain à proposer de nouveaux objectifs climatiques "ambitieux".

"Welcome back", a commenté de son côté le président français Emmanuel Macron félicitant M. Biden après son investiture.

Après quatre ans de présidence Trump, les experts estiment qu'il incombe aussi au démocrate de restaurer la crédibilité des 
États-Unis sur la scène internationale, en affichant des objectifs concrets sur la manière d'atteindre la neutralité carbone dès 2050.

Pour cela, Joe Biden prévoit de réunir les dirigeants des nations les plus polluantes pour un sommet où il entend convaincre ces pays de revoir à la hausse leurs engagements.

"Il est important que les 
États-Unis montrent qu'ils sont déterminés, et notamment chez eux", juge David Waskow, du World Resources Institute, un institut qui plaide pour que l'Amérique fixe une réduction de 45 à 50 % des émissions totales de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005.

La nouvelle administration prévoit ainsi d'imposer des limites strictes en matière de méthane pour les nouvelles infrastructures pétrolières et gazières, a indiqué à Vox un porte-parole de l'équipe de transition du président élu, Jamal Brown.

Et si John Kerry représentera l'Amérique dans les négociations internationales sur le climat, les affaires intérieures seront menées par Gina McCarthy, première conseillère nationale sur l'environnement.

Il existe de nombreuses mesures à la portée du démocrate pour effacer les dommages environnementaux causés par son prédécesseur.

 


Joe Biden peut notamment rétablir la série de réglementations environnementales annulées par Donald Trump - des normes d'émissions des voitures à la pollution atmosphérique industrielle, tout en dévoilant de nouvelles normes comme la protection de 30% des terres et des eaux américaines d'ici 2030.

Économie verte 

Le président démocrate présentera au Congrès le mois prochain son plan de 2.000 milliards d'USD pour le climat, censé placer durablement les mesures vertes au coeur de l'économie américaine.

Il promet "de faire face à la crise climatique, de construire une économie basée sur l'énergie propre, de s'attaquer à l'injustice environnementale et de créer des millions d'emplois syndicaux bien rémunérés". Ces mesures sont très similaires au "Green new deal" préconisé par la frange progressiste du parti démocrate.

C'est là que les choses risquent de devenir plus délicates : le parti démocrate n'exercera qu'un contrôle très mince sur le Sénat et risque d'être confronté à des levées de boucliers.

"Le défi sera de rallier les républicains à un projet d'infrastructure d'énergie propre qui pourrait considérablement réduire les émissions américaines", analyse auprès de l'AFP Paul Bledsoe, conseiller climatique de l'ancien président Clinton, aujourd'hui au Progressive Policy Institute.

Mais intégrer pleinement l'action climatique à la manière dont l'économie est construite est ce qui en fera un programme "durable", juge M. Waskow.

Les défis politiques et techniques sont importants, et M. Biden sera soumis à des pressions pour ne pas réduire trop rapidement les combustibles fossiles, en particulier le gaz naturel, qui a aidé les 
États-Unis à réduire leurs émissions pendant une décennie et qui est considéré comme une énergie de transition essentielle.

Mais il arrive aussi à un moment où le changement climatique est reconnu à un niveau record et où le public américain est désireux d'agir.

Un sondage mené après l'élection et publié la semaine dernière par un programme de l'université Yale a révélé qu'une majorité des électeurs des deux partis soutenait les politiques visant à réduire la pollution au carbone et à promouvoir les énergies propres.

Plus de la moitié estime que le réchauffement climatique doit être une priorité importante, voire très importante pour le président et le Congrès, tandis que deux tiers voient dans le développement de sources d'énergie propre une priorité élevée ou très élevée.

AFP/VNA/CVN

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