19/04/2021 23:20
Joe Biden espère donner un coup de fouet à la lutte contre le changement climatique en organisant un sommet international marquant le jour de la Terre, mais une question préoccupe les participants : peut-on encore faire confiance aux États-Unis ?

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Joe Biden à la Maison Blanche, le 2 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN


L'Accord de Paris et le protocole de Kyoto, les deux plus grands textes internationaux sur le climat, sont nés d'intenses efforts de la diplomatie américaine mais ont finalement été écartés à l'arrivée de nouveaux occupants à la Maison Blanche - George W. Bush et Donald Trump - qui n'en voulaient plus.

Cette fois, les 
États-Unis sous Joe Biden visent haut, et veulent aller vite.

"C'est un événement que le président Biden a décidé seul d'organiser. Cela ne lui a pas été imposé. Nous pouvons donc nous attendre à ce qu'il veuille démontrer au reste du monde que les 
États-Unis peuvent, et vont mener" la lutte contre le changement climatique, estime Alice Hill, analyste du centre de réflexion Council on Foreign Relations et ancienne conseillère de Barack Obama.

"Bien entendu, il y a ce nuage qui plane sur tout le sommet: la question est de savoir si les 
États-Unis sont véritablement de retour sur le long terme", ajoute-t-elle. "C'est sans doute la question que j'entends le plus souvent : +Comment pouvons-nous faire confiance aux États-Unis ?+".

Dans un entretien accordé à l'AFP, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a fait écho à ces doutes : "L'engagement montré par les 
États-Unis après des années loin de la table des négociations sur le climat est quelque chose qu'effectivement, les gens vont observer de près pour s'assurer qu'ils sont sérieux, qu'ils sont engagés".

"Rattraper le temps perdu" 

"Le monde est convaincu que les 
États-Unis sont de retour et font tout pour rattraper le temps perdu pendant les années Trump", remarque Alden Meyer, un responsable du think tank E3G et observateur de longue date des négociations sur le climat.
 

Un ours polaire au Svalbard, en Norvège, en 2013.
Photo : AFP/VNA/CVN


"Est-ce que Trump ou quelqu'un comme Trump pourrait revenir en 2024 ? C'est évidemment une possibilité et tout le monde l'a en tête", poursuit-il. Mais, selon lui, l'administration Biden semble déterminée à "verrouiller" ses objectifs de baisse des émissions. Et à faire des émules.

Lors de sa visite à la Maison Blanche vendredi 16 avril, le chef du gouvernement japonais Yoshihide Suga a promis de fixer de nouveaux objectifs plus ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2030 pour son pays, cinquième plus grand pollueur mondial.

Le président brésilien Jair Bolsonaro, un allié de Donald Trump, a lui promis, avant le sommet, de respecter l'engagement de son pays à arrêter toute déforestation illégale d'ici 2030, bien que les défenseurs de l'environnement restent sceptiques.

L'émissaire américain pour le climat John Kerry, qui avait négocié l'accord de Paris de 2015, affiche aussi sa volonté de coopérer avec les adversaires de Washington sur les défis planétaires, en arguant que le contraire reviendrait à "se tuer".

Avant la sommet international, il s'est ainsi rendu en Chine, le premier pollueur mondial, malgré les tensions entre Washington et Pékin sur de nombreux autres sujets. Il y a publié un communiqué commun avec son homologue chinois Xie Zhenhua où les deux capitales "s'engagent à coopérer" sur le dossier climatique.

M. Kerry s'est également brièvement entretenu sur le climat avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, lorsque tous deux étaient dans un même hôtel à New Delhi, selon un responsable américain.

Avec le sommet international, Joe Biden et John Kerry veulent aussi préparer la grande conférence climat COP26 prévue à Glasgow, en Écosse, en novembre.


AFP/VNA/CVN

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