01/10/2020 09:48
Au lendemain d'un premier débat cacophonique contre Donald Trump, le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden est reparti mercredi 30 septembre en campagne, comme satisfait d'avoir tenu tête aux attaques du président.
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Le candidat démocrate à la présidentielle américaine Joe Biden, à Cleveland, le 30 septembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Malgré les 90 minutes de désordre en direct devant des dizaines de millions d'Américains, le camp démocrate semblait rassuré par la prestation de son candidat de 77 ans qui, sans s'asseoir ni prendre de pause selon les règles de l'émission, a montré qu'il n'était pas l'"endormi" si souvent raillé par Donald Trump, 74 ans.

L'ancien vice-président de Barack Obama (2009-2017) a tenté de capitaliser sur le débat dès mercredi matin 30 septembre, avant de partir sillonner en train l'Ohio et la Pennsylvanie, terres industrielles où lui-même a ses racines (Scranton).

"En quatre ans de présidence, il n'a pas tenu sa promesse, il a oublié les +Américains oubliés+ qu'il avait promis de défendre", a dénoncé le démocrate depuis la gare de Cleveland.

"Gardez la foi, nous sommes de retour", a-t-il lancé.

Depuis Washington, où il est rentré dans la nuit, le président faisait un bilan rageur du débat sur Twitter avant un meeting le soir dans le Minnesota. Il a dépeint son adversaire comme une menace pour le secteur énergétique, l'emploi, le droit au port d'armes et la "loi et l'ordre". "Il détruira notre pays! Votez maintenant USA."

"Film d'horreur", "pire débat de l'histoire", "fiasco", "shitshow" (bordel) : les commentateurs n'avaient pas de mots assez durs pour décrire l'émission télévisée de la veille, un débat sans vrai débat d'idées, au point que certains ont appelé à l'annulation des deux autres prévus en octobre.

"Le summum du divertissement", a tweeté le rappeur 50 Cent.

Résultats des élections présidentielles américaines (votes du collège électoral) de 1984 à 2016.
Photo : AFP/VNA/CVN

"C'était le débat présidentiel le plus chaotique et agressif de notre histoire", dit Mitchell McKinney, professeur à l'université du Missouri et spécialiste de ces rendez-vous inaugurés en 1960. "L'image donnée par Donald Trump fut celle d'un président irascible. Joe Biden a évité de faire des gaffes ou de trébucher, ce qui aurait alimenté l'idée promue par Trump qu'il est trop vieux ou pas assez en forme pour être président."

À chaque débat télévisé, des sondages express sont réalisés par des médias pour savoir qui a "gagné". Selon une telle enquête de CBS, Joe Biden l'aurait légèrement emporté mais 69% des spectateurs se sont surtout dits "agacés". Il faut aussi rappeler qu'en 2016, Hillary Clinton avait été déclarée largement gagnante de ses trois débats contre Donald Trump, ce qui relativise l'importance de ces duels...

La différence avec 2016 est que le candidat démocrate, contrairement à Mme Clinton, a pu s'appuyer sur les quatre ans du bilan du président sortant, et Joe Biden n'a pas manqué de rappeler les 200.000 morts de la pandémie de COVID-19 : "Nous avons 4% de la population mondiale et 20% des morts"... "Il a paniqué."

L'ancien vice-président l'a qualifié de "pire président que l'Amérique ait jamais eu", de "clown". "Tout le monde sait que c'est un menteur", a-t-il asséné.

Suprémacistes 

"Il n'y a rien d'intelligent en vous", a de son côté martelé Donald Trump qui, en mauvaise posture dans les sondages, espérait un faux pas de son rival qui n'a pas eu lieu, bien que Joe Biden ait bredouillé à plusieurs reprises.

Mâchoire serrée, le dirigeant, qui brigue le 3 novembre un second mandat de quatre ans, s'est efforcé de dépeindre le démocrate comme une marionnette de la "gauche radicale", que ce soit sur la santé, la sécurité ou le climat.

Donald Trump lors du débat présidentiel du 29 septembre 2020 contre Joe Biden.
Photo : AFP/VNA/CVN


Le républicain s'est attiré de vives critiques pour sa réponse trouble lorsque le modérateur du débat lui a demandé s'il était prêt à condamner les suprémacistes blancs.

"OK Proud Boys, reculez et tenez-vous prêts", a répondu Donald Trump.

Le groupe d'extrême-droite Proud Boys, fondé en 2016, est lié à plusieurs épisodes de violences contre des manifestants antiracistes.

Les deux autres débats présidentiels sont prévus les 15 et 22 octobre. La semaine prochaine, leurs colistiers, le vice-président Mike Pence et la sénatrice démocrate Kamala Harris, débattront ensemble.

AFP/VNA/CVN

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