29/09/2018 15:41
Le nombre d'interruptions volontaires de grossesse (IVG) est stable depuis 15 ans en France, mais au pays de Simone Veil, les obstacles restent nombreux pour les femmes qui veulent exercer leur droit à l'avortement.

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Le nombre d'interruptions volontaires de grossesse (IVG) est stable depuis 15 ans en France.
Photo: AFP/VNA/CVN


C'est un fait établi: "une femme sur trois aura recours à un avortement au cours de sa vie", rappelle Véronique Séhier, coprésidente du Planning familial.

L'an dernier, 216.700 IVG ont été réalisées dans l'Hexagone, quasiment le même nombre qu'en 2001, quand le délai légal est passé de 10 à 12 semaines de grossesse.

Mais 43 ans après la légalisation de l'avortement, il y a encore selon Mme Séhier "des territoires en difficulté", où cet acte médical relève d'un parcours de combattante.

Ainsi, dans la Sarthe, l'hôpital du Bailleul a dû interrompre son activité d'orthogénie en janvier, après que trois médecins ont fait valoir leur "clause de conscience", qui leur permet de refuser de faire des IVG. Après l'intervention du gouvernement, la reprise était prévue début octobre.

Ce cas n'est pas isolé, mais "il est impossible d'avoir des chiffres sur la clause de conscience, car ils n'existent pas", déplore Anne-Marie Curat, présidente de l'Ordre des sages-femmes.

"Les médecins qui ne veulent pas en faire sont toujours les mêmes", rétorque Andrée Parrenin, vice-présidente de l'Ordre des médecins.

Un "état des lieux" chiffré de l'accès à l'IVG, commandé la semaine dernière par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, devrait permettre de savoir si le nombre de médecins faisant valoir la clause de conscience est en augmentation.

Emmenés par l'ancienne ministre des droits des Femmes Laurence Rossignol, les sénateurs socialistes ont déposé vendredi, journée mondiale du droit à l'avortement, une proposition de loi relative à la suppression de cette clause en matière d'IVG.

La secrétaire d’État à l’Égalité femmes/hommes, Marlène Schiappa, a dit de son côté qu'elle n'y était "pas favorable": lorsqu'un gynécologue est contre l'avortement, "en tant que femme (...) je préfère qu'il ne pratique pas d'avortement sur moi".

En soirée, plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées place de la Bastille à Paris à l'appel d'un collectif d'associations réclamant la fin de la clause de conscience, "qui entrave le droit des femmes à avorter", a constaté une journaliste de l'AFP.

Au-delà de la réticence du praticien, c'est parfois l'absence de médecin qui complique les choses.

"C'est un équilibre précaire. Il suffit qu'un médecin prenne sa retraite ou parte en congé", constate Mme Séhier, sur la foi des 26.000 appels annuels au numéro vert national "aide avortement" (0.800.08.11.11).

Elle évoque les cas récents des hôpitaux de Longjumeau (Essonne), Aubenas (Ardèche) et Fougères (Ille-et-Vilaine), qui ont dû réduire ou arrêter temporairement les IVG.

AFP/VNA/CVN

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