12/05/2021 10:02
Les généreuses allocations chômage versées aux États-Unis pour face à la pandémie ont permis à des millions de familles de rester à flot, mais elles font désormais polémique, au point que certains États républicains les ont supprimées et que Joe Biden a rappelé qu'elles seraient retirées aux chômeurs ayant refusé un emploi.
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Joe Biden à la Maison Blanche, le 10 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN 

Les républicains fustigeaient depuis un moment ces aides accordées par le gouvernement fédéral, notamment les 300 USD hebdomadaires supplémentaires accordés à tous les chômeurs, arguant qu'elles incitent à rester à la maison plutôt qu'à chercher un travail.

Le très décevant rapport sur l'emploi leur a donné vendredi 7 mai un levier supplémentaire, alors que 266.000 emplois seulement ont été créés en avril, et non un million comme attendu.

Ces aides "étaient peut-être nécessaires en mai l'année dernière, mais ne le sont plus en mai cette année", a ainsi affirmé le gouverneur républicain de l'État du Mississippi, Tate Reeves, lundi 10 mai sur son compte Facebook.

Il a donc décidé qu'il était temps d'y mettre fin, rejoignant l'Alabama, l'Arkansas, le Montana, la Caroline du Sud, et l'Iowa, qui tous les ont réduites ou supprimées.

Chaque État du pays fixe la durée et le montant des allocations, mais dans le cadre du dernier plan de relance adopté au Congrès et signé par Joe Biden elles avaient été prolongées pour tous jusqu'à fin août, y compris pour ceux qui ont épuisé leurs droits, et étendues notamment aux travailleurs indépendants.

Tout cela sera supprimé dans l'Alabama à partir du 19 juin, a annoncé lundi 10 mai Kay Ivey, la gouverneure de cet État du Sud, évoquant des aides qui "contribuent à une pénurie de main d'œuvre qui compromet la reprise économique en cours".

Un livreur Amazon, le 2 février à Hawthorne, en Californie.
Photo : AFP/VNA/CVN

Retour donc au schéma habituel pour les chômeurs de l'Alabama : allocation versée pendant 26 semaines maximum (un peu moins de cinq mois), à hauteur de 275 USD par semaine tout au plus.

La puissante Chambre de commerce américaine avait appelé vendredi 7 mai à supprimer les 300 USD supplémentaires, indiquant que selon ses analyses, cela conduit environ "un bénéficiaire sur quatre à toucher plus grâce au chômage qu'en travaillant".

"Filet de sécurité" 

Mais le président américain démocrate Joe Biden assure que le lien entre ces aides et la pénurie de travailleurs n'est pas si évident. Pas question, donc, de réduire la voilure à l'échelle du pays. Les États qui le souhaitent pourront continuer à aider leurs chômeurs.

Il manque toujours 8 millions d'emplois, par rapport à avant la pandémie, "et pour beaucoup de ces personnes, les allocations chômage sont un filet de sécurité", a-t-il souligné lundi 10 mai depuis la Maison Blanche.

"Les gens qui prétendent que les Américains ne travailleront pas, même s'ils trouvent une bonne et juste opportunité, sous-estiment le peuple américain. Nous allons donc insister pour que la loi soit respectée (...) mais nous n'allons pas tourner le dos à nos compatriotes".

Gare donc à ceux qui profiteraient de la générosité des pouvoirs publics, a averti le président américain.

"La loi est claire: si vous touchez une allocation chômage et que l'on vous offre un emploi convenable, vous ne pouvez pas refuser cet emploi et simplement continuer à toucher le chômage", a-t-il assuré, concédant "quelques exceptions liées au COVID-19". Les Américains sont en effet loin d'être tous vaccinés et beaucoup doivent encore s'occuper de leurs enfants dont l'école ne les accueille toujours pas à temps plein.

Recherche active d'emploi exigée 

Une étude publiée par l'université du Massachusetts en février n'avait pourtant fait état d'"aucun élément" montrant "un impact notable" du montant des allocations chômage sur les embauches.

D'autant plus que les quelque 16,6 millions d'Américains qui touchaient toujours une aide début avril doivent montrer patte blanche pour continuer à en bénéficier, et prouver qu'ils recherchent activement un emploi.

Mais les entreprises déplorent depuis plusieurs mois des difficultés de recrutement, et indiquent qu'elles sont contraintes de proposer des salaires plus élevés pour attirer les travailleurs.

"Les patrons de petites entreprises voient une hausse des ventes mais sont contraints par un manque de travailleurs", souligne Bill Dunkelberg, chef économiste de la Fédération nationale des entreprises indépendantes (NFIB), dans un communiqué publié mardi 11 mai.

Le constat est le même pour les grandes entreprises. La chaîne de restauration rapide Chipotle a par exemple annoncé lundi 10 mai qu'elle augmentait le salaire minimum à l'embauche, désormais compris entre 11 et 18 USD par heure.

L'État du Montana, dans le nord-ouest, offre lui 1.200 USD aux chômeurs qui acceptent un emploi.
 
AFP/VNA/CVN
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