26/02/2020 22:59
Le constructeur automobile français PSA, en cours de fusion avec Fiat Chrysler, a enregistré un bénéfice net record en 2019, en hausse de 13,2% à 3,2 milliards d'euros, malgré la baisse du marché automobile mondial, et va en faire profiter ses salariés et ses actionnaires.
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Le président du directoire de PSA, Carlos Tavares, à Francfort.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le groupe aux cinq marques (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall) a également publié un chiffre d'affaires record, à 74,7 milliards d'euros (+1%), et une marge opérationnelle historique, parmi les plus élevées du secteur, à 8,5% des ventes tant pour l'ensemble du groupe (+0,8 point) que pour la seule division automobile (+0,9 point).

Ces performances contrastent avec la situation du rival français Renault qui a annoncé le 14 février envisager des fermetures d'usines dans le cadre d'un vaste plan d'économies après avoir enregistré sa première perte nette en dix ans (-141 millions d'euros).

Le président du directoire de PSA, Carlos Tavares, a annoncé dans la foulée de ces bons résultats une augmentation des primes pour les salariés, avec notamment 4.100 euros, soit deux mois et demi de salaire, pour les plus bas revenus, inférieurs à deux fois le SMIC. "Les résultats records (...) nous permettent de faire en sorte que les primes d'intéressement et de participation soient en augmentation", a-t-il déclaré sur RTL. Les actionnaires se voient aussi récompensés avec un dividende porté à 1,23 euros par action, contre 0,78 euros en 2018.

Le redressement de la filiale allemande Opel s'est confirmé l'an dernier. La marge opérationnelle d'Opel/Vauxhall a atteint 1,1 milliard d'euros, soit 6,5% des ventes, alors que le groupe s'était fixé un objectif de 6% à l'horizon 2026.

Les réductions de coût payent

Il s'agit de la deuxième année record consécutive pour le constructeur qui tire les bénéfices d'une stratégie centrée sur les ventes rentables au détriment des volumes. Grâce à d'importantes réductions de coûts, PSA a abaissé son point mort, c'est à dire le nombre de véhicules à partir duquel il commence à gagner de l'argent. Ce seuil est passé de 2,6 millions d'unités en 2013 à seulement 1,8 million l'an passé. PSA avait publié en janvier des ventes en recul de 10% sur 2019, à près de 3,5 millions de véhicules.

Le groupe souffre de son échec en Chine, où il est devenu un acteur marginal avec à peine 0,5% du marché après des années de dégringolade. Le business chinois a amputé de 700 millions d'euros les bénéfices de l'an dernier. PSA a annoncé des mesures de réduction des coûts pour redresser la situation. En revanche, la fin de l'activité en Iran, imposée par les sanctions américaines, n'a eu aucun impact financier car elle n'était pas consolidée.

PSA a notamment profité ces dernières années de ses modèles à succès, notamment le Peugeot 3008, à Saint-Arnoult dans les Yvelines.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le constructeur écoule désormais 90% de sa production en Europe, région où il est solide numéro deux derrière l'allemand Volkswagen. Cette dépendance au marché européen peut inquiéter sur les perspectives de croissance. Mais à court terme, contrairement à ses concurrents allemands, le constructeur est immunisé contre le recul du marché chinois enclenché depuis un an et demi, et qui pourrait s'aggraver avec l'épidémie de Covid-19.

Modèles à succès

PSA a notamment profité ces dernières années de ses modèles à succès, notamment les SUV (4X4 de loisir) Peugeot 3008 et 5008, et en 2019 du SUV C5 Aircross de Citroën. Les nouvelles citadines Peugeot 208 et Opel Corsa devraient soutenir la rentabilité en 2020. Le groupe s'estime prêt à respecter dès cette année le seuil moyen d'émission de CO2 de 95 grammes par kilomètre. Tous les nouveaux modèles lancés sont désormais dotés d'une version électrifiée (hybride ou 100% électrique) et la totalité de la gamme sera électrifiée d'ici à 2025.

"Nous sommes impatients d'entrer dans une nouvelle ère avec le projet de fusion avec Fiat Chrysler (FCA)", a souligné par ailleurs M. Tavares. PSA entend redresser les activités européennes de FCA comme il l'a fait avec Opel. Et le nouvel allié italo-américain devrait fortement faciliter le projet de retour de Peugeot aux États-Unis.

Ensemble, PSA et FCA doivent former le numéro 4 mondial du secteur, avec près de 170 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 8,7 millions de ventes annuelles en 2018. FCA contrôle notamment les marques Fiat, Alfa Romeo, Chrysler, Dodge, Jeep, Lancia et Maserati.

AFP/VNA/CVN

 

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