05/06/2021 19:00
Le gouvernement français a annoncé vendredi 4 juin un audit du réseau et des services d'Orange après la gigantesque panne des numéros d'urgence,  et la justice va enquêter sur la cause de plusieurs décès survenus lors de cet incident, dont celui d'un enfant de 28 mois en Vendée.
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Un centre d'appel des pompiers à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

Un audit "de contrôle de la sécurité et de l'intégrité du réseau et des services d'Orange" va être lancé, a annoncé vendredi 4 juin  le ministère de l'Intérieur, qui a fermé la cellule interministérielle de crise ouverte mercredi 2 juin. "Une surveillance renforcée restera cependant en place autant que nécessaire", a ajouté le ministère. Les conclusions de cet audit, piloté par l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information (ANSSI), sont attendues dans un délai de deux mois. Contacté par l'AFP, Orange a indiqué qu'il "collaborera" à cet audit.

"La situation est redevenue sous contrôle au moment où je m'exprime", avait assuré dans la matinée le Premier ministre Jean Castex, après avoir présidé la cellule interministérielle de crise. "Nous déplorons des victimes qui sont susceptibles d'avoir été causées par ce grave incident", avait ajouté Jean Castex, en précisant qu'il se prononçait "sous réserve évidemment de ce que diront les enquêtes, notamment les enquêtes judiciaires qui sont ouvertes". Les quatre décès suspects évoqués par le Premier ministre ont été constatés dans le Morbihan, en Haute-Saône, en Vendée et sur l'île de la Réunion.

Un cinquième s'est ajouté vendredi 4 juin en fin d'après-midi dans les Bouches-du-Rhône, avec l'annonce d'une enquête administrative de l'Agence régionale de santé de Paca sur le décès d'une patiente à son domicile, dans la nuit de mardi 1er juin à mercredi 2 juin. Aucune enquête judiciaire n'a encore été ouverte sur ce cas. Mercredi soir 2 juin, les numéros 15 (SAMU), 17 (police), 18 (pompiers) et 112 (numéro européen unique) ont été inaccessibles ou très difficilement accessibles partout en France, forçant les personnes à renouveler leur appel ou à utiliser des lignes directes à 10 chiffres mises en place dans l'urgence par les autorités.

Enquêtes judiciaires et administratives

En Vendée, un enfant de 28 mois est décédé jeudi matin 3 juin au domicile familial. Sa mère n'avait pas réussi à joindre à temps les services de secours. Le parquet de la Roche-sur-Yon a ouvert vendredi 4 juin une enquête pour "recherche des causes de la mort". Selon le directeur de l'Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire, Jean-Jacques Coiplet, la mère de l'enfant avait tenté "pendant une heure de joindre sans succès le 18 puis le 15" avant le premier appel reçu par le Samu à 08h21.

À Vannes, le parquet de Vannes a lui aussi ouvert une enquête, jeudi 3 juin, "en recherche des causes de la mort", après le décès d'un homme de 63 ans à l'hôpital de Vannes mercredi soir 2 juin. Originaire du pays d'Auray, il est décédé d'un arrêt cardio-vasculaire après avoir été conduit à l'hôpital par sa conjointe, qui n'avait pas pu contacter les services de secours.

Un troisième cas, cette fois en Haute-Saône, a conduit le procureur de la République à ouvrir une enquête judiciaire. Un homme de 77 ans est mort et "il est vraisemblable" que ce décès soit survenu "dans le contexte de la panne nationale des numéros d'urgence", ont indiqué vendredi 4 juin l'ARS de Bourgogne-Franche-Comté et la préfecture dans un communiqué.

Enfin, sur l'île de La Réunion, un homme a "fait un arrêt cardio-respiratoire ayant entraîné son décès" mercredi soir 2 juin après les tentatives vaines de son épouse de joindre le 15. "L'absence de contact direct entre l'épouse et le Samu, du fait des problèmes de réseau, n'aura pas permis de caractériser précisément la situation médicale de la victime avant l'engagement des secours", avait expliqué la préfecture jeudi 3 juin dans un communiqué.

Dans les cinq cas, des enquêtes administratives ont été diligentées par les autorités. De son côté, l'opérateur téléphonique Orange a lancé une enquête interne "approfondie", dont les conclusions sont attendues sous sept jours, a annoncé vendredi 4 juin le groupe, dont le PDG Stéphane Richard avait présenté de "vives excuses" aux personnes touchées. M. Richard avait exclu une cyberattaque. Enfin, l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF) a réclamé une commission d'enquête parlementaire.

AFP/VNA/CVN


 

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