01/07/2017 21:53
Danuta Dymon a installé sa petite chaise au bord de la route pour peindre des fleurs sur sa clôture. La septuagénaire s’y est mise dès l’aube, vêtue de pied en cape de tissus qu’elle avait peints aussi elle-même.
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Maria Chlastawa devant sa maison peinte en fleurs, à Zalipie dans le sud-ouest de la Pologne, le 14 juin 2017.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Comme vous voyez, je suis couverte de fleurs", déclare Danuta Dymon en ajoutant des feuilles vert néon à la guirlande orange et rose fluorescent qui ornent le mur de briques devant sa maison à Zalipie, un village d’agriculteurs dans le sud-ouest de la Pologne.

La vieille dame est connue dans la région pour avoir peint des fleurs partout chez elle : plafond, murs, rideaux, coussins, bouilloire, cuillères en bois, chauffe-eau... Et jusqu’aux toilettes.

Elle manie le pinceau avec une vigueur particulière et est loin d’être la seule dans ce cas: depuis plus d’un siècle, les femmes de Zalipie - et parfois les hommes - décorent leurs maisons avec des peintures folkloriques.

L’année dernière quelque 25.000 touristes, dont certains venus du Japon ou des États-Unis, ont visité ce village de 700 habitants pour admirer les motifs floraux aux couleurs vives qui décorent environ un quart des maisons nichées au milieu de champs de maïs, de fraises et de choux.

La tradition est née vers la fin du XIXe siècle. À l’origine, il s’agissait de couvrir les murs noircis par la fumée autour du four, explique la cheffe du centre culturel local, Wanda Chlastawa.

Chaux, suie, argile

Danuta Dymon peint des fleurs sur un mur à Zalipie, dans le sud-ouest de la Pologne.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les premiers motifs floraux étaient limités à trois couleurs - blanc, noir et beige - confectionnées à la maison avec de la chaux, de la suie et de l’argile. Les pinceaux étaient des branches de bouleau aux pointes déchiquetées ou des touffes de crin de cheval ou de vache serrées avec de la ficelle.

Maria Chlastawa (sans lien de parenté avec Wanda), 78 ans, se rappelle les pinceaux fabriqués à la maison, et les couleurs en poudre, achetées dans le commerce à partir du moment où les femmes ont élargi leur palette aux teintes vives de l’arc-en-ciel qu’on voit aujourd’hui.

"Parfois on peignait, puis la pluie arrivait et tout partait. Il fallait tout recommencer", raconte-t-elle. Les peintures acryliques d’aujourd’hui, qui sèchent rapidement, sont bien meilleures que celles d’il y a 70 ans, reconnaît la vieille dame.

Depuis plus d’un demi-siècle, le village organise au printemps un concours annuel de peinture. Un jury d’ethnographes fait le tour des maisons et distribue des prix. Certains habitants ne prennent le pinceau qu’avant le concours. Mme Chlastawa, elle, peint toute l’année, assurant que cela a un effet calmant sur elle.

Fleurs imaginaires

"La cour semble triste quand tout est blanc", dit-elle. "Ici, on a des fleurs en hiver et en automne", termine sa fille Boguslawa Mis, 50 ans.

Leurs dessins font un peu penser aux coquelicots rouges, aux roses, ou encore aux pâquerettes jaunes et blanches.

Mais "ce sont des fleurs imaginaires. On n’en trouve pas de comme cela dans les champs", explique Anna Owca, 44 ans, employée au centre culturel.

"Nous avons déménagé chez ma belle-mère, et, quand je suis arrivée chez elle, il y avait des fleurs partout. J’avais dix-neuf ans et je me suis dit, +Mon Dieu, je vais craquer, je ne peux pas les voir+", se souvient-elle en riant.

"Tout d’abord j’ai voulu couvrir ces fleurs de peinture... Mais un an ou deux plus tard je me suis mise à les peindre moi aussi."

"Je me rappelle que mon mari a dit +Doux Jésus, je suis né au milieu des fleurs et au milieu des fleurs je mourrai’+".

AFP/VNA/CVN
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