30/03/2021 11:48
Le manoir de Kentwell Hall, dans l'Est de l'Angleterre, a survécu à plus de 450 ans d'histoire tumultueuse. Comme de nombreuses demeures seigneuriales, nécessitant souvent de coûteuses rénovations, son avenir est menacé par l'épidémie qui l'a contraint de fermer au public.
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Le manoir de Kentwell Hall, près de Bury St Edmunds, dans l'Est de l'Angleterre, le 25 mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

Bâti quand les Tudors régnaient sur l'Angleterre au XVIe siècle, l'édifice de briques rouges aux multiples tourelles, dont les terres s'étendent près du bourg de Bury St Edmunds, requiert d'importants travaux de rénovation. Leur financement est compromis faute des revenus générés par les visiteurs ou des événements comme des mariages ou des conférences.

Son propriétaire Patrick Phillips, ancien avocat qui s'attelle depuis son acquisition en 1971 à maintenir la splendeur des lieux, a vu son chiffre d'affaires de 1,5 million de livres sterling (1,75 million d'euros) en 2019 enregistrer une chute vertigineuse de 90%.

"C'est extrêmement pénible pour nous d'essayer de gérer cet endroit sans revenus", explique-t-il, plaidant pour une levée plus rapide du confinement.

Des travaux essentiels pour réparer des douves de 730 m, qui se sont effondrées à un endroit critique pour la structure, sont impossibles. Et faute de fonds pour les vider et démarrer les travaux, "on ne peut pas évaluer la gravité", déplore Patrick Phillips, évoquant un "vrai désastre".

Critique envers la feuille de route de sortie du confinement élaborée par le gouvernement du Premier ministre Boris Johnson, il estime que les demeures historiques comme la sienne auraient dû être autorisées à rouvrir plus tôt que le 17 mai, échéance s'appliquant aussi aux musées et à l'intérieur des pubs et restaurants. "Nous souffrons tous inutilement", insiste-t-il.

Moisissure et humidité 

Patrick Phillips, propriétaire du manoir de Kentwell Hall, dans un des salons,  près de Bury St Edmunds, dans l'Est de l'Angleterre,l e 25 mars
Photo : AFP/VNA/CVN

En présentant, en février, son plan de sortie du confinement en place depuis début janvier, le troisième décrété au Royaume-Uni depuis le début de la pandémie, Boris Johnson a défendu une approche prudente, affichant son souhait que ce relâchement des restrictions soit "irréversible".

Mais l'attente est longue pour les demeures historiques, alors que les commerces non essentiels sont autorisés à rouvrir dès le 12 avril.

"Ce sont des activités essentielles dont la contribution est essentielle", argumente James Probert, un responsable de Historic Homes, organisation représentant 1.500 demeures historiques privées au Royaume-Uni.

"Ce sont des bâtiments classés très, très importants qui font partie de notre patrimoine national", poursuit-il. "Nous ne disons pas qu'ils doivent autoriser ces activités à rouvrir le 12 avril. Mais nous leur demandons d'au moins l'envisager", et que la décision soit prise "à la lumière d'avis scientifiques raisonnables".

Au total, les travaux en cours dans ces demeures historiques atteignaient 1,4 milliard de livres (1,6 milliard d'euros) en 2019, dont 400 millions étaient considérés comme urgents - un montant qui a gonflé durant la pandémie, selon James Probert, avec notamment des problèmes de moisissure et d'humidité prégnants.

AFP/VNA/CVN
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