08/02/2018 09:58
La chancelière Angela Merkel a salué mercredi 7 février la perspective d'un gouvernement "stable" en Allemagne après son accord au forceps avec les sociaux-démocrates, une alliance qui lui a coûté très cher mais lui ouvre les portes d'un quatrième mandat.
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De gauche à droite : le leader de la CSU, Horst Seehofer, la chancelière Angela Merkel, et le leader du SPD, Martin Schulz, le 7 février à Berlin.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Je suis convaincu que ce contrat de coalition (...) est le fondement du gouvernement stable dont notre pays a besoin et que beaucoup dans le monde attendent de nous", a insisté la dirigeante conservatrice (CDU/CSU) à l'issue d'un dernier round de 24 heures de tractations sans interruption à Berlin.

Face aux réticences du SPD à s'allier à nouveau avec elle, les démocrates-chrétiens ont dû faire de nombreuses concessions. Les sociaux-démocrates obtiennent plusieurs ministères-clés, dont celui des Finances.

L'érosion de Merkel

Cela marque une rupture avec l'héritage du très orthodoxe Wolfgang Schäuble, conservateur et titulaire du poste pendant huit ans jusqu'à fin 2017. Ce ministère devrait revenir à Olaf Scholz, maire de la deuxième ville du pays, Hambourg, et figure respectée au sein du SPD.

"Je veux bien admettre que la question de qui obtient quel ministère n'a pas été simple", a reconnu Mme Merkel. "Oulalala...au moins on gardé la chancellerie", a ironisé sur twitter d'un ton amer un des députés de Mme Merkel, Olav Gutting.

L'ancien président du parlement européen et dirigeant social-démocrate, Martin Schulz, a confirmé mercredi soir 7 février qu'il visait le ministère des Affaires étrangères.

Une volte-face pour celui qui fin 2017 proclamait encore qu'il ne participerait jamais à un gouvernement d'Angela Merkel. Il a aussi annoncé qu'il allait quitter la présidence du SPD pour passer le relais à la cheffe du groupe parlementaire Andrea Nahles, 47 ans.

Répartition en sièges par parti au Bundestag allemand et partis de la Grande coalition.
Photo : AFP/VNA/CVN

La CSU, l'aile la plus à droite de la famille politique d'Angela Merkel, récupère un super-ministère de l'Intérieur, de la Construction et de la Patrie. Un gage à l'adresse de l'électorat le plus conservateur. Ce parti n'a cessé depuis deux ans de dénoncer la politique migratoire généreuse de la chancelière.

Pour le quotidien Bild, la chancelière a trop cédé pour ne pas en passer par "des élections anticipées".

"Quel prix a-t-elle payé ? C'est à la limite du sacrifice personnel ! Que lui reste-t-il vraiment d'elle?" assène ce journal. "Que Merkel cède ainsi illustre l'érosion de son pouvoir (...) en matière de politique européenne, elle va le sentir passer".

La chancelière se devait d'arracher un accord pour rester au pouvoir. Les élections législatives de septembre, marquées par un repli des partis traditionnels et une percée de l'extrême droite, n'ont pas permis de dégager une majorité claire à la chambre des députés.

Les discussions ont longtemps buté sur le niveau des dépenses militaires mais surtout sur la réforme de l'assurance-maladie en Allemagne, pour réduire les inégalités entre médecine publique et privée, et le marché du travail.

AFP/VNA/CVN


 
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