11/05/2019 13:20
Il y a un an, une vague d’une violence inouïe a brisé le cou de Pamela Hansford. Depuis, cette amatrice de surf sud-africaine est dans un fauteuil roulant. Mais, malgré le traumatisme et le handicap, elle a osé remonter sur une planche.
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Ant Smyth, un surfeur paralysé d’un bras, surfe à Llandudno.
Photo: AFP/VNA/CVN

Un matin d’été austral, près de la ville du Cap. La septuagénaire enfile sa combinaison pour braver l’eau glacée de la pointe sud de l’Afrique. Elle s’allonge sur une planche, assistée par plusieurs surfeurs chargés de la guider. "Au tout début, j’étais totalement terrifiée", confie Pamela Hansford, cheveux blancs coupés courts. Mais, dès sa deuxième tentative, elle s’est régalée, emportée par les rouleaux qui viennent s’échouer au pied des cabines multicolores de la plage de Muizenberg. "C’est formidable, vraiment spécial d’être sur l’eau et de sentir de nouveau le mouvement", raconte-t-elle, euphorique.

Grâce à une école de surf locale, Surf Emporium, qui propose des cours pour personnes souffrant de handicaps physiques, mentaux ou psychiques, la septuagénaire a pu redécouvrir les plaisirs de la glisse.

"Que vous soyez un surfeur en pleine possession de vos moyens ou une personne avec un handicap, que ce soit la dixième ou la première fois que vous surfiez, la joie est toujours la même et ça me donne la chair de poule", explique Roxy Davis, une star du surf en Afrique en Sud, qui enseigne désormais ce sport et a fondé l’école.

Ant Smyth, champion sud-africain de "surf adapté", l’accompagne dans l’aventure. Paralysé du bras droit depuis un accident de voiture à l’âge de 5 ans, les médecins lui ont suggéré de faire du paddle pour l’encourager à utiliser ses deux mains. Dans sa chambre d’enfant, il y avait des posters du Sud-Africain Shaun Tomson, ex-champion du monde dans les années 70. "Enfant, je me mettais au bout du lit et je prétendais surfer", explique Ant Smyth en souriant.

À Muizenberg, il accompagne désormais sur les vagues les blessés de la vie.

"L’impression de voler"

Finn, un garçon de 9 ans atteint d’autisme et de paralysie cérébrale, apprend le surf en Afrique du Sud. Photo: AFP/VNA/CVN

Le 4 janvier 2018, Pamela Hansford s’est élancée dans l’eau sans même jeter un coup d’œil à la météo, la force du vent, la direction de la houle et la puissance des vagues. "Je n’arrive pas à croire que j’ai pu être aussi stupide. C’était les grandes marées..."
 
Après sa longue hospitalisation et de nombreuses heures de rééducation, Pamela retrouve petit à petit l’usage de ses bras. Elle ne pourra sans doute plus jamais faire du bodyboard sans aide, mais Surf Emporium lui redonne un temps sa liberté.

C’est maintenant au tour de Finn, un garçon de 9 ans atteint d’autisme et de paralysie cérébrale, de se lancer. L’équipe de Surf Emporium explique à sa mère, Chloe Murdoch, comment bien le positionner sur la planche. Chloé hésite.

Les vagues semblent bien trop puissantes. Mais, la mère et le garçon osent finalement entrer dans l’eau, encouragés par les surfeurs. En l’espace de quelques minutes, Finn parvient même à glisser, sans assistance, allongé sur la planche.

"Quand vous surfez, vous ne cherchez pas à atteindre un objectif pédagogique, vous profitez juste de votre enfant, témoigne Chloé. On a tellement peu d’occasion de ce genre quand on a des enfants avec des besoins spécifiques. Là, on avait l’impression de voler. C’était fantastique!"

AFP/VNA/CVN

 
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