19/02/2021 09:04
La NASA a brillamment réussi jeudi 18 février à poser sur Mars son rover Perseverance, le cinquième véhicule seulement à avoir réussi le voyage sans encombre, mais le premier à afficher comme objectif de trouver, dans les années à venir, une preuve de vie ancienne sur la planète rouge.
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Les équipes de la NASA explosent de joie au Jet Propulsion Laboratory, en Californie, après la confirmation de l'atterrissage réussi du rover Perseverance sur Mars, le 18 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Atterrissage confirmé !", s'est exclamée à l'heure prévue, 20h55 GMT, Swati Mohan, en charge du contrôle des opérations au Jet Propulsion Laboratory, à Pasadena en Californie. Les cris de joie ont retenti dans la salle de contrôle, même si les équipes présentes étaient moins nombreuses qu'habituellement pour un tel événement à cause de la pandémie de COVID-19.

La NASA a immédiatement communiqué deux photos prises par le rover sur place. "Bonjour le monde. Ma première vue sur la maison qui sera la mienne pour toujours", a tweeté son compte officiel pour accompagner l'une des extraordinaires images en noir et blanc, sur laquelle on peut voir l'ombre du véhicule projetée au sol. Le président américain Joe Biden a salué un atterrissage "historique", preuve selon lui du "pouvoir de la science" et de "l'ingéniosité américaine".

Perseverance a parcouru plus de 470 millions de kilomètres en 203 jours. Un autre rover américain, Curiosity, est toujours en activité ailleurs sur la planète rouge. La manœuvre d'atterrissage était ultra-périlleuse et le site choisi, le cratère de Jezero, le plus risqué jamais tenté, en raison de son relief.

Après être entré dans l'atmosphère martienne à 20.000 km/h, les frictions avec l'air ont fait monter la température du vaisseau jusqu'à 1.300°C. Le rover était protégé par un bouclier thermique, qui n'a été largué qu'après l'ouverture d'un immense parachute supersonique. Huit rétrofusées ont fini de le ralentir avant qu'il ne déploie ses six roues, suspendu le long de câbles jusqu'au contact avec le sol.

Présentation de la mission de la NASA sur Mars où le rover Perseverance doit atterir le 18 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

Perseverance est le véhicule le plus gros et le plus complexe jamais envoyé sur Mars. Il pèse une tonne et est équipé d'un bras robotique de plus de deux mètres. Preuve que la mission est également le fruit d'une coopération internationale : le président français Emmanuel Macron, dont le pays a conçu l'un des nombreux instruments scientifiques du rover, a assisté à l'atterrissage au siège parisien du Centre national d'études spatiales (Cnes). "C'est un magnifique travail d'équipe. Il y a de quoi être fiers", a-t-il commenté.

Découverte exceptionnelle

Pour la première fois, la mission "Mars 2020" de l'agence spatiale américaine a comme but explicite de trouver des traces de vie ancienne sur la planète rouge, en collectant pendant au moins deux ans jusqu'à une trentaine d'échantillons de roche. Les tubes scellés devront ensuite être rapportés sur Terre par une future mission, dans les années 2030, afin d'être analysés et de peut-être enfin pouvoir répondre à "l'une des questions qui nous habitent depuis des siècles, à savoir: sommes-nous seuls dans l'univers ?", a souligné Thomas Zurbuchen, administrateur associé pour la science à la NASA.

Les chercheurs pensent que le cratère de Jezero abritait, il y a 3,5 milliards d'années, un profond lac d'environ 50 km de large. "Nous avons de très fortes preuves que Mars aurait pu abriter de la vie dans un lointain passé", a déclaré mercredi lors d'une conférence de presse Ken Williford, responsable adjoint de la mission. "La question est : la (vie sur) Terre est-elle une anomalie, un coup de bol ?"

Le président français Emmanuel Macron regarde l'atterrissage du rover de la NASA Perseverance sur Mars, sur lequel la France a collaboré, au siège parisien du Centre national d'études spatiales (Cnes).
Photo : AFP/VNA/CVN

Les premiers prélèvements devraient commencer cet été. Ils seront creusés dans différents milieux, notamment le rivage de l'ancien lac, et le delta formé par une rivière qui s'y jetait. Les scientifiques cherchent ce qu'ils appellent des biosignatures : des traces de vie microbienne. "Ou bien nous trouvons de la vie, et ce serait une découverte exceptionnelle, ou bien ce n'est pas le cas, (...) et cela suggérera que tous les environnements habitables ne sont pas habités", a prévenu Ken Farley, scientifique du projet. Et qu'il faudra chercher ailleurs.

Hélicoptère et machine à oxygène

Les premiers mois de la mission ne seront toutefois pas consacrés à ce premier objectif. Des expérimentations parallèles sont prévues. La Nasa veut notamment prouver qu'il est possible de faire voler un engin motorisé sur une autre planète. Un hélicoptère, baptisé Ingenuity, devra arriver à s'élever dans un air d'une densité équivalente à 1% de celle de l'atmosphère terrestre. Deux micros devraient également, pour la première fois, enregistrer du son martien.

La NASA fera aussi l'expérience de production d'oxygène directement sur place, grâce à un instrument de la taille d'une batterie de voiture fonctionnant un peu comme une plante, en aspirant le dioxyde de carbone de l'atmosphère martienne. Cet oxygène pourrait servir à de futurs colons humains pour respirer, mais aussi de carburant.

Les deux rovers américains pourront être rejoints prochainement par la Chine: elle a récemment placé sa sonde "Tianwen-1" en orbite autour de Mars, contenant un robot téléguidé qui devrait tenter d'atterrir vers mai.

AFP/VNA/CVN

 

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