12/09/2018 09:14
Une série d'attentats a frappé mardi 11 septembre l'Est de l'Afghanistan, faisant au moins 33 morts parmi des participants à une manifestation près de la frontière pakistanaise et devant une école pour filles.
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Un homme blessé le 11 septembre dans un attentat, dans l'Est de l'Afghanistan, et soigné à l'hôpital local.
Photo: AFP/VNA/CVN

L'attentat le plus meurtrier s'est produit à 13h00 locale (08h30 GMT), près de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan lorsqu'un kamikaze a fait exploser sa charge au milieu d'une foule de manifestants, à environ 70km de la ville de Jalalabad.

Les manifestants bloquaient l'autoroute assurant le passage entre les deux pays pour protester contre la nomination d'un nouveau chef de la police. "32 corps et 128 personnes blessées ont été transportées dans nos hôpitaux", a indiqué le directeur des Services de santé de la province de Nangarhar, Najibullah Kamawal.

Le porte-parole du gouverneur de la province, Ataullah Khogyani, a confirmé ce dernier bilan. Les hôpitaux Rodat et Ghani Khel, dans le district de Jalalabad, étaient saturés de personnes qui y ont accouru couvertes de sang, a constaté un correspondant de l'AFP. Des blessés étaient soignés dans les couloirs. Les plus gravement atteints étaient transportés à l'hôpital central de Jalalabad.

"Nous étions une centaine lorsque j'ai entendu une forte explosion. Puis j'ai vu de la chair et du sang, des personnes blessées tout autour de moi. Je suis à la recherche de mes amis mais je ne sais pas s'ils sont vivants ou morts", a déclaré Gul Majid, interrogé devant l'hôpital.

Quelques heures plus tôt, une double attaque avait visé une école de filles dans la capitale provinciale Jalalabad, faisant un mort et quatre blessés.

Une première bombe a explosé devant l'école de filles Malika Omaira vers 08h30 locale (4h00 GMT). La seconde explosion s'est produite ensuite alors que des élèves d'une école de garçons voisine se précipitaient sur les lieux.

Aucun groupe insurgé n'a pour l'instant revendiqué ces attaques, alors que le groupe État islamique (EI) et les talibans sont actifs dans cette région de l'Afghanistan.

Ces deux groupes s'opposent de longue date à l'éducation des femmes. Ils ont imposé la fermeture de nombreuses écoles de filles en Afghanistan.

Le reste du pays n'a pas été épargné par la violence au cours de la semaine écoulée: les talibans ont mené de nombreuses attaques avec des troupes au sol. Le groupe EI a de son côté revendiqué deux attentats meurtriers dans la capitale.

Des Afghans inspectent les lieux d'un attentat à Kaboul, le 6 septembre.
Photo: AFP/VNA/CVN

Dans la nuit de dimanche 9 à lundi 10 septembre, d'intenses combats ont eu lieu dans le Nord de l'Afghanistan, les talibans ont tué près de 60 policiers et soldats. Trente-neuf talibans ont été tués et 14 blessés lors de frappes aériennes de soutien, selon le gouverneur de Sar-e-Pul, Zahir Wahdat.

Selon des sources locales, les forces de sécurité afghanes seraient parvenues à contenir l'avancée de talibans. Les combats n'auraient pas repris mardi matin 11 septembre.

Dimanche 9 septembre à Kaboul, un kamikaze à moto avait tué sept partisans du commandant Massoud qui célébraient le 17e anniversaire de la mort du célèbre moudjahidine ayant résisté à l'occupant soviétique, puis aux talibans.

Et mercredi dernier, au moins 20 personnes, dont deux journalistes accourus sur les lieux, ont été tuées et 70 autres blessées dans un double attentat revendiqué par l'EI visant la communauté chiite de Kaboul.

Pourparlers en attente

Ces violences aux quatre coins du pays interviennent alors que le gouvernement afghan et les États-Unis cherchent à pousser les talibans à s'asseoir à la table des négociations pour mettre fin à plus de 38 années de guerre ininterrompue depuis fin 1979. Mais les insurgés tardent à se laisser convaincre.

L'EI, dont les troupes sont bien plus réduites mais qui multiplie les attentats sanglants, est laissé à l'écart des discussions.

Un premier cessez-le-feu de trois jours s'était tenu en Afghanistan mi-juin pour la fin du ramadan, suscitant d'inédites scènes de fraternisation entre soldats et talibans.

Ce bref arrêt des combats, une première, avait suscité des espoirs de possibles pourparlers de paix. Mais de nouvelles attaques s'étaient produites les semaines suivantes.

Présents depuis 2001 en Afghanistan, les États-Unis, qui disposent de 14.000 soldats sur place et avaient jusqu'ici toujours refusé tout dialogue bilatéral avec les talibans, ont changé de stratégie et prônent "une résolution pacifique" du conflit, selon leur secrétaire d'État Mike Pompeo.

Des représentants américains ont rencontré en juillet des talibans au Qatar. Des rumeurs font état d'un nouveau dialogue entre les deux parties ce mois-ci.

Mais mardi 11 septembre, une source internationale s'exprimant sous couvert d'anonymat a indiqué que le haut diplomate américain tout juste nommé à la tête des efforts de paix en Afghanistan, Zalmay Khalilzad, aurait décidé d'annuler tous les pourparlers, préférant dans un premier temps passer en revue la stratégie américaine en Afghanistan.

L'information n'a pu être vérifiée dans l'immédiat auprès de sources officielles américaines. Un cadre taliban basé au Pakistan voisin a indiqué qu'il espérait de nouvelles discussions "bientôt".
AFP/VNA/CVN

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