02/04/2021 16:26
Plus d'une semaine après l'attaque jihadiste qui a fait des dizaines de morts à Palma, dans le Nord-Est du Mozambique, les opérations d'évacuation de milliers de rescapés se poursuivaient jeudi 1er avril.
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Un homme évacué de Palma après l'attaque jihadiste arrive à Pemba, au Mozambique, le 1er avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

Dans le port de Pemba, à plus de 200 km au sud, un ferry transportant 1.200 personnes est arrivé dans la nuit du 31 mars au 1er avril. Des dizaines de personnes guettaient anxieusement le débarquement des arrivants, à la recherche de leurs proches, a constaté un photographe de l'AFP.

Le 24 mars, des groupes armés ont attaqué Palma, tuant des dizaines de civils, policiers et militaires. Le raid, soigneusement préparé, lancé à seulement quelques kilomètres d'un méga-projet gazier piloté par le groupe français Total, a été revendiqué par le groupe État islamique (EI).

Sur des bateaux de pêche ou à pied, des milliers de survivants ont fui la ville de 75.000 habitants. Beaucoup ont été recueillis par les Nations unies et les ONG, déshydratés, pieds nus et en état de choc, après plusieurs jours passés dans la brousse sans rien à boire ni manger.

D'autres ont été évacués par des vols humanitaires, majoritairement des femmes et des enfants, ainsi que par bateau. Mais des milliers d'entre eux restent encore introuvables.

Sur les quais de Pemba, une femme en pleurs qui espérait voir son fils descendre du bateau s'est jetée dans les bras d'une autre. Plus loin, un homme mince, masque sur le nez couvert d'une poussière ocre, sanglotait les mains crispées devant la bouche.

Il y a "encore beaucoup de nouveaux arrivants", a déclaré Juliana Ghazi, porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Pemba.

Malgré plusieurs évacuations, le nombre de personnes rassemblées sur la péninsule d'Afungi, près du site de Total, a encore gonflé jeudi 1er avril. Après l'attaque, entre 6.000 et 10.000 personnes sont allées frapper à la porte du site gazier, espérant y trouver de l'aide.

À Afungi, un responsable militaire, le commandant Chongo Vidigal, a assuré jeudi 1er avril que le projet gazier était "protégé".

"Nous sommes actuellement dans la zone spéciale d'Afungi qui n'a jamais été sous la menace terroriste", a déclaré le militaire aux journalistes à Palma.

L'armée mozambicaine a lancé mercredi 1er avril une offensive pour tenter de reprendre Palma, aux mains des opposants depuis samedi 27 mars.

Une femme attend l'arrivée de son fils à Pemba, au Mozambique, le 1er avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

Des dizaines de rescapés continuaient aussi à affluer dans les provinces voisines vers les camps de déplacés, a décrit un travailleur humanitaire. En une semaine, 8.100 personnes sont arrivées dans les districts environnants, selon l'ONU.

La Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) s'est réunie mercredi 31 mars en urgence à Harare pour discuter des violences au Mozambique.

Le président en exercice de la SADC, le chef de l'État du Botswana, Mokgweetsi Masisi, a déploré dans un communiqué jeudi 1er avril "une grave crise humanitaire", exprimant la volonté de l'organisation de voir "les auteurs de l'attaque rapidement arrêtés et traduits en justice".

Exprimant sa "plus grande préoccupation" face à la "menace" que représentent les groupes jihadistes en Afrique australe, l'Union africaine (UA) a appelé mercredi 31 mars à "une action régionale et internationale urgente".

Des groupes armés, connus localement sous le nom d'Al-Shabab ("les jeunes" en arabe), ravagent la province pauvre mais riche en gaz du Cabo Delgado, frontalière de la Tanzanie, depuis plus de trois ans.

Les violences dans la région ont forcé plus de 670.000 personnes à quitter leur foyer, selon les Nations unies. L'ONG Acled recensait déjà 2.600 morts avant l'attaque de Palma, dont la moitié étaient des civils.

AFP/VNA/CVN
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