18/08/2017 05:24
Les économies membres de l’APEC manifestent un intérêt croissant à la sécurité alimentaire et donc à une agriculture durable, ce qui suppose qu’elle s’adapte au changement climatique. Une problématique qui est l’une des priorités de l’Année de l’APEC 2017.
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La sécurité alimentaire et l’adaptation au changement climatique ont été retenues comme l’un des quatre thèmes de l’Année de l’APEC 2017, a rappelé Trân Kim Long, chef du Département de la coopération internationale du ministère de l’Agriculture et du Développement rural (MADR).

L’APEC a fait de la sécurité alimentaire l’une de ses priorités. 
Photo : Tuân Anh/VNA/CVN

Selon le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Nguyên Xuân Cuong, l’agriculture vietnamienne doit faire face à de nombreux défis, en particulier les effets du changement climatique. 2016 était une année spéciale, car le pays était confronté à de nombreux évènements météorologiques extrêmes. Le changement climatique a lieu plus vite que le scénario prévu en 2012, de sorte que le Vietnam en élabore un nouveau. «Le gouvernement poursuit la restructuration de l’économie nationale, du secteur de l’agriculture, et suscite des changements dans la vie quotidienne dans la perspective d’une adaptation au changement climatique», a-t-il ajouté.

Le MADR a proposé trois initiatives : le plan d’action de mise en œuvre du cadre stratégique de la coopération économique Asie-Pacifique en matière de développement d’une agriculture péri-urbaine pour renforcer la sécurité alimentaire et la croissance durable ; le plan d’action de mise en œuvre du programme de l’APEC sur la sécurité alimentaire et le changement climatique ; et la Déclaration de Cân Tho sur le renforcement du développement durable et de la sécurité alimentaire afin de s’adapter au changement climatique.

Améliorer la productivité agricole

Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a également avancé deux propositions : le développement du commerce des produits agricoles pour soutenir la mutation socioprofessionnelle dans les zones rurales des économies membres, et l’adaptation au changement climatique : impact sur la stratégie sur la sécurité alimentaire.

Le Vietnam est un des pays les plus touchés par les catastrophes naturelles résultant du réchauffement climatique, ainsi que par l’élévation du niveau des mers. Ces cinquante dernières années, la température moyenne a augmenté de 0,5 à 0,7 degrés par an au Vietnam, et le niveau de la mer, de 20 cm. Les conséquences de ces phénomènes sont déjà visibles sur 12% des terres arables du pays, et impactent la vie quotidienne de 25% de la population. Face à cette situations le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc a adopté la stratégie nationale de réponse aux catastrophes naturelles pour 2020 et le programme national pour faire face au changement climatique. Le pays est, par ailleurs, membre de l’Alliance mondiale sur l’agriculture intelligente afin de réagir à ce phénomène pour promouvoir la modification de politiques et le renforcement de l’investissement dans l’agriculture.

En effet, la sécurité alimentaire reste l’une des premières préoccupations du gouvernement, d’autant que la superficie nationale de la riziculture n’a cessé de diminuer sous les effets conjugués de l’industrialisation, de l’urbanisation et du changement climatique.

Salinisation et  sécheresse

La sécheresse menace la production agricole. Photo : Trong Dat/VNA/CVN

«Le Vietnam a commencé à exporter du riz en 1989, grâce à l’application des progrès scientifiques. L’État a beaucoup investi dans la recherche de variétés de haut rendement et dans la construction d’ouvrages hydrauliques. De même, plusieurs politiques de promotion de l’agriculture ont incité les agriculteurs à augmenter leur productivité au service de l’export», expose le Professeur en agronomie Vo Tong Xuân. Des mesures ont été prises pour améliorer le rendement et la qualité du riz à une même fin, mais aussi pour assurer la sécurité alimentaire nationale. Appliquer des technologies dans la recherche de variétés de haut rendement, améliorer l’efficience de l’emploi des terres arables sont des mesures importantes.

Selon les prévisions, chaque année, le Vietnam perdrait 1% de terres rizicoles, d’où l’urgence d’un plan d’aménagement pour une meilleure gestion du foncier, en particulier de celui affecté à cette culture. En vertu du plan national sur la garantie de la sécurité alimentaire pour 2020, le foncier affecté à la riziculture devra être maintenu à 3,8 millions d’hectares en vue d’une production annuelle de 41 à 43 millions de tonnes de riz, dont 4 millions de tonnes pour l’export, et des bénéfices de plus de 30% du coût de revient pour les riziculteurs.

Dans les temps à venir, le Vietnam doit exploiter les avantages d’une agriculture tropicale en termes d’espèces et de variétés, de nombre de récoltes, etc., développer ses produits agricoles concurrentiels, notamment le café, le caoutchouc, le riz, les silures, les crevettes, la noix de cajou, les produits aquatiques, et les légumes. Il lui faudra également développer des zones de cultures spécifiques de grande surface, une véritable économie des exploitations agricoles individuelles, familiales et coopératives, appliquer de hautes technologies et de vraies relations au sein de la chaîne agricole lato sensu, c’est-à-dire entre agriculteurs et éleveurs, traitement après-récolte, transformation et conservation, et enfin, commercialisation des produits. Il est temps de rêver grand : le Vietnam ambitionne de devenir une puissance agricole mondiale.

Sur le long terme, le delta du Mékong devra «cohabiter» avec la salinisation, estiment des scientifiques. Il sera nécessaire d’améliorer la capacité d’adaptation des plantes, dont le riz, à la salinisation qui s’aggrave, souligne le Professeur associé-Docteur Vo Công Thành. Le Professeur associé-Docteur Vo Quang Minh, du Département de  l’environnement et des ressources naturelles de l’Université de Cân Tho (Sud), estime qu’il est nécessaire de définir des zones susceptibles de s’adapter aux changements dus à la salinisation. En particulier, il est nécessaire de bien gérer l’utilisation de l’eau et élaborer des mesures dans l’utilisation des terres arables dans le contexte du changement climatique d’ici à 2020, 2030 et 2050.

Une batterie de mesures à prendre


De même, le delta du Mékong doit appliquer des mesures pour assister la construction d’ouvrages hydrauliques comme  barrages et digues, draguer des canaux, changer les périodes de culture, les calendriers des semis, du repiquage et des récoltes, ouvrir des cours de formation sur les techniques, l’amélioration des espèces de plantes et d’animaux.

En outre, garder l’eau de la saison des crues pour l’utiliser à la saison sèche est une des solutions efficaces pour la résilience à la sécheresse et à la salinisation. D’après Lê Anh Tuân, directeur adjoint de l’Institut d’études sur le changement climatique du delta du Mékong, sur le long terme, cette région doit s’intéresser à garder l’eau au service de l’agriculture à la saison sèche. Il faudra creuser des étangs, des canaux dans ce but, de pair avec une utilisation économe de l’eau douce. Il est important d’appliquer des mesures concrètes, par exemple choisir des animaux et plantes consommant moins d’eau, rajuster les périodes de culture,  lutter contre le gaspillage de l’eau dans l’arrosage. Une chose évidente, c’est que pour un développement durable, le delta du Mékong devra appliquer de nombreuses mesures homogènes avec la participation de tous. L’objectif est de trouver des orientations judicieuses permettant d’aider ce «grenier à riz» du pays à réduire efficacement les impacts des catastrophes naturelles et à s’adapter au changement climatique, à la fois à court et long termes.

La Semaine de la sécurité alimentaire de l’APEC, se tient du 18 au 25 août à Cân Tho, delta du Mékong, à par le MADR, en partenariat avec le Comité populaire de cette ville. Il s’agira d’un des importants événements annexes à la conférence de haut rang dans le cadre du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), dont le Vietnam est l’hôte. Aux dires de Trân Kim Long, chef du Département de la coopération internationale du MADR, le but de cette semaine est de concrétiser les déclarations des dirigeants sur la croissance et la coopération pour faire face aux défis communs. Les priorités de l’APEC 2017 au Vietnam sont d’assurer la sécurité alimentaire, la durabilité de l’agriculture et l’adaptation au réchauffement climatique. Toujours selon lui, la Semaine de la sécurité alimentaire à Cân Tho permettra un renforcement de l’application de hautes technologies dans la production agricole, ainsi que le contrôle, la gestion et l’usage des ressources naturelles au service d’une croissance durable. Cet événement a aussi pour but d’intensifier le recours au partenariat public-privé dans ces domaines.

Thê Linh/CVN

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