12/08/2009 03:41
Incapable de trouver un emploi chez elle au Népal, Anita Gimmi empruntait 1.300 dollars (920 euros) pour partir travailler au Qatar l'an dernier. Moins d'un an après, la jeune femme lourdement endettée rentrait, licenciée comme des milliers d'autres dans la région avec la crise.
"Je n'avais pas d'autre choix que de partir à l'étranger parce qu'il n'y avait pas d'opportunités ici", explique la Népalaise de 26 ans.

Employée au Qatar dans une entreprise de nettoyage, elle a pu gagner 155 dollars (109 euros) par mois pendant quelque temps. Un salaire dont dépendaient largement aussi ses parents, son mari et son fils.

"La famille a eu une vie décente pendant un certain temps, mais maintenant notre situation est misérable", glisse-t-elle. Parce qu'elle n'a plus de revenus, manger 2 repas corrects par jour est devenu difficile.

En Asie, des millions de familles pauvres vivent grâce à l'argent que leur envoient leurs proches partis à l'étranger.

Dans certains pays de la région, comme au Pakistan, Népal, Bangladesh ou aux Philippines, les sommes renvoyées ont augmenté cette année. La Banque centrale des Philippines a notamment indiqué que ces montants avaient atteint un record de 1,48 milliard de dollars (1,04 milliard d'EUR) en mai.

Mais les experts craignent que le phénomène ne cache une réalité préoccupante : que l'augmentation soit surtout dû au nombre croissant de travailleurs contraints de rentrer pour de bon, rapportant dans leurs bagages toutes leurs économies. "Un tel phénomène pourrait entraîner une forte réduction des (versements) dans les mois à venir", avertissait la Banque mondiale (BM) dans un récent rapport sur les Philippines.

Le mois dernier, la BM prévoyait même une baisse de 7,3% de ces envois d'argent dans les pays en développement en 2009, en raison de la crise mondiale.

À Karachi au Pakistan, Maimoona Ayub relaie cette inquiétude.

Cette femme au foyer, mère de 4 enfants, dépend entièrement des sommes que lui envoie son mari, parti exercer son métier de plombier à Dubaï.

"Son soutien m'aide à élever nos enfants, mais maintenant son travail est aussi menacé", avance-t-elle. "Il m'a dit plusieurs fois que ses collègues avaient été licenciés et qu'il se préparait à subir le même sort".

Les ouvriers rentrent, et par conséquent partent aussi moins.

Au Bangladesh, les chiffres du gouvernement montrent une chute du nombre de travailleurs envoyés à l'étranger. Quelque 251.000 personnes ont quitté le pays entre janvier et juin, soit 50% de moins que sur la même période l'an dernier, d'après des statistiques gouvernementales.

AFP/VNA/CVN
(12/08/2009)
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