11/06/2014 17:36
En dépit de l’usage habile qu’elle fait du panda pour sa diplomatie, la Chine qui réclame la quasi-totalité de la Mer Orientale, n’est plus perçue comme un géant inoffensif. L’attitude de Pékin contient cependant un risque important pour le pays, comme dit un proverbe chinois : "sans confiance, on n’arrive à rien". Analyse de la Voix du Vietnam.

L'ASEAN avait notamment plaidé pour un partenariat maritime ASEAN-Chine et proposé des mesures destinées à développer la confiance. Photo : Xinhhua/VNA/CVN

Le monde entier a été surpris de l’installation illégale par la Chine de la plate-forme de forage Haiyang Shiyou-981 en pleine zone économique exclusive et sur le plateau continental du Vietnam en Mer Orientale, juste avant l’ouverture du 24e Sommet de l’ASEAN et du 13e dialogue de Shangri-la sur la sécurité en Asie.

Cet acte unilatéral est survenu alors que les négociations pour la signature d’un Code de conduite en Mer Orientale (COC) entre Pékin et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) étaient en bonne voie. Cette provocation de Pékin est considérée comme une trahison, car elle altère la confiance en une "émergence pacifique" de la Chine.

Une Déclaration commune sur la situation en mer Orientale a été publiée par les ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN quelques jours après le déploiment illicite de Haiyang Shiyou-981 dans la zone économique exclusive et sur le plateau continental du Vietnam. Cette déclaration sans précédent témoigne de la position unanime de l’ASEAN. En dépit des intérêts différents des pays membres et d’une forte influence de la Chine dans la région, la Déclaration commune de l’ASEAN a fait taire une fois de plus les sceptiques à propos d’une ASEAN divisée sur ce sujet compliqué.

Étrange paradoxe entre les actes et les paroles de la Chine

"La Chine et l’ASEAN partagent un même destin, la joie comme le chagrin. Les deux parties doivent édifier la confiance réciproque, le bon voisinage et maintenir la solidarité". On oublierait presque ces déclarations qui ont été faites par des dirigeants chinois lors du sommet de l’ASEAN et des sommets entre l’ASEAN et ses partenaires à la fin de l’année 2013.

À cette époque, la confiance entre les deux parties était en pleine consolidation. Lorsque l’ASEAN et la Chine commémoraient les 10 ans de leur partenariat stratégique, le Premier ministre chinois Li Keqiang avait proposé de construire "une décennie de diamante" en signant avec l’Association un accord de 3 bons : Bon voisinage, Bonne amitié et Bonne coopération. Pékin avait même proposé de créer "la route de la soie maritime du XXIe siècle", en vue du développement commercial et d’un élargissement de la civilisation chinoise, sans aucune visée hégémonique.

Alors qu’il venait de prendre ses fonctions de ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi avait d’ailleurs choisi l’ASEAN comme première tournée à l’étranger. Ce choix avait suscité l’espoir de belles perpectives pour l’ASEAN, un partenaire stratégique de Pékin.

De son côté, l’ASEAN n’a ménagé aucun effort pour consolider ses relations avec la Chine, en prenant en haute estime les propositions de Pékin sur l’avenir de la région. L’Association avait notamment plaidé pour un partenariat maritime ASEAN-Chine et proposé des mesures destinées à développer la confiance. Le but : approfondir le partenariat stratégique avec la Chine dans sa deuxième décennie d’existence. Les 10 pays membres de l’ASEAN, qui respectent pleinement la Déclaration sur la conduite des parties en mer Orientales (DOC), étaient motivés pour créer un futur Code de conduite en Mer Orientale. L’ASEAN souhaitait alors que le "rêve chinois" devienne le "rêve sud-est asiatique", espérant que la Chine changera d’approches sur les litiges maritimes avec certains pays de la région.

Or, Pékin a matérialisé sa "bonne amitié" avec l’ASEAN en déployant illégalement sa plate-forme de forage, ses bâtiments militaires et ses avions de combat dans la zone économique exclusive et sur le plateau continental du Vietnam. Ses navires d’escorte n’ont pas hésité à percuter les bateaux de pêche et ceux des forces publiques du Vietnam et a utilisé des puisants canons à eau. Pire encore, les médias chinois ont appelé à "offrir une leçon au Vietnam en cas de protestation".

Les actes unilatéraux commis par Pékin menacent sérieusement la paix et la stabilité de la région et ont choqué l’ASEAN comme toute la communauté internationale. En violant le droit international et la DOC, la Chine a mis à néant ses engagements pris avec l’ASEAN sur une région alors pacifique, stable et prospère.

Isolé avec son rêve d’"émergence pacifique"

En réalité, en agissant par menaces et provocations en mer contre le Vietnam, la Chine n’a pas réussi à convaincre le monde et ses voisins qu’il était une "émergence pacifique". À cela s’ajoute que la Chine a fait la sourde oreille aux demandes légitimes des Philippines et à ses devoirs envers le tribunal international concernant le litige sur la souveraineté du récif de Scarborough en Mer Orientale.

La communauté internationnale se demande comment la Chine deviendra une puissance en défiant le droit international pour installer un nouvel ordre hégémonique dans la région? Saper son propre prestige et trahir les engagements de ses plus hauts dirigeants, est-ce que ce sont des mesures de Pékin pour maintenir ses intérêts à long terme?

Pour chaque pays, la paix et la stabilité sont indispensables pour le développement. Pourtant, une fois que cet environnement est détruit, la confiance en la Chine se perd rapidement, et donc, Pékin sera isolé dans son parcours de développement en tant qu’émergence pacifique.
VNA/CVN 
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