31/12/2013 16:54
Buenos Aires est confrontée à la pire canicule depuis 1970 : la température oscille entre 30 et 40 degrés depuis deux semaines, les climatiseurs tournent à plein régime et le pic de consommation génère des coupures de courant, un cauchemar dans certains quartiers.

Buenos Aires est confrontée à la pire canicule depuis 1970. Photo : AFP/VNA/CVN


Cette situation a généré une querelle politique. L'opposition incrimine le contrôle des tarifs de l'électricité imposé par le gouvernement, qui, lui, pointe la responsabilité des fournisseurs.

Lundi 30 décembre, des immeubles étaient privés d'électricité depuis plus d'une semaine. Les occupants devaient se passer des ascenseurs, réfrigérateurs, ventilateurs ou appareils de climatisation, la chaleur devenant suffocante.

D'après le gouvernement, entre 1 et 3% des foyers de la capitale sont touchés par cette pénurie de courant, une estimation contestée par l'opposition.

Les techniciens des distributeurs Edenor et Edesur tentent de réparer lignes, compteurs et transformateurs d'un réseau obsolète, mais les pannes ont un temps d'avance.

Dans divers points de l'agglomération, des familles excédées ont dressé des barrages dans des rues, avenues ou autoroute, pour protester contre la pénurie d'électricité et réclamer un meilleur service. Le soir du
30 décembre, un cacerolazo (concert de casseroles revendicatif, ndlr) devait retentir dans le centre.

"Électricité la moins chère du monde"

Le 29
décembre, le maire conservateur de Buenos Aires Mauricio Macri avait décrété l'état d'urgence énergétique. Le chef du gouvernement de centre-gauche Jorge Capitanich a, lui, pointé le 30 décembreun doigt accusateur sur Edenor (ex-EDF) et Edesur (Endesa), les deux distributeurs privés d'électricité qui alimentent les 13 millions d'habitants de l'agglomération-capitale.

La production est "excellente" mais "la responsabilité première et principale des problèmes d'alimentation sont les entreprises", a-t-il déclaré alors que les critiques s'abattent sur le gouvernement.

Les opposants critiquent une politique tarifaire de l'État qui étrangle les entreprises distributrices qui n'ont plus de marge de manœuvre économique pour se lancer dans des améliorations coûteuses du réseau.

Pour, Emilio Apud, ancien ministre argentin de l'Energie (2001), le problème est à imputer "pour 20% à la production et 80% au réseau de distribution" en piteux état. "L'État a décidé de geler les prix de l'électricité en 2002. Mais en dix ans, le tarif de l'électricité a augmenté de 140%, alors que le coût de production et distribution a bondi de 1.000%, car la demande a augmenté de 65% dans l'intervalle", rappelle-t-il. Une famille de classe moyenne vivant dans un appartement de plus de 100 m2 d'un quartier excentré de la capitale doit payer 440 pesos (50 euros) pour deux mois de consommation, mais la facture bimestrielle d'électricité stipule une subvention de l'État de 303 pesos (34 euros), indiquant que l'opérateur reçoit 746 pesos (84 euros).

"Nous avons les tarifs les plus bas du monde. Il faudrait multiplier le tarif par 9 ou 10. Le faible coût de l'électricité promeut une consommation irresponsable et cela aboutit à cette catastrophe", soutient l'ancien ministre.

En 2005, la française EDF a cédé 65% de ses parts dans Edenor, premier distributeur d'électricité en Argentine, faute de pouvoir augmenter ses tarifs.

AFP/VNA/CVN


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