14/03/2020 15:43
Wall Street a terminé en fanfare vendredi 13 mars une semaine tumultueuse pour les places financières mondiales, marquée par une hécatombe historique jeudi 12 mars face à la progression impitoyable de la pandémie de COVID-19.
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>>Face au coronavirus, une débâcle historique pour les Bourses de Paris à Wall Street

Un courtier au New York Stock Exchange le 13 mars à Wall Street.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'indice vedette de la Bourse de New York, le Dow Jones, a profité d'un impressionnant regain de vigueur en toute fin de séance pour gagner 9,36% après la déclaration par Donald Trump de l'état d'urgence aux États-Unis.

Il regagne ainsi presque tout le terrain perdu jeudi 12 mars quand, face à la multiplication des mesures de confinement et à l'annonce en ordre dispersé par divers gouvernements et banques centrales de plusieurs plans de soutien à l'économie, la panique avait complètement emporté les marchés. Le Dow Jones s'était alors effondré de 10%.

Le sursaut est resté plus modeste sur les Bourses européennes.

À Paris, le CAC 40 a gagné 1,83% au lendemain de la pire chute de son histoire. Francfort (+0,77%), Londres (+2,46%) et Madrid (+3,73%) ont suivi la même trajectoire. Milan est remontée un peu plus (+7,12%), après l'effondrement de la veille.

"La bonne nouvelle est que le marché n'a pas complètement capitulé, le déclin a été temporairement stoppé, remarque Peter Cardillo de Spartan Capital Securities. Cela ne veut pas dire qu'on va regagner en vigueur tout de suite mais le pire de la panique est sans doute passé", avance l'expert.

"Il s'agit d'un rebond plus technique que fondamental", abonde Guillaume Garabedian, responsable de la gestion conseil à Meeschaert Gestion Privée.

Un homme masqué passe devant un écran de la Bourse de Tokyo en chute, le 13 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

La multiplication des mesures de soutien à l'économie, monétaires ou budgétaires, a aidé les investisseurs à reprendre un peu confiance.

La Réserve fédérale américaine a notamment annoncé jeudi 12 mars qu'elle allait renouer avec le rachat de dette et injecter des milliers de milliards d'USD d'argent frais pour permettre aux banques et entreprises de se financer peu après la présentation par la Banque centrale européenne (BCE) d'un paquet de mesures visant à limiter l'impact économique de la crise sanitaire.

Rompant avec son habituel discours de discipline budgétaire, le gouvernement allemand a lui promis d'aider les entreprises "sans limite vers le haut".

Mais c'est la déclaration par Donald Trump de l'état d'urgence aux États-Unis, qui devrait permettre de dégager jusqu'à 50 milliards d'USD de ressources supplémentaires, qui a alimenté un rebond impétueux en toute fin de séance américaine.

Situation fragile 

Néanmoins, "le marché aura certainement du mal à rebondir de manière ferme et durable tant qu'on n'aura pas la maîtrise sur le plan sanitaire", prévient M. Garabedian.

La Chine, où le coronavirus a émergé en décembre, considère désormais que le pic de l'épidémie est passé sur son territoire, mais le COVID-19 fait désormais rage ailleurs, notamment en Italie ou en Iran.

Sur les marchés, la situation reste fragile. Le Dow Jones a quand même perdu 10,4% sur la semaine.

Les cours du pétrole ont, eux, encaissé leur pire chute hebdomadaire depuis la crise financière de 2008, à la fin d'une semaine marquée par le déclenchement d'une nouvelle guerre des prix de l'or noir entre l'Arabie saoudite et la Russie et la crainte d'une diminution drastique de la demande en brut à cause des mesures de confinement.

Le baril de Brent coté à Londres a perdu sur l'ensemble de la semaine 25,2% quand celui de WTI à New York a lâché 23%.

À l'inverse des places européennes, à la Bourse de Tokyo, l'indice Nikkei a clôturé vendredi 13 mars sur un plongeon de 6,08%, après avoir déjà perdu 4,4% jeudi 12 mars.

"Si le sentiment de panique est, certains jours, similaire à celui qu'on pouvait ressentir lors de la crise de 2008", la crise du nouveau coronavirus "est unique en son genre" et "la situation de l'économie n'est pas du tout la même qu'à l'époque", souligne Nathan Thooft, gestionnaire de portefeuilles chez Manulife Asset Management. La situation financière des ménages ou des établissements financiers notamment est beaucoup moins préoccupante qu'à l'époque, estime-t-il.

"La reprise se fera attendre moins longtemps qu'après la crise financière", avance l'expert.

AFP/VNA/CVN
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