24/03/2018 15:39
Après les cheminots et les fonctionnaires, c'est au tour du personnel d'Air France de manifester son mécontentement vendredi 23 mars avec une grève pour les salaires à l'appel de 11 syndicats, tous métiers confondus, qui conduit à l'annulation d'un quart des vols.
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Des appareils Airbus A380 d'Air France stationnés sur le tarmac de l'aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle.
Photo : AFP/VNA/CVN

Trois quarts des vols (75%) sont maintenus dans l'ensemble, soit la même proportion que le 22 février, date de la première grève qui avait coûté 26 millions d'euros, selon les calculs de la compagnie.

Vendredi 23 mars, le trafic était conforme aux prévisions, a indiqué un porte-parole de la direction : 70% de vols long-courriers, autant de moyen-courriers depuis et vers Roissy Charles-de-Gaulle, 80% des court-courriers entre Orly et la province.

Cette fois-ci, les syndicats appelant à la grève n'ont organisé aucun rassemblement. Le taux de grévistes consolidé n'est pas encore connu. Il était de 22,4% le 22 février.

Les estimations de la direction, décrites dans une communication interne à partir des déclarations préalables auxquelles sont astreints certains personnels (loi Diard), font état de 35,5% pour les pilotes, 31,5% pour les personnels au sol, comme pour les hôtesses et stewards (PNC).

L'intersyndicale composée d'organisations de pilotes (SNPL, Spaf, Alter), de PNC (SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF) et d'agents au sol (CGT, FO et SUD) exige une hausse de 6% des grilles salariales pour rattraper, selon elle, la perte de pouvoir d'achat subie depuis la dernière augmentation générale en 2011.

L'Unac, sans être associée à l'intersyndicale, partage cette revendication.

Accord "gagnant-gagnant" ?

Pour 2018, la direction a décidé d'appliquer unilatéralement une augmentation générale de 1%, en deux temps, couplée à une enveloppe d'augmentations individuelles (primes, promotions, ancienneté...) de 1,4% pour les seuls personnels au sol.

Les syndicats jugent ces mesures insuffisantes au regard des résultats de l'entreprise et des efforts fournis dans le passé.

"Air France a eu de meilleurs résultats en 2017 que par le passé" mais avec une rentabilité "moins bonne que ses concurrents", a déclaré vendredi 23 mars sur LCI la ministre des Transports, Élisabeth Borne, avant d'appeler les syndicats à "la responsabilité".

Pour tenter d'éviter une troisième journée de grève, prévue le 30 mars, la direction a invité les syndicats représentatifs de pilotes à une négociation, mardi après-midi 27 mars à Roissy.

Il s'agit de trouver "les moyens de favoriser la croissance d'Air France, en vue d'un accord +gagnant-gagnant+, favorable aux pilotes comme à l'ensemble des salariés", a détaillé la direction dans un mail transmis jeudi 22 mars à son personnel. Les syndicats ont assuré qu'ils s'y rendraient, sans enthousiasme.

"Le thème imposé par la direction est pour l'instant : +Les négociations sont possibles du moment qu'elles ne coûtent rien!+. Peu de chance d'aboutir avec un tel programme", a affirmé le président du SNPL Air France (65% des voix), Philippe Evain.

Un accord "gagnant-gagnant", "ça veut dire +faites des efforts pour financer vos augmentations+", ce que refuse le Spaf (21%), a réagi son président, Grégoire Aplincourt.
 
AFP/VNA/CVN
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