13/11/2019 10:01
Au lendemain du séisme qui a frappé la vallée du Rhône, les habitants du Teil (Ardèche) recensent les dégâts et engagent les premières démarches, encore sous le choc de cette secousse éclair d'une puissance sans équivalent en France depuis 16 ans.
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Des habitants inspectent les dégâts au Teil, le 12 novembre, au lendemain du séisme qui a frappé la vallée du Rhône.
Photo : AFP/VNA/CVN

Quatre personnes ont été blessées, dont l'une grièvement, dans ce séisme de 5,4 sur l'échelle de Richter qui n'a duré que quelques secondes lundi 11 novembre peu avant midi.

Le tremblement de terre a provoqué de nombreux dégâts au Teil, ville de 8.500 habitants limitrophe de Montélimar, dans la Drôme voisine, qui a été largement épargnée. Une éventuelle forte réplique évoquée par des experts ne s'est pas produite pour l'heure.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, attendu au Teil en fin de journée, a promis à l'Assemblée nationale que "l'État se mobilisera(it) totalement dans le processus de reconstruction" en Ardèche et souhaité le déclenchement "au plus vite" des procédures conduisant à la saisine de "la commission qui déclarera l'état de catastrophe naturelle" dans cette localité.

Quelque 200 habitants du Teil, selon la préfète de l'Ardèche Françoise Souliman, ont dû passer la nuit dans trois gymnases mis à disposition par la municipalité. D'autres ont dormi chez des proches. "Tout le monde sera relogé demain soir 13 novembre", a assuré la préfète.

Mardi 12 novembre, les établissements scolaires étaient fermés et des centaines d'habitants, certains les yeux humides, ont convergé vers la mairie pour s'y faire enregistrer comme sinistrés, sur les conseils de leurs assureurs.

Parmi eux, Anaïs Lopez Suarez, coiffeuse de 21 ans habitant le Mélas, quartier fortement touché par la secousse. "Je suis sortie et le mur de mon voisin s'est écroulé à 5 centimètres de moi. Je suis encore sous le choc. On ne sait pas si on va pouvoir habiter de nouveau chez nous", déclare-t-elle en portant son bébé de quelques mois.

Elle garde en tête les images de son logement, qu'elle a pu regagner lundi soir  11 novembre pour y récupérer l'essentiel : "la TV était par terre ; des bouts de mur sont tombés sur le lit de ma fille".

Dans le bureau qui accueille les habitants, on relaye les conseils de prudence : "S'il y a des fissures, on demande aux gens de ne pas rester chez eux tant qu'un expert n'est pas passé", explique Audrey Delalande, responsable de la communication de la mairie. Une cellule d'écoute a été mise en place pour les éventuelles victimes d'un "contre-coup" émotionnel.

"On craint des chutes de cheminées" 

Selon Mme Souliman, "entre 250 et 300" personnes ont été touchées "de manière importante" au Teil. Le maire Olivier Pévérelli évoque de son côté quelque "200 logements" qui seront "difficilement habitables en l'état".

Des habitants inspectent les dégâts dans un quartier du Teil, le 12 novembre.
Photo : AFP/VNA/CVN 

Il doit soumettre, mardi 12 novembre, une demande de classement de la commune en état de catastrophe naturelle mais il a déjà appelé les assurances "à jouer leur rôle" et à "prendre en compte les sinistres dès aujourd'hui", sans attendre le décret. Selon lui, deux clochers du village risquent toujours de s'effondrer.

Autre conséquence: les réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche), située à une dizaine de kilomètres, ont été arrêtés lundi soir 11 novembre pour un "audit approfondi". Son redémarrage est prévu vendredi, date qui reste indicative, selon EDF.

Plus éloigné de l'épicentre, le site du Tricastin n'a pas été affecté, aucun seuil d'alerte n'y ayant été détecté.

Au Teil, mardi 12 novembre, l'accès au centre-ville était fermé par les forces de l'ordre. Selon la préfète, "la première urgence est sur la voie publique", "on craint des chutes de cheminées".

Jusque très tard dans la nuit lundi 11 et dès l'aube mardi 12 novembre, les pompiers ont mené des dizaines d'interventions en Ardèche et dans la Drôme, principalement à Montélimar, selon les préfectures de ces départements peu habitués aux secousses sismiques.

Si quelque 600 séismes se produisent en France tous les ans, seulement dix à quinze sont ressentis par la population. Et ils concernent la plupart du temps, Midi-Pyrénées, le littoral méditerranéen, les Alpes ou l'Alsace. Une légère secousse de magnitude 3,3 sur l'échelle ouverte de Richter s'est d'ailleurs produite mardi 12 novembre en début d'après-midi près de Strasbourg.

AFP/VNA/CVN
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