17/08/2021 09:18
Des bâtiments éventrés, des dépouilles coincées dans les décombres. Deux jours après le puissant séisme qui a frappé Haïti, faisant plus de 1.400 morts, les secours s'activaient lundi 16 août à la recherche des personnes disparues ou bloquées sous les ruines, à l'approche d'une tempête qui menaçait d'aggraver encore la situation.
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À Les Cayes le 15 août. Photo : AFP/VNA/CVN

La dépression tropicale Grace faisait en effet planer le risque d'inondations et de glissements de terrain en Haïti et dans la Républicaine dominicaine voisine, a averti le Centre national des ouragans, basé à Miami.

Selon la Protection civile haïtienne lundi 16 août  après-midi, 1.419 personnes sont mortes et plus de 6.900 blessées dans le séisme qui a secoué le Sud-Ouest du pays samedi 14  août à 08h29 locales. Plus de 37.000 maisons ont été détruites. 

Dans la petite ville balnéaire de Port-Salut comme dans le reste des régions affectées, les habitants faisaient face à un dilemme : rester dehors pour se protéger des répliques, ou rentrer dans des bâtiments endommagés pour s'abriter des fortes intempéries attendues avec la dépression tropicale Grace.

L'hôpital de la ville a tranché : il faut essayer de protéger les patients qui s'entassent dans la cour, sous des bâches en plastique, depuis le tremblement de terre. En milieu de journée lundi 16 août , les malades étaient transférés vers l'intérieur de l'établissement malgré la crainte de répliques.

"Les docteurs nous demandent pour ce soir de rentrer sous la dalle de béton mais jusqu'à présent, on n'est pas en sécurité. Ça secoue encore donc c'est pour ça qu'on est installés dehors", témoignait Wilfried Labaye, 41 ans, avant que la décision de mettre tout le monde à l'intérieur ne soit prise.

Sa femme Espérance Rose Nadine, 36 ans, est allongée à même le sol à ses côtés. Elle a eu les deux jambes écrasées dans l'effondrement de leur maison située dans les montagnes voisines.

M. Labaye s'inquiète non seulement pour l'état de santé de son épouse mais aussi des intempéries qu'ils ne pourront pas fuir.

"Je ne sais pas comment cette tempête va passer", dit-il.

Aide internationale 

Devant l'église Sacré-Coeur des Cayes le 15 août . Photo : AFP/VNA/CVN

Aux côtés des infirmières qui s'occupent des blessés, Aline Cadet, sage-femme de 26 ans, est minée par l'annonce des bulletins météo.

"Psychologiquement, nous ne sommes pas bien. On ne sait pas du tout comment on va gérer", lâche-t-elle. "Il y a des femmes enceintes ici, certaines ont perdu leur bébé en tombant ou en étant blessées", déplore-t-elle. 

De nombreux pays, notamment les États-Unis, la Républicaine dominicaine, le Mexique ou encore l'Équateur ont offert leur assistance avec l'envoi de personnel, de rations d'urgence et d'équipements médicaux.

L'armée américaine a annoncé lundi 16 août  la constitution d'une mission militaire conjointe, avec le déploiement déjà effectué d'une équipe chargée d'évaluer la situation dans les zones affectées grâce à des moyens aériens d'observation. Quatre hélicoptères ont également été mobilisés pour du transport.

Il s'agit d'"avoir une idée des dégâts", a expliqué lundi 16 août  le porte-parole du Pentagone, John Kirby. Les images aériennes prises par les équipes américaines "aideront à déterminer quelle aide est nécessaire, où et quand".

Les secours s'affairaient dans les zones affectées à l'aide de camions et de tractopelles comme dans la ville des Cayes, près de l'épicentre du séisme, à quelque 160 km de la capitale haïtienne Port-au-Prince.

Le Premier ministre haïtien Ariel Henry, qui a décrété l'état d'urgence pour un mois dans les quatre départements affectés par la catastrophe, a remercié dimanche 15 août la communauté internationale.

"Nous voulons donner une réponse plus adaptée qu'en 2010 après le tremblement de terre. Toutes les aides venant de l'extérieur doivent être coordonnées par la direction de la Protection civile", a exigé le chef du gouvernement, tout en appelant ses concitoyens à "l'unité nationale".

Le séisme du 12 janvier 2010, de magnitude 7, avait ravagé la capitale et plusieurs villes de province.

AFP/VNA/CVN
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