22/06/2018 18:30
Les ministres des Finances de la zone euro se sont entendus dans la nuit du 21 au 22 juin sur un vaste accord mettant fin à huit années de crise, d'austérité et de plans de sauvetage pour la Grèce.
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Le commissaire européen aux Affaires financières Pierre Moscovici (gauche) et le ministre grec des Finances, Euclid Tsakalotos, lors d'une réunion de l'eurogroupe à Luxembourg, le 21 juin.
Photo: AFP/VNA/CVN

L'accord, qui inclut un dernier allègement important de la dette d'Athènes, a été conclu vers 00h00 (22h00 GMT), après plus de six heures de réunion à Luxembourg.

Il doit permettre à Athènes de quitter, comme prévu, la tutelle de ses créanciers - zone euro et Fonds monétaire international (FMI) - le 20 août prochain pour recommencer à se financer seule sur les marchés, après plusieurs années de profonde récession et trois programmes d'aide.

"La crise grecque s'achève ici, cette nuit. Nous sommes finalement arrivés au bout de ce chemin qui a été si long et si difficile. C'est un moment historique", s'est félicité le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici.

"Je suis heureux", a affirmé le ministre grec des Finances, Euclid Tsakalotos.

"Pour que ça en vaille la peine, nous devons nous assurer que le peuple grec voit des résultats concrets", a-t-il ajouté.

Selon plusieurs sources, les discussions se sont prolongées car l'Allemagne a manifesté une résistance de dernière minute contre l'allègement de la dette de la Grèce, pourtant jugé nécessaire par ses créanciers pour assurer sa crédibilité les marchés financiers.

"Les négociation ont été difficiles, reconnaissons-le", mais "je considère que le problème de la dette grecque est désormais derrière nous", a affirmé le ministre français des Finances Bruno Le Maire.

"Surveillance renforcée"

Les Européens ont accepté vendredi d'allonger de dix ans les échéances de remboursement d'une grande partie de cette dette - dont le niveau reste le plus élevée de l'UE (180% de son PIB) - et permettront aux Grecs de ne commencer a rembourser une partie des prêts qu'à partir de 2032, contre 2022 jusqu'à présent.

Ils se sont également entendus sur le versement d'une toute dernière tranche d'aide, de 15 milliards d'euros, contrepartie aux 88 dernières réformes accomplies par la Grèce ces dernières semaines.

Sur cette somme, 5,5 milliards sont destinés au service de la dette et 9,5 milliards alimenteront un "matelas financier" de plus de 24 milliards d'euros pour les 22 mois qui suivront sa sortie du programme.

Sous la pression de l'Allemagne, certaines mesures d'allègement de la dette resteront conditionnées à la poursuite des dernières réformes, dont certaines s'étendront sur plusieurs mois.

Les principaux indicateurs sur l'économie et la population grecque depuis 2007, comparés avec la moyenne des pays de la zone euro.
Photo: AFP/VNA/CVN

Athènes sera d'ailleurs dès sa sortie du troisième programme d'aide en août, et jusqu'en 2022, sous le coup d'une surveillance encore jamais vue de la part des Européens, bien plus stricte que celles mises en place dans le passé pour le Portugal, Chypre ou l'Irlande.

"Ce cadre de surveillance post-programme renforcé était nécessaire, mais il n'y aura en aucun cas de programme déguisé", a insisté Pierre Moscovici.

Les Européens ont aussi prévu de faire le point sur la dette grecque en 2032 et d'accorder, si nécessaire, de nouvelles mesures d'allègement.

''Hommage"

Le FMI, qui a participé financièrement aux deux premiers programmes grecs, ne le fera pas pour le troisième, mais restera impliqué dans la surveillance post-programme, a annoncé vendredi 22 juin sa directrice générale, Christine Lagarde, présente à Luxembourg.

Selon Mme Lagarde, la dette grecque est soutenable "à moyen terme". "Mais sur le long terme, nous avons des réserves", a-t-elle ajouté.

En huit ans, la Grèce a bénéficié de plus de 273 milliards d'euros d'assistance de la part de ses créanciers au cours de trois programmes d'aide.

En contrepartie, les Grecs ont été contraints de mettre en œuvre plusieurs centaines de réformes, souvent douloureuses, notamment pour assainir leurs finances publiques.

La croissance du PIB a atteint 1,4% en 2017 et devrait encore progresser cette année (1,9%) et l'an prochain (2,3%). Dans le même temps, la Grèce affiche désormais un excédent budgétaire de 0,8%, après avoir enregistré un déficit de 15,1% en 2009.

"Je rends hommage au peuple grec pour sa résilience et son engagement européen. Ses efforts n'ont pas été vains", a twitté dans la nuit le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

AFP/VNA/CVN

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