22/01/2020 16:25
Les débats au procès en destitution de Donald Trump se sont ouverts mardi 21 janvier devant le Sénat américain par une âpre bataille sur les règles de ce rendez-vous historique, les démocrates accusant les républicains d'organiser un acquittement au pas de charge du président des États-Unis.
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Le président américain Donald Trump, le 14 janvier à Milwaukee, aux États-Unis.
Photo : AFP/VNA/CVN

Cinq jours après avoir juré de rendre la justice de "manière impartiale", les cent sénateurs se sont retrouvés au Capitole, siège du Congrès à Washington. Dans une mise en scène austère, ils se sont plongés dans un silence grave lorsque le chef de la Cour suprême John Roberts, chargé de présider les audiences, a signifié de son marteau le début des échanges.

Mais avant de se pencher sur l'acte d'accusation pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès, adopté en décembre par la Chambre des représentants à majorité démocrate, ils ont engagé un rude bras de fer sur les règles du jeu.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell a introduit une résolution pour encadrer ce procès qui, à dix mois de la présidentielle, parasite la campagne de réélection du locataire de la Maison Blanche.

Au programme : trois journées de huit heures en moyenne pour l'accusation et autant pour la défense afin qu'elles exposent leurs arguments, puis 16 heures de questions des sénateurs.

"C'est une feuille de route équitable pour notre procès", a estimé l'influent M. McConnell, qui ne cache pas sa volonté d'offrir au milliardaire républicain l'acquittement rapide qu'il espère, idéalement dans un délai de deux semaines.

Accusé de vouloir organiser un procès nocturne quand les Américains dorment, il a toutefois dû quelque peu diluer la durée de cette phase initiale par rapport à une première proposition à marche forcée.

"Honte nationale" 

Les membres de l'équipe démocrate de l'accusation au procès en destitution du président américain Donald Trump au Sénat.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'élu Adam Schiff, chargé de porter l'accusation, a reproché au camp présidentiel d'organiser un "procès truqué" au Sénat - quand les républicains estiment que les démocrates avaient conduit une enquête "truquée" à la Chambre des représentants.

En cause, la question cruciale des témoins-clés que les démocrates veulent convoquer et des documents qu'ils exigent du gouvernement. Les républicains veulent repousser toute décision là-dessus à plus tard.

Évoquant une "honte nationale", le chef des démocrates au Sénat Chuck Schumer a introduit plusieurs amendements.

Mais le premier, réclamant d'emblée des documents de la présidence des États-Unis, a été rejeté selon les lignes partisanes : les 53 sénateurs républicains ont voté contre, les 47 démocrates pour.

Les amendements suivants, sur les documents du département d'État et les témoins, risquaient de subir le même sort : avec leur majorité, les républicains peuvent gagner tous les votes de procédure, comme ils sont quasiment assurés d'être en mesure d'acquitter, in fine, Donald Trump.

"Nous avons besoin de quatre républicains qui soient prêts à choisir le camp de la justice", avait pourtant lancé Chuck Schumer, courtisant les plus modérés. "Les sénateurs républicains vont être confrontés à un choix, connaître les faits ou rejoindre Mitch McConnell et le président Trump dans leur tentative de dissimulation."

Le 45e président des États-Unis, qui est seulement le troisième à subir l'affront d'un procès en destitution après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1999, n'est pas présent aux audiences.

"Rien fait de mal" 

Mais il a profité de son déplacement au Forum économique mondial de Davos, de l'autre côté de l'Atlantique, pour vanter le "retour" du "rêve américain". Et qualifier une fois de plus son procès de "farce" et de "chasse aux sorcières".

Au coeur du scandale : un coup de téléphone en juillet au cours duquel Donald Trump demandait à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky d'enquêter sur Joe Biden, son adversaire démocrate potentiel à la présidentielle de novembre.

Alors que les projecteurs étaient tournés vers cette première vraie journée de procès, retransmise en direct des heures durant par les télévisions, les démocrates ont profité des échanges sur la procédure pour présenter leur dossier d'accusation. Selon eux, l'ex-magnat de l'immobilier doit être destitué pour avoir exercé un chantage sur Kiev : vous lancez l'enquête ou nous bloquons une aide militaire cruciale.

L'avocat de la Maison Blanche Pat Cipollone a répondu que l'acte d'accusation était "non seulement ridicule mais aussi dangereux pour notre République". "Il est temps de démarrer" le procès "pour pouvoir mettre fin à cette mascarade ridicule", a-t-il plaidé.

C'est la ligne de défense du président âgé de 73 ans, qui enchaîne les provocations et aime casser les codes politiques. Depuis que l'affaire a éclaté en septembre, il n'a cessé de clamer que son appel au président ukrainien était "parfait".

"C'est parfait! Il est donc parfaitement normal de tordre le bras d'un allié en gelant une aide militaire pour obtenir un coup de pouce afin de tricher lors de la prochaine élection", a ironisé Adam Schiff.

"Le président se soustrait à toute responsabilité et se place au-dessus des lois : il ne peut pas être inculpé, il ne peut être destitué. Cela en fait un monarque, exactement le danger contre lequel est censée nous protéger la Constitution", a-t-il tonné.

AFP/VNA/CVN
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