09/11/2017 07:40
Pour la première fois, le sujet des start-up est au programme des discussions du Forum de coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC).
>>Ouverture de la session du Conseil consultatif des entreprises de l'APEC
>>L’APEC appuie l’initiative d’accélération des start-up
>>APEC 2017 : soutenir davantage les MPME

La secrétaire générale de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Vietnam (VCCI), Pham Thi Thu Hang. Photo : BM/CVN

À l’initiative du Vietnam, le Forum de l’APEC sur les start-up 2017 s’est tenu les 11 et 12 septembre dans le cadre de la conférence ministérielle de l’APEC sur les PME à Hô Chi Minh-Ville. Il s’agit d’un des principaux thèmes de l’APEC 2017.

Selon Pham Thi Thu Hang, secrétaire générale de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Vietnam (VCCI), l’APEC va permettre aux économies membres d’approfondir leurs coopérations. Dans le contexte du numérique, les start-up sont en plein essor aux quatre coins du globe, et les économies membres de l’APEC ne font pas exception à la règle. La mise en place d’un soutien pour les start-up innovantes est une nécessité pour presque tous les pays qui prétendent se développer sur le plan économique. 

Nécessité d’une structure favorable aux start-up dans le cadre de l’APEC

Le forum de l’APEC sur les start-up 2017 dans le cadre de la conférence ministérielle de l’APEC sur les PME, tenu les 11 et 12 septembre à Hô Chi Minh-Ville. Photo : Hoàng Hai/VNA/CVN

La situation concernant les start-up est très différente d’une économie à l’autre. L’opportunité de réussir dans les affaires est proportionnelle au niveau de développement économique du pays.

Le résultat des études GEM (Global Entrepreneurship Monitor en anglais) a indiqué que les pays comme la République de Corée, le Canada, le Japon, les États-Unis, l’Australie, Singapour sont entré dans la 3e phase de développement économique, basée principalement sur l’innovation. Ces pays jouent d’ailleurs les premiers rôles dans l’APEC.

Les sept pays que sont l’Indonésie, le Chili, le Pérou, le Mexique, la Thaïlande, la Chine et la Malaisie sont pour leur part entrés dans ce que l’on considère comme la deuxième phase de développement, basé davantage sur l’efficacité productive.

Concernant les start-up du Vietnam, de la Russie et des Philippines, elles sont toujours dans la première étape de développement, qui repose sur l’importation de technologies.

Les économies ayant un développement basé sur l’innovation occupent une place importante dans l’économie car elles engendrent des idées créatives et de nombreuses innovations.

Pour les économies appartenant au 3e groupe, une structure favorisant le développement des start-up va permettre de créer un environnement propice aux affaires. C’est la clé pour doper le développement du pays et cela doit devenir une priorité pour des pays comme l’Indonésie, les Philippines, la Thaïlande, le Vietnam…, a souligné Mme Hang.

Au forum des start-up de l’APEC 2017, les représentants des diverses économies ont échangé sur la possibilité de mettre en place une structure de soutien active à l’horizon 2020.

La déclaration commune de la conférence ministérielle de l’APEC sur les PME a appelé les économies à proposer des initiatives pour aider les start-up et mettre en place des mesures concrètes pour soutenir leur activité.

Les ministres régionaux ont souligné la réussite du Vietnam dans l’organisation du forum des start-up de l’APEC 2017.

Accélérer le développement de l’économie numérique dans la région

Les représentants des entreprises présentent leurs projets lors du forum de l'APEC sur les start-up à Hô Chi Minh-Ville. Photo : Hoàng Hai/VNA/CVN

L’émergence d’une économie du numérique est inévitable au XXIe siècle. C’est pourquoi le sujet des start-ups est pris très au sérieux dans ce forum de l’APEC.

Les entreprises se développement grâce à la créativité et l’innovation. Au Vietnam, les entreprises doivent faire face à la révolution du numérique. "C’est une opportunité pour les entreprises du pays de se développer", a insisté le président de la VCCI, Vu Tiên Lôc.

Toujours selon M. Lôc, les technologies numériques constituent un socle commun aux grandes, moyennes et petites entreprises.

«Le Vietnam possèdera une nouvelle génération d’entreprises qui se caractérisera par un petit fond d’investissement mais un grand savoir-faire technologique», a déclaré M. Lôc.

Pourtant, pour mettre en place une économie numérique, le Vietnam doit d’abord former une ressource humaine de qualité apte à travailler dans l’univers des start-up. C’est un point essentiel qu’il faut approfondir si les pays membres de l’APEC souhaitent mettre en place une structure efficace visant à favoriser le développement des start-up.

«Les langues étrangères sont un facteur important du développement d’un pays, surtout si ce dernier aspire à prendre part à la révolution industrielle 4.0. Le Vietnam a généralisé l’apprentissage de l’anglais très tôt mais seulement 30% de la population parlent cette langue, tandis que dans certains pays en tête dans le numérique, ce pourcentage est de 90%. La moitié de la population de ces pays peut maîtriser une ou deux autres langues étrangères», a fait savoir le secrétaire général du forum du secteur privé du Vietnam, Dào Huy Giam.

Le forum des start-up cette année a par ailleurs mis l’accent sur l’impératif d’un développement durable.

La réussite en affaires est inversement
proportionnelle à la peur d'échec


Le modèle de culture des végétaux propres d'un start-upper dans la ville de Buôn Mê Thuôt (hauts plateaux du Centre). Photo : Tuân Anh/VNA/CVN

L’esprit entrepreneurial des Vietnamiens existe bel et bien. Environ 95% des personnes interrogées dans le cadre du « Sondage sur l’esprit entrepreneurial » (crée par le groupe Amway, relevant de l’Université allemande de Technische en collaboration avec la compagnie d’études sur le marché GFK) portent un regard positif sur le monde des start-up.

Pourtant, la plupart des Vietnamiens sont inquiets en se lançant dans les affaires. Le pays se classe 8e parmi les 60 pays sondés par la GEM en 2015.

La peur de l’«échec» reste un obstacle pour la plupart des gens, qui se refusent à entreprendre même si des opportunités se présentent.

Les Vietnamiens arrêtent les affaires pour trois raisons principales : les difficultés financières (29,2%), l’incapacité des start-up à se développer suffisamment sur le marché (22,2%) et les autres opportunités d’emplois, plus sécurisant pour les Vietnamiens qui préfèrent abandonner leurs projets pour signer un autre contrat (19,4%).

Ces chiffres ont été annoncés par le Département général des statistiques du Vietnam. Les petites entreprises (d'un fond d'investissement moins de 10 milliards de dôngs) représentent plus de 90%. L'échec de la création d'entreprise a des conséquences négatives sur l'esprit du propriétaire de l'entreprise, mais plus généralement sur la société et l’emploi dans le pays.

L'espace au service des start-up, réservé aux entreprises et individuels en la matière qui a été récemment inauguré à Hô Chi Minh-Ville.
Photo : An Hiêu/VNA/CVN

Selon le Docteur Luong Minh Huân, qui travaille à l’Institut du développement des entreprises, relevant de la VCCI, pour aider les habitants à surmonter les difficultés en la matière, le Vietnam doit prendre des mesures concrètes.

Le rapport GEM a cité les quatre éléments positifs qui favorisent l’activité des start-up au Vietnam. Il s'agit du dynamisme du marché national, de la culture d’entreprise  et des normes sociales, des politiques gouvernementales de soutien et de la qualité des infrastructures.

À l’inverse, il faut améliorer le niveau d’éducation pour favoriser l’innovation, attirer davantage de fonds d’investissement pour développer les start-up et financer les programmes de soutien du gouvernement.

Peu avant, lors du Forum «Start-up créative – Comprendre, Agir correctement», organisé par l'Association des jeunes hommes d'affaires du Vietnam et le Forum du secteur privé du Vietnam (VPSF), le vice-Premier ministre Vuong Dinh Huê a affirmé que le gouvernement favoriserait la formation d’une structure destinée au développement des entreprises,  la création de fonds de capital-risque et  le développement de la science et des technologies, afin de créer un environnement favorable au développement des start-up, et à surmonter les obstacles tels que la finance, la connaissance du marché…

"La vague de start-up a apporté une amélioration réelle dans l’économie du pays, ce n’est pas seulement un mouvement conjoncturel" a souligné le vice-Premier ministre Vuong Dinh Huê.
 

Le classement des indices dans l'écosystème des start-up au Vietnam 2015
 
 
Unité : Échelon 1-5
Conditions d'affaires 2015 2014 2013
Point Rang/62 Point Rang/73 Point Rang/69
Dynamisme du marché domestique 3,59 11 3,71 6 3,50 15
Culture et normes sociales 3,23 14 3,13 17 3,10 20
Politique du gouvernement 2,78 15 2,93 20 2,89 20
Infrastructures 4,07 17 3,75 39 3,58 43
Règlement gouvernemental 2,62 25 2,46 32 2,77 13
Niveau d'ouverture du marché domestique 2,51 28 2,43 52 2,66 32
Transition des technologies 2,33 30 2,30 40 2,54 20
Service de soutien des affaires 2,93 42 2,93 41 2,89 45
Education des affaires au lycée 1,57 47 1,83 51 1,97 46
Education des affaires post-lycée 2,53 47 2,64 58 2,64 50
Programme de soutien gouvernemental 2,14 50 2,35 54 2,50 38
Finance pour les affaires 2,12 50 2,37 44 2,40 42
 
Source : Sondage des experts globaux des années 2013-2015
 
Thu Hà Ngô/CVN
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