30/09/2021 15:47
Les frictions persistent mais responsables américains et européens, réunis à Pittsburgh aux États-Unis, ont affiché mercredi 29 septembre leur désir de trouver "un terrain d'entente" sur les technologies et le commerce avec en toile de fond la volonté de mettre fin aux distorsions commerciales de la Chine.

De gauche à droite : Katherine Tai, Gina Raimondo, Antony Blinken, Valdis Dombrovskis et Margrethe Vestager à Pittsburgh, en Pennsylvanie, le 29 septembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Signe que les Américains souhaitent retisser le lien de confiance, le secrétaire d'État Antony Blinken a participé lui-même à la réunion du Conseil UE/États-Unis sur le commerce et la technologie (TTC) aux côtés de Gina Raimondo, la secrétaire au Commerce, et Katherine Tai, la représentante au Commerce. Côté européen, Valdis Dombrovskis et Margrethe Vestager, tous deux vice-présidents de la Commission européenne, ont fait le déplacement.

"C'est un esprit de coopération et de collaboration remarquable, et une volonté entre les États-Unis et l'Union européenne de travailler très, très étroitement ensemble", a commenté Antony Blinken à l'issue de la réunion. "En travaillant ensemble, nous avons une capacité unique de contribuer à façonner les normes, les réglementations et les règles qui régissent la façon dont les technologies affectent la vie de pratiquement tous nos citoyens", a-t-il ajouté.

"C'est rare d'avoir autant de responsables assis tous ensemble toute une journée et non pas 10 minutes dans le salon privé d'un aéroport", a-t-on souligné dans l'entourage des commissaires européens. Ils sont convenus de se retrouver au printemps prochain en Europe, a-t-on ajouté de même source. D'ici là, "l'intention est d'obtenir des résultats concrets" sur tous les problèmes soulevés mercredi 29 septembre, selon un texte commun.

Pour l'heure, UE et États-Unis prennent acte de l'importance de leur relation bilatérale pour la croissance économique. Après la bataille commerciale avec l'administration Trump, le temps est venu de la "coopération", mot qui revient en boucle dans le texte. Ils soulignent également l'importance des droits des travailleurs, des chaînes d'approvisionnement durables et de la lutte contre le changement climatique. Une manière de se différencier de la Chine.

Acier et aluminium

Le choix de Pittsburgh en Pennsylvanie, capitale sidérurgique reconvertie dans la tech, pour accueillir la première réunion du TTC est symbolique puisque Européens et Américains sont aussi en discussions pour régler leur différend sur l'acier et l'aluminium, qui pollue leurs relations commerciales depuis plus de trois ans.

Washington et Bruxelles ont fait savoir avant même la tenue de la réunion que la résolution de ce conflit, provoqué par l'imposition, en juin 2018, de droits de douane punitifs de 25% sur l'acier européen et de 10% sur l'aluminium européen au nom de la sécurité nationale des États-Unis, ne faisait pas partie des discussions à Pittsburgh.

Le centre-ville de Pittsburgh, en Pennsylvanie.
Photo : AFP/VNA/CVN

Mais ce dossier est présent dans tous les esprits car un accord doit être trouvé d'ici début novembre pour éviter une hausse de nouveaux tarifs douaniers côté européen. Sa résolution serait le signal que la relation transatlantique repart effectivement sur de bonnes bases après les nombreux coups de canif américains au contrat de confiance, sous l'ère Trump puis avec Joe Biden.

Impulsion politique

S'agissant de la pénurie mondiale des semi-conducteurs, très pénalisante pour les entreprises de part et d'autre de l'Atlantique, aucune annonce concrète n'a été faite mais les responsables ont donné une impulsion politique en soulignant qu'ils allaient échanger les informations pour mieux comprendre à quel niveau de la chaîne les difficultés se trouvent. L'objectif de Washington comme de Bruxelles est d'augmenter les capacités de production afin de diminuer la dépendance vis-à-vis de l'Asie.

Avant son départ pour la Pennsylvanie, Valdis Dombrovskis avait expliqué à Washington que le TTC était organisé autour de dix groupes de travail sur des sujets aussi divers que sensibles, dont la régulation des plateformes numériques, l'encadrement de l'intelligence artificielle (IA), le contrôle des investissements étrangers, les exportations stratégiques et surtout la pénurie de semi-conducteurs.

L'UE et les États-Unis soulignent l'importance de l'IA dans l'amélioration de la vie quotidienne mais "affirment leur volonté et leur intention (...) de mettre en œuvre des systèmes d'IA innovants dignes de confiance et respectant les droits humains universels et les valeurs démocratiques". Outre les semi-conducteurs, les pratiques commerciales inéquitables comme les subventions ou le transfert de technologies forcé ont été abordées, avec en toile de fond la politique commerciale à mener vis-à-vis de la Chine.

Sans citer Pékin, UE et États-Unis assurent vouloir "travailler ensemble pour lutter contre les politiques et les pratiques qui faussent les échanges commerciaux". Pour l'heure, l'administration Biden s'inscrit dans le sillage de son prédécesseur Donald Trump en prônant la fermeté envers Pékin et en maintenant les tarifs douaniers. L'Europe semble, elle, vouloir prendre ses distances avec une politique de fermeté absolue.

AFP/VNA/CVN




 

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