12/04/2019 08:56
La guerre pour dominer la distribution entre Amazon et Walmart a pris une nouvelle tournure jeudi 11 avril, les deux géants s'attaquant sur leurs points faibles: les salaires pour le second, les impôts pour le premier.
>>Amazon devient l'entreprise privée la plus chère au monde
>>Wal-Mart et Google s'attaquent ensemble à Amazon

Le fondateur et Pdg d'Amazon Jeff Bezos, le 19 septembre 2018.
Photo: AFP/VNA/CVN

Jeff Bezos, le fondateur du géant du commerce en ligne a appelé ses concurrents dans la distribution, sans citer de nom, à augmenter le salaire minimum de leurs employés pour atteindre au moins 15 dollars de l'heure, comme il l'a fait lui-même.

"Nous avons toujours accordé des salaires qui nous permettaient de rester compétitifs. Mais nous avons décidé cette fois qu'il était à nous d'être à la source du changement", a écrit l'homme le plus riche du monde dans sa traditionnelle lettre aux actionnaires.

"Aujourd'hui, je mets au défi nos principaux concurrents dans la distribution  de s'aligner sur nos avantages aux employés et notre salaire minimum de 15 dollars. Faites le! Allez même jusqu'à 16 dollars de l'heure et relancez la balle dans notre camp ensuite. C'est le genre de compétition qui profite à tout le monde", a-t-il encore dit, à l'adresse d'enseignes comme Target ou Walmart.

La réponse de Walmart, numéro un mondial de la distribution, n'a pas tardé: "Hey concurrents de la distribution (vous vous reconnaîtrez) et si vous payiez vos impôts?", a écrit sur son compte Twitter Dan Bartlett, le responsable du lobby, ajoutant un lien vers un article de presse selon lequel Amazon ne paiera pas d'impôt sur les 11,2 milliards de dollars de bénéfices gagnés en 2018.

M. Bartlett n'en est pas resté là: "La vaste majorité de nos salariés dans les entrepôts gagnent plus de 15 dollars de l'heure depuis longtemps. Et ils reçoivent également des primes en fonction des performances trimestrielles", a ajouté le responsable, ajoutant un lien vers un article du New York Times selon lequel en dépit d'une hausse de leurs salaires les employés d'Amazon devraient voir leur rémunération diminuer.

Amazon et Walmart se disputent le leadership dans la distribution à coups d'acquisitions, d'innovations technologiques et de guerre de petits prix pour séduire les consommateurs.

Amazon, qui possède de plus en plus de magasins "en dur", dont les supermarchés bio Whole Foods et les magasins sans caisse Amazon Go, a instauré depuis novembre une hausse du salaire horaire minimum pour ses employés aux États-Unis, une décision prise sous pression des critiques et d'un marché du travail concurrentiel dans une période de plein-emploi.

Un alignement des salaires à 15 dollars de l'heure lui serait in fine bénéfique car il aurait pour résultat de renchérir les coûts de ses concurrents, qui doivent déjà composer avec les dépenses liées à la détention de milliers de supermarchés. Walmart emploie par exemple plus de 1,5 million de personnes aux États-Unis, contre 350.000 pour Amazon.

De son côté, Walmart, premier employé privé aux États-Unis, a annoncé en janvier 2018 porter le salaire horaire minimum de 9 à 11 dollars, sans toutefois accéder à la demande des syndicats qui réclament 15 dollars.

Son autre concurrent, Target a décidé en début de mois d'augmenter le salaire minimum à 13 dollars de l'heure à partir de juin.

Mi-février, Amazon a dû renoncer à implanter son second siège à New York, alors que plusieurs élus se plaignaient des abattements fiscaux considérables qui lui avaient été accordés pour l'attirer dans la plus grande ville des États-Unis (3 milliards de dollars en additionnant abattements et subventions).


AFP/VNA/CVN

Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
Universités francophones d'Asie-Pacifique au rendez-vous à Hô Chi Minh-Ville

Les maisons d'hôtes à Sa Pa attirent de plus en plus de visiteurs Afin de décharger le trop-plein de visiteurs du bourg de Sa Pa et d’améliorer les moyens de subsistance de la population locale, la province de Lào Cai (Nord) se concentre sur le développement de l’agritourisme.