25/07/2020 16:32
L'avionneur Airbus a fait vendredi 24 juillet une proposition visant à résoudre un très vieux différend avec son rival Boeing, ce qui, selon l'Union européenne, doit conduire les États-Unis à lever "immédiatement" des représailles commerciales décidées sur la base de ce conflit.
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L'avionneur Airbus a fait une proposition visant à résoudre un très vieux différend avec son rival Boeing.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Les droits de douane injustifiés sur les produits européens ne sont pas acceptables", a affirmé vendredi 24 juillet le commissaire européen au Commerce Phil Hogan, appelant les États-Unis à les lever "immédiatement", après les annonces d'Airbus.

"En l'absence d'un règlement, l'UE sera prête à faire pleinement usage de ses propres droits de sanction", a-t-il prévenu.

"Si les États-Unis continuent de refuser une négociation à l'amiable, l’Union européenne n’aura pas d’autre choix que d’adopter des sanctions tarifaires contre des produits américains (...). Nous sommes déterminés à faire respecter nos droits", a abondé le ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire.

L'avionneur européen et son concurrent américain, et donc Bruxelles et Washington, s'affrontent depuis octobre 2004 devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC). En cause : les aides publiques versées aux deux groupes, jugées illégales de part et d'autre.

C'est le conflit commercial le plus long et le plus compliqué traité par l'OMC. Vendredi 24 juillet, Airbus a annoncé se mettre "en conformité totale" avec les règles de l'OMC.

Concrètement, l'avionneur européen s'est entendu avec les gouvernements espagnol et français pour payer des intérêts plus élevés sur les avances remboursables consenties par Paris et Madrid lors du lancement du programme d'avion long-courrier A350.

Ce système d'avances remboursables permet de limiter les risques financiers pris par un industriel lors du lancement de projets d'envergure.

Les taux d'intérêt désormais "correspondent à ce que l'OMC considère comme les taux d'intérêt et les critères d'évaluation des risques appropriés", indique Airbus.

"Après 16 ans de contentieux, il s'agit de la dernière étape afin de mettre fin à ce différend de longue date et supprimer toute justification aux droits de douane américains", affirme l'avionneur.

"Nous avons pleinement satisfait à toutes les exigences de l'OMC. Ces amendements supplémentaires aux RLI (avances remboursables, ndlr) de l'A350 démontrent qu'Airbus n'a négligé aucun détail pour trouver une solution", estime le président exécutif d'Airbus, Guillaume Faury, cité dans le communiqué.

C'est selon lui "un signal clair de soutien à ceux qui souffrent de l'impact violent des tarifs douaniers imposés par l'USTR", le représentant américain au commerce, "surtout à un moment où les industries sont durement touchées par les conséquences de la crise du COVID-19".
 
AFP/VNA/CVN
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