02/07/2020 10:52
Les oppositions politiques sont montées au créneau mercredi 1er juillet pour dénoncer les milliers de suppressions de postes déjà annoncées chez Airbus ou qui le seront prochainement chez Air France, certains demandant même au gouvernement de les empêcher.
Logo d'Airbus au siège de Blagnac, le 30 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN
Interdire les licenciements chez Airbus, "ça n'est pas du tout irréaliste, c'est vos impôts qui financent des licenciements, vous trouvez ça logique?", s'est indigné le secrétaire national d'EELV Julien Bayou sur France Inter.

Selon lui, "l'enjeu, c'est pas de sauver les actionnaires mais de sauver les emplois, et un État stratège, c'est celui qui prépare ces filières à la transition écologique".

"On profite de la situation très ponctuelle pour +dégraisser+ et j'espère que l'État aura plus que son mot à dire pour dire +non+. Un plan social d'une telle importance c'est une saignée énorme, c'est scandaleux", a déploré sur Public Sénat le chef de file des sénateurs socialistes Patrick Kanner.

"Je crois que c'est excessif, disproportionné et quelque peu précipité", a réagi à propos d'Airbus le patron des députés LR Damien Abad sur Cnews, en insistant sur la nécessité de ne pas "crisper le dialogue social".

Le plan est "inacceptable en l'état", a renchéri la présidente LR de la région des Pays de la Loire Christelle Morançais, dénonçant "un coup de massue" pour la région "qui est le 2e bassin d'emplois du groupe (6.500 salariés)".

Airbus a annoncé mardi 30 juin la suppression d'environ 15.000 postes, soit 11% de ses effectifs, dont le tiers en France, et n'exclut pas des licenciements secs pour faire face à la "crise sans précédent" subie par le secteur du transport aérien terrassé par le COVID-19, un plan aussitôt jugé "excessif" par le gouvernement français.

Les dispositifs d'aide de l'État devraient permettre de "sauver" 2.000 emplois, sur les 5.000 postes qu'Airbus entend supprimer en France, a précisé mercredi 1er juillet le secrétaire d'État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari.

"5000 suppressions de postes chez Airbus mais le ministre des Transports ne lèvera pas le petit doigt. Pour LREM, la capacité de régulation de l'État se limite à des "appels" non contraignants : chers grands patrons, soyez sympas, ne licenciez pas trop. On voit le résultat...", a ironisé sur Twitter l'eurodéputée LFI Manon Aubry.

Le groupe Air France compte supprimer plus de 7.500 postes d'ici fin 2022.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le groupe Air France compte supprimer plus de 7.500 postes d'ici fin 2022 dans le cadre de sa nouvelle stratégie, dont environ 6.500 au sein de la compagnie tricolore et plus de 1.000 au sein de la compagnie régionale Hop!, a appris mardi 30 juin l'AFP de sources syndicales.

La direction doit présenter vendredi aux organisations syndicales les conséquences sur l'emploi de son "plan de reconstruction", qui prévoit une coupe franche dans les liaisons intérieures.

"C'est un acte de faiblesse du gouvernement qui aurait dû faire beaucoup plus et exiger que l'emploi soit maintenu en contrepartie (des) aides publiques importantes" apportées à Air France, a déclaré sur Europe 1 le vice-président du RN Jordan Bardella.

La crise sanitaire et économique "ne doit pas servir de prétexte à certains grands groupes pour tailler dans leurs effectifs et appliquer des plans prévus de longue date en profitant de l'effet d'aubaine", estime aussi le dirigeant d'extrême droite.

"Intolérable, inadmissible d'avoir une cascade de plans sociaux qui tombent chaque jour alors que le gouvernement met 460 mds d'euros d'engagement public", a dénoncé sur Twitter le patron du PCF Fabien Roussel.

AFP/VNA/CVN

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